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Mort de Jacques Mesrine : à quoi ses dernières années ont-elles ressemblé ?

PODCAST - Holdups, enlèvement, agressions, interviews dans la presse, les dernières années de Mesrine ne sont qu'une multiplication de défis lancés à tous ceux qui le cherchaient, avant qu'il ne soit abattu par la police en 1979.

Des policiers entourent la voiture de Jacques Mesrine criblée de balles, le 02 novembre 1979, à la Porte de Clignancourt à Paris.
Des policiers entourent la voiture de Jacques Mesrine criblée de balles, le 02 novembre 1979, à la Porte de Clignancourt à Paris.
Crédit : STF / AFP
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Maxime Levy & Agathe Abelard

Quarante-trois ans après sa mort, Jacques Mesrine reste le plus célèbre et le plus insondable des criminels français. Tout au long de sa trajectoire de gangster, la terreur et la colère règnent en maîtres. Prêt à exploser à la moindre étincelle comme un baril de poudre, celui qu'on surnomme "l'homme au mille visages" enchaîne les gros coups, les évasions et les cavales effrénées, durant les années 70. 

En 1973, Jacques Mesrine s'évade du tribunal où il comparait, et poursuit ses activités criminelles. Repris, l'homme enivré de la gloire médiatique qu'il s'est construite, est condamné à vingt ans de prison. Cinq ans plus tard, il s'évade de nouveau. Magnétique, le gangster français se plaît à jouer la vedette, n'hésitant pas à accorder des interviews en pleine cavale. Le criminel se montre menaçant envers quiconque voudrait tenter de l'arrêter, de quoi ravir la presse à l'affût d'un ennemi public. 

"À l'extérieur, il pouvait être frimeur et se montrer violent pour asseoir sa prétendue autorité ou réputation dans cette espèce de violence revendiquée dans les parloirs. Pour nous, il n'y a pas eu de violence pour les avocats et pas de violence dans les parloirs. En tout cas, pas avec moi, jamais", raconte l'avocate Martine Malinbaum qui l'a défendue pendant les dernières années de sa vie, dans Les Voix du Crime. 

Il savait que ça ne pouvait pas durer des éternités

Me Martine Malinbaum

Pourtant, si les journalistes participent à sa glorification médiatique, le bandit ne se laisse pas attendrir pour autant. Tortionnaire de Jacques Tillier, Mesrine laisse pour mort le corps de l'écrivain au fond d'une grotte, en 1979. Ce dernier avait écrit plusieurs articles aux mots "désagréables" et diffamatoires, qualifiant Mesrine de bandit sans honneur avec ses associés.

C'est un antihéros parfait. Pourtant, Mesrine se décrit dans ses livres comme un gangster existentialiste, adoubée d'une personnalité provocatrice, mettant à mal le système, censé prôner sécurité et justice. Dans le livre Coupable d'être innocent, dernier récit écrit de la main de Mesrine, l'auteur évoque avec critique les méthodes policières lors d'une enquête fictive sur le meurtre d'une vieille aubergiste au Québec. 

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En parallèle, Mesrine prend en otage la famille du juge Petit. Le gangster avait l'intention de se venger de l'ancien président de la cour d'assises, qui l'avait condamné à 20 ans de prison en 1977. L'opération échoue, mais Mesrine réussit à disparaître sous le nez des policiers. L'année suivante, Mesrine commandite le kidnapping du milliardaire Henri Lelièvre dans la Sarthe. Ces évènements provoquent la mise en place d'une unité anti-Mesrine, dès août 1979 à Paris.  

Ça s'est passé, exactement comme il l'a dit

Me Martine Malinbaum

Le 2 novembre 1979, la cavale de Mesrine est arrêtée net. Au volant de sa voiture (BMW 528i), le bandit, accompagné de sa compagne, Sylvia Jeanjacquot, est encerclé par les hommes de la BRI, Porte de Clignancourt à Paris. Un camion bâché, qui s'est inséré devant son véhicule, dissimule des tireurs qui criblent de balles la voiture du gangster. Vingt et une balles sont tirées.


"Il voulait vivre mais il savait que ça ne pouvait pas durer des éternités. Il savait comment ça finirait. D'ailleurs, il m'a beaucoup décrit à plusieurs reprises pendant les parloirs, la façon dont il serait tué. Et ça s'est passé, exactement comme il l'a dit", se rappelle Me Martine Malinbaum dans Les Voix du Crime.

Mesrine, âgé de 42 ans, est abattu sans sommation par les forces de l'ordre. Une mort qui n'a d'égal que sa trajectoire macabre publique : une fin attendue mais soudaine, à la vue de tous. 

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