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Mort de Jacques Mesrine : "C'était un peu l'exécution en place publique", dit sa dernière avocate

PODCAST - Le 2 novembre 1979, Jacques Mesrine est abattu au volant de sa voiture, place de Clignancourt à Paris. Quelques jours après, sa famille porte plainte pour assassinat.

La voiture dans laquelle Jacques Mesrine a été abattu le 2 novembre 1979 place de Clignancourt à Paris.
La voiture dans laquelle Jacques Mesrine a été abattu le 2 novembre 1979 place de Clignancourt à Paris.
Crédit : AFP
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"On aurait dit qu'il y avait une danse du scalp". Me Martine Malinbaum ne mâche pas ses mots lorsqu'il s'agit de qualifier l'arrestation mortelle de Jacques Mesrine le 2 novembre 1979, place de Clignancourt à Paris. L'avocate du criminel se souvient de l'effusion publique qui a suivi l'annonce de cette nouvelle soudaine.

"Ce jour-là, je sortais du Palais de justice, précisément vers les 15h15 ou 15h30. Je suis dans ma voiture et j'allume la radio et là... j'entends ça à la radio", se rappelle-t-elle. "Ça", c'est la voix d'un journaliste qui annonce la mort de l'ennemi public numéro 1, en cavale depuis plus d'un an.

"À l'époque, on savait qu'il était recherché et qu'il narguait le gouvernement et je pense que dans les plus hautes instances, on avait fait ce qu'il fallait pour mettre fin à ses agissements."

Braquages, meurtres, prises d'otages... Jacques Mesrine a fait du crime une carrière ponctuée d'évasions comme celle de la prison de la Santé en 1978. Sa mort est à l'image de ce parcours chaotique : spectaculaire et soudaine.

Il était dans sa BMW avec sa compagne à côté

Martine Malinbaum
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Lorsque Jacques Mesrine décède, Me Martine Malinbaum est son avocate depuis trois ans. Elle se souvient d'un moment d'émotion. "Je n'ai pas été sur place parce que la mère m'a téléphoné et j'ai reçu sa maman tout de suite", raconte-t-elle.

Pendant ce temps, la foule se masse sur la place de Clignancourt et regarde médusée le corps de Jacques Mesrine inanimé derrière son pare-brise criblé de balles. Les policiers à l'origine de cette arrestation s'embrassent et se tombent dans les bras. "C'est un peu l'exécution en place publique et ça dure pas mal de temps", dénonce Me Malinbaum.

Jacques Mesrine est mort, mais sa maîtresse, passagère, survit malgré ses blessures. Elle est formelle : il n'y a pas eu de sommations de la part des policiers. Ces derniers assurent que Mesrine était armé, plusieurs grenades se trouvaient dans sa voiture au moment de l'arrestation. Me Malinbaum répond : "Il était dans sa BMW avec sa compagne à côté, un gros blouson de cuir bien engoncé, ceinture de sécurité, les deux mains sur le volant. C'était difficile de bouger."

L’État n'a pas le droit de se donner le droit de tuer un délinquant

Martine Malinbaum

Les policiers ont-ils délibérément tué Jacques Mesrine ? L’État a-t-il assassiné un homme ? C'est tout l'objet de la plainte déposée le 12 novembre 1979 par la famille de Jacques Mesrine. S'en suivent 35 ans de procédure qui aboutissent à un non-lieu. Aujourd'hui Me Malinbaum dénonce le manque de volonté de l'enquête.

"La peine de mort certes n'était pas encore abolie mais l’État n'a pas le droit de se donner le droit de tuer un délinquant quel qu'il soit", insiste l'avocate. "L’État doit l'interpeller, le juger, et le punir". Elle souligne que lors de ses précédentes arrestations, Jacques Mesrine avait joué le jeu : en 1973, il s'était par exemple rendu au commissaire Robert Broussard "avec cigares et champagne".

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