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Jacques Mesrine : lettres, bouquet de roses… Son avocate raconte leur relation particulière

PODCAST - De 1976 à 1979, Me Martine Malinbaum a été l'avocate de "l'ennemi public numéro 1", Jacques Mesrine. De sa désignation à la mort du criminel, elle raconte ces trois années passées à ses côtés.

Me Martine Malinbaum devant la cour d'appel de Paris le 13 octobre 2005.
Me Martine Malinbaum devant la cour d'appel de Paris le 13 octobre 2005.
Crédit : OLIVIER LABAN-MATTEI / AFP
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Martine Malinbaum a tout juste 26 ans et deux ans de barre lorsqu'elle est désignée par Jacques Mesrine pour devenir une de ses avocates. Nous sommes en 1976 et le criminel multi-récidiviste est derrière les barreaux de la prison de la Santé. Pourtant, il en faut plus pour impressionner la jeune avocate, qui, quelques jours après, se rend au parloir pour rencontrer son nouveau client.

"La première rencontre est assez épique", se souvient Me Martine Malinbaum dans Les Voix du crime. "Je lui dis 'écoutez-moi monsieur, je veux bien intervenir pour vous, je veux bien vous défendre, mais à la condition 1) que vous ne me tutoyez jamais, pas de familiarité et 2) que vous me demandiez aucun service qui soit interdit par les règles de ma profession."

Face à elle, Jacques Mesrine reste silencieux un moment. "Et puis il a souri, ajoute l'avocate. Ses yeux malicieux, son sont éclairés et il a dit 'D'accord, maître, j'accepte, tapez là'. Et il a tapé dans la main. Et il n'a jamais dérogé." Débute alors une relation très particulière entre l'avocate et son client.

J'ai reçu beaucoup de lettres pendant sa détention

Martine Malinbaum

Tout au long de son incarcération à la prison de la Santé, Jacques Mesrine écrit des lettres à son avocate... mais pas n'importe lesquelles. "C'était toujours assez délicat comme écriture, se souvient Martine Malinbaum. C'était bien écrit et c'était plaisant à lire. J'ai reçu beaucoup de lettres comme ça pendant sa détention. Je me surprenais d'ailleurs à attendre de les recevoir parce que c'était des jolies lettres".

L'avocate a publié un certain nombre de ces écrits personnels dans un ouvrage intitulé Mesrine intime - Lettres de prison à son avocate (Éditions du Rocher, 2008). "C'était plus sympa que de recevoir un truc technique par un juge d'instruction, sur une nullité de procédure, ironise Martine Malinbaum. C'était plus plus plus intéressant, plus profond. C'était vraiment la patte humaine qui ressortait de ces lettres !"

J'ai reçu à mon cabinet un énorme bouquet de roses rouges

Martine Malinbaum
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Ces échanges ont lieu jusqu'au jour où Mesrine s'évade de prison, en 1978. Là, "l'ennemi public numéro 1" cesse toute correspondance avec ses avocats... à l'exception d'un certain 3 mai 1979. "Ce n'était pas une date anodine, c'est celle de mon anniversaire", en sourit encore aujourd'hui Martine Malinbaum.

"J'ai reçu à mon cabinet un énorme bouquet de roses rouges et une carte de visite. Il y avait marqué en dessous 'hmm-hmm' et j'ai su que c'était lui, parce que dans toutes ses lettres, il finissait toujours par un 'hmm-hmm'." Un signe qui ne trompe pas l'avocate. "C'était une façon de se moquer de moi parce que je l'écoutais tout le temps et je faisais toujours 'hmm-hmm' et il se moquait, et donc il terminait comme un clin d'œil, comme ça. Et donc là, j'ai su que ces roses, c'était lui."

Une relation privilégiée qui s'est poursuivie après la mort de Jacques Mesrine le 2 novembre 1979, tué par des policiers en plein Paris. Me Malinbaum s'est alors occupée de la mère du défunt, l'accompagnant à la morgue reconnaître le corps de son fils. C'est elle aussi qui a défendu sa famille lorsqu'elle a décidé de porter plainte - sans succès - contre l'État pour assassinat.

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