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Un enseignant en grève de la faim pour la régularisation d'un jeune Malien

Ils étaient environ 60 à se réunir devant la mairie du Puy-en-Velay pour demander la régularisation de Madama Diawara, un jeune immigré malien de 19 ans menacé d'expulsion.

Une vue du Puy-en-Velay
Une vue du Puy-en-Velay
Crédit : www.lepuyenvelay.fr
Venantia Petillault & AFP

Un enseignant a entamé lundi 8 février son dixième jour de grève de la faim en Haute-Loire pour obtenir la régularisation d'un jeune Malien tout juste majeur placé chez lui en famille d'accueil depuis deux ans.

"Je ne m'alimente plus, je bois des tisanes, pour avoir quelque chose de chaud. Je suis fatigué mais hyper motivé à aller jusqu'au bout pour Madama", témoigne auprès de l'AFP Éric Durupt, enseignant dans un lycée du Puy-en-Velay, suivi médicalement. "C'est notre dernier recours, je ne lâcherai rien", ajoute l'enseignant qui dit avoir perdu six kilos depuis qu'il a entamé sa grève, le 30 janvier.

En décembre 2018, Madama Diawara, 16 ans, arrivé du Mali quelques mois plus tôt après avoir traversé la Méditerranée puis les Alpes jusqu'à Briançon, est accueilli en Haute-Loire par M. Durupt et sa compagne, Véronique de Marconnay, également enseignante. "Nous l'avons hébergé pour dépanner et ça s'est tellement bien passé que nous avons demandé à un juge pour enfants d'être son tuteur et sa tutrice jusqu'à sa majorité", raconte Mme de Marconnay.

Un sit-in en soutien à sa démarche

Le jeune homme est scolarisé, puis inscrit dans un établissement pour obtenir un CAP d'ouvrier agricole. Il effectue un premier stage chez un couple d'éleveurs en juin 2020 puis se voit proposer un contrat d'apprentissage. "C'est un gamin qui veut s'intégrer, l'élevage l'intéresse, il a toujours eu un cursus scolaire régulier et il est motivé", témoigne Martine Vigouroux, éleveuse de moutons, qui souhaite le prendre comme apprenti. Mais la préfecture refuse de délivrer l'autorisation de travail nécessaire au jeune homme, majeur depuis janvier 2020.

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"Nous avons fourni de nombreux documents, y compris l'acte de naissance demandé mais on nous dit que c'est un faux", explique Mme de Marconnay. La préfecture a indiqué dans un communiqué le 29 janvier que "le préfet de la Haute-Loire ne régularise pas, à ce jour, la situation de M. Diawara qui a présenté des faux papiers d'identité à la préfecture". Elle s'appuie également sur une évaluation de l'Aide sociale à l'enfance du Conseil départemental de la Haute-Loire qui n'avait pas reconnu la minorité de Madama à son arrivée.

"Le juge des enfants a confié M. Diawara à des tiers jusqu'à sa majorité alléguée, sans toutefois se prononcer sur l'authenticité des documents d'état civil censés confirmer l'âge de l'intéressé", soutient la préfecture. Des élèves du lycée où enseigne M. Durupt ont organisé un sit-in vendredi dans la cour du lycée en soutien à sa démarche. Mardi, un rassemblement est prévu devant la préfecture du Puy à 14H00, avec le soutien de RESF (Réseau éducation sans frontière) et Sud-Éducation.

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