1. Accueil
  2. Actu
  3. Justice et faits divers
  4. Procès du 13 novembre : avec la webradio, "ce besoin vital de ne rien manquer", confie une rescapée
2 min de lecture

Procès du 13 novembre : avec la webradio, "ce besoin vital de ne rien manquer", confie une rescapée

Pour la première fois dans l'histoire de la Justice française, les audiences du procès du 13 novembre sont retransmises via une webradio. De quoi permettre aux quelque 2.300 partis civils, comme Sandrine, de suivre le procès à distance.

Salah Abdeslam, le principal suspect des attentats du 13 novembre 2015, et les co-accusés Mohamed Amri et Mohamed Abrini au premier jour du procès, le mercredi 8 septembre 2021.
Salah Abdeslam, le principal suspect des attentats du 13 novembre 2015, et les co-accusés Mohamed Amri et Mohamed Abrini au premier jour du procès, le mercredi 8 septembre 2021.
Crédit : Benoit PEYRUCQ / AFP
Une rescapée du Bataclan suit le procès du 13 novembre via une webradio
01:58
Cindy Hubert - édité par Sarah Belien

Le procès des attentats du 13 novembre, qui a commencé début septembre à Paris, est toujours en cours. Et pour la première fois dans l'histoire de la Justice française, les audiences sont retransmises via une webradio. De quoi permettre aux quelque 2.300 partis civils, survivants de l'attaque ou familles de victimes, qui ne peuvent pas ou qui ne veulent pas venir en personne sur les bancs de la cour d'Assises de pouvoir suivre le procès à distance via des codes sécurisés.

C'est le cas Sandrine. Cette rescapée du Bataclan ne manque aucune audience. Chaque jour ou presque, connectée chaque jour au Palais de Justice, vivre le procès est devenu pour elle une sorte d'addiction. "Parfois, je suis tellement immergée dans les paroles que j'entends que je refixe un point et je suis ramenée à l'endroit où je suis. Je me dis, c'est quand même bizarre de voir les gens autour de soi qui vivent leur vie et qui n'ont pas conscience de ce que moi je suis en train d'écouter", évoque-t-elle.

Sandrine écoute le procès sur son portable, dans la rue, dans le RER, dans les magasins, mais surtout à la maison dans sa chambre, là où elle se sent le plus en sécurité, là où elle n'a pas a contrôler ses émotions. Mais cette rescapée du Bataclan vient aussi dès que possible au Palais de justice. Elle sait donc ce que les sons ne disent pas. "On n'a pas les réactions de la salle. Ce qui me manque, c'est de voir à quoi ressemble la personne qui est à la barre, de ne pas avoir le visage de la victime. Quand elle s'arrête de parler, de ne pas comprendre pourquoi mais en fait, c'est parce qu'elle est submergée par l'émotion."

Même si je me promène dans la maison, je prends mon portable avec moi et il m'accompagne partout.

Sandrine, rescapée du Batacan

La rescapée du Bataclan affirme ne pas arriver à couper. "Jusqu'à ce que le président dise 'l'audience est levée', j'écoute. Même si je me promène dans la maison, je prends mon portable avec moi et il m'accompagne partout, quand je fais la vaisselle, tout le temps. Il y a ce besoin vital de ne rien manquer. J'essaie quand même de penser à l'après parce qu'il y a une telle addiction. Quand tout sera fini, quand tout sera refermé, il va y avoir un vide", admet-elle.

À lire aussi

Les psychologues de victimes ont ainsi reçu un certain nombre d'appels à l'aide de familles ou de proches qui n'arrivent plus à décrocher. Il reste encore deux semaines de témoignages très lourds et huit mois de procès.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/