2 min de lecture Faits divers

Meurtre de Vanille : "Le degré de dangerosité de la mère a mal été apprécié", dit une avocate

INVITÉE RTL - Pour maître Laurence Mayer, avocate spécialisée en droit de la famille, il faut faire une "évaluation plus importante" pour estimer la dangerosité d'un parent atteint de troubles psychiatriques.

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L'invité de RTL Midi Crédit Image : Ministère de l'Intérieur | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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Christelle Rebière édité par Chloé Richard-Le Bris

La mère de Vanille souffre de problèmes psychiatriques, elle avait pourtant le droit de passer plusieurs heures seule avec sa fille chaque semaine. Un fait qui est, selon l'avocate en droit de la famille, Laurence Mayer, "étrange si vraiment elle a un passé psychiatrique grave (...). À priori, son degré de dangerosité a mal été apprécié, parce que si son degré de dangerosité avait été correctement apprécié, il est évident qu'elle n'aurait pas pu sortir avec l'enfant. Elle aurait pu voir l'enfant, mais dans un lieu neutre. Il y a des centres d'accueil pour cela, en présence de tiers."

À savoir que le lien de dangerosité d'un parent est établi à partir d'"enquêtes médico-psychologiques, sociales. Il y a des psychiatres qui ont dû rendre des rapports. Et au regard des rapports, le juge décide des droits de visite et d'hébergements éventuels de chaque parent."

Difficile pour l'avocate de dire si le risque a été ou non sous-estimé : "Je ne connais pas le dossier donc je ne me permettrai pas de donner un jugement, même pas une simple appréciation. Simplement, il est évident que si la dangerosité de la personne avait été appréciée ou si on avait estimé qu'elle pouvait passer à l'acte, aucun juge ne lui aurait octroyé des droits de visite libres, elle aurait vu son enfant dans une structure d'accueil.

"Il faut faire une évaluation plus importante", selon l'avocate

Un lieu où la mère et l'enfant auraient été accompagnés d'une personne tierce. "Une éducatrice est présente. La mère aurait bénéficié de quelques heures, deux heures ou trois heures, mais en présence d'un tiers, comme c'est fréquemment le cas."

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Quand Martine Brousse de l'association de la Voix de l'enfant déclare qu'"il faudrait que la psychiatrie des adultes rencontre la protection de l'enfant", Laurence Mayer s'aligne sur ces propos. "Il faut faire une évaluation plus importante. Et il y a aussi le cas inverse, parfois des parents se battent pour vraiment pouvoir voir leur enfant parce que c'est aussi l'intérêt des enfants de pouvoir voir leurs parents. Je pense qu'elle a parfaitement raison, il faudrait revoir tout cela et apprécier mieux l'intérêt de l'enfant au regard du dossier psychiatrique du parent."

Pour l'avocate, il ne faudrait pas forcément une nouvelle loi, "mais une rencontre, une appréciation différente, peut-être une autre démarche." Sans oublier qu'en France, le lien biologique est préservé : "Ça peut être très important pour un enfant d'avoir ce lien biologique, de pouvoir mettre un visage sur son père ou sa mère biologique. Je pense que c'est important, mais avec prudence. Il faut être plus prudent et ne pas laisser sortir un enfant avec un parent qui pourrait être dangereux." Un lien qui doit être conservé pour Laurence Mayer, "mais avec prudence".

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