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Mort d'Yvan Colonna : son meurtrier "voulait se payer quelqu'un de connu", assure le directeur de la prison d'Arles

Interrogé par les députés de la commission des lois, le directeur de la prison d'Arles dans laquelle Yvan Colonna a été mortellement agressé a estimé que son agresseur voulait devenir célèbre.

Yvan Colonna après son arrestation à Porto-Pollo, près de Propriano
Yvan Colonna après son arrestation à Porto-Pollo, près de Propriano
Crédit : AFP
Quentin Marchal & AFP

De nouvelles révélations autour de la mort d'Yvan Colonna. Selon le directeur de la prison d'Arles, où est mort le militant indépendantiste corse, son meurtrier "voulait se payer quelqu'un de connu". Depuis l'Assemblée nationale, il a également expliqué ce mercredi 30 mars ne pas croire l'explication d'un "blasphème" prononcé par le détenu corse.

"Jusqu'au 2 mars, aucun de vous n'en avait entendu parler. Qu'est-ce qu'il pouvait faire pour être connu et pas être le petit jihadiste inconnu parmi X en France? Agresser (...) qui, sinon le plus connu sur la prison, Yvan Colonna", a déclaré Marc Ollier lors d'une audition devant la commission des lois.

"C'est mon sentiment, (...) je n'ai pas de preuves", a ajouté celui qui a pris ses fonctions le 1er mars, la veille de la violente agression d'Yvan Colonna, qui purgeait une peine de prison à perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998 à Ajaccio. Tombé dans le coma après son agression, Yvan Colonna est décédé le 21 mars.

Son meurtrier, Franck Elong Abe, arrêté en Afghanistan et condamné notamment pour "association de malfaiteurs terroriste", était incarcéré depuis 2019 à la maison centrale d'Arles, dans les Bouches-du-Rhône, après un parcours chaotique dans d'autres établissements.

Une agression "dégueulasse"

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Le meurtrier a expliqué aux enquêteurs avoir attaqué son co-détenu, dans la salle de sport, "pour riposter contre celui qui a blasphémé", assurant qu'il avait tenu des paroles offensantes "cinq ou six fois". "Ca ne me paraît pas très crédible. C'est quelqu'un qui était très ouvert avec les détenus musulmans, même ceux qui ne partageaient pas les mêmes opinions que lui", a assuré Marc Ollier.

En larmes à l'évocation du sort d'Yvan Colonna, le chef d'établissement s'est dit très ému depuis le visionnage de l'agression, filmée par la vidéosurveillance. Sur ces quelques minutes, l'attitude de Franck Elong Abe est "dégueulasse", a-t-il lâché: "il se jette sur lui, pas un mot à Colonna. Il est parfaitement froid, aucune émotion, c'est hyper agressif". Sa victime, allongée en train de faire des pompes, "ne pouvait pas se défendre".

Interrogé par les députés, il a affirmé "à 200%" qu'aucune autre personne n'était présente, "ni dans la salle, ni dans le couloir", et démenti que certains détenus aient entendu des "cris". L'agent chargé de la surveillance de l'étage d'"activités", qui comprenait dix salles, a laissé Franck Elong Abe seul après avoir déverrouillé la porte de la salle de sport parce qu'il a donné la priorité à d'autres pièces, où se trouvaient des intervenantes extérieures avec plusieurs détenus, dont certains avec des problèmes psychiatriques, a-t-il expliqué.

Franck Elong Abe "donnait entière satisfaction"

Comme le directeur de l'administration pénitentiaire Laurent Ridel, il y a deux semaines, il a assuré qu'un seul agent "ne peut pas voir" les 49 caméras de l'aile concernée. Sa prédécesseure à la tête de la prison d'Arles, Corinne Puglierini, a elle indiqué que "jusqu'au drame", Franck Elong Abe "donnait entière satisfaction" dans son emploi d'"auxiliaire" chargé du ménage des salles de sport, qu'il occupait depuis septembre.

Elle a ajouté n'avoir "pas d'informations" sur le fait qu'il se soit laissé pousser la barbe depuis peu et n'avoir pas eu de communication de la part des services de renseignements sur son attitude en Afghanistan.

"Comment 15 mois peuvent gommer 50 incidents, une prise d'otage (à l'hôpital-prison de Seclin en 2015, NDLR), un comportement de sauvage en Afghanistan?", s'est agacé le député nationaliste de Haute-Corse Jean-Félix Acquaviva.

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