3 min de lecture
Des affiches portant la mention "marche d’hommage à Lyon, justice pour Quentin, tué par les antifascistes le samedi 21 février" sont collées sur un mur dans la rue à la suite du décès du militant Quentin Deranque, à Lyon, le 18 février 2026.
Crédit : Matthieu Delaty / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Je m'abonne à la newsletter « Infos »
Une marche d'hommage au militant identitaire Quentin Deranque frappé à mort il y a une semaine, est prévue samedi à 15 heures, place Jean Jaurès à Lyon. Le rassemblement autorisé par la préfecture du Rhône doit rassembler entre 2.000 et 3.000 personnes. Aliette Espieux, militante acharnée anti-avortement et anti-euthanasie, est à l'origine de cette manifestation.
Benjamine d'une famille de 13 enfants, la jeune femme de 25 ans n'est pas très proche de Quentin Deranque. Elle prétend organiser ce rassemblement dans une logique apolitique et d'hommage solennel.
"On parle d'un hommage, pas d'un défilé, pas d'une manifestation dans les rues de Lyon. On parle d'un hommage, on va se rendre sur les lieux du crime, c'est extrêmement important de le rappeler. Ce qui a été dit notamment par des militants de l'ultra-gauche qui tractent en ce moment à la sortie des métros de Lyon, expliquant que j'ai l'intention d'organiser un défilé de néo-nazis, est totalement faux", martelait-elle sur RTL, jeudi 19 février.
Il y a une certaine émotion nationale, voire colère et incompréhension qui sont tout à fait audibles
Aliette Espieux
Elle assure que cette marche est effectuée au contraire pour apaiser. "il y a une certaine émotion nationale, voire colère et incompréhension qui sont tout à fait audibles. Attention, je parle de colère, pas de vengeance. Pour moi, c'est extrêmement différent ces deux termes. Et le fait de pouvoir se recueillir dans les lieux où Quentin s'est fait lyncher, de pouvoir lui rendre hommage, qu'on le connaisse ou non, permettre en tout cas à chacun de participer en quelque sorte à cet apaisement",
Aliette Espieux elle est clairement issue des rangs de l'ultra-droite. Son mari, Eliott Bertin, est l'ancien dirigeant de Lyon Populaire, l'un des nombreux groupuscules d'extrême droite lyonnaise. Dissous en juin dernier, Eliott Bertin reste avec d'autres anciens membres de son groupuscule, mis en examen pour l'attaque d'un local associatif où se tenait en novembre 2023 une conférence sur la Palestine.
Au fil des heures et des désistements politiques, la forme du mouvement ressemble de plus en plus à un rassemblement d'une myriade de groupuscules d'ultra-droite. Cela ne signifie pas qu'il n'y aura pas demain des anonymes, des Lyonnais, qui n'acceptent pas qu'un jeune homme, quel que soit son militantisme, soit lynchés dans une rue lors d'un affrontement entre groupes rivaux politiquement.
Tous les acteurs politiques de la droite classique et de l'extrême droite se désengagent minute après minute. Jean-Michel Aulas, candidat de la droite et du centre à la mairie de Lyon, avait laissé planer un doute sur sa venue. Il ne viendra pas officiellement pour des raisons de sécurité, officieusement pour ne pas apparaître aux côtés de groupuscules.
Même chose pour Alexandre Dupalais, tête de liste RN-UDR, qui suit les directives de Jordan Bardella. On verra si Marion Maréchal-Le Pen sera présente, mais pour le moment, rien ne l'indique.
Seront présentes, toutes les franges de l'ultra-droite que Quentin Deranque a côtoyé dans son parcours idéologique et militant, avec d'abord les milieux catholiques intégristes, avec l'Academia Christiana, le mouvement royaliste L'Action Française. Quentin Deranque s'était converti et avait converti ses parents à ce catholicisme traditionaliste au sein de paroisses à Lyon et à Vienne qui prêchent la messe en latin.
Le groupe nationaliste et féministe Némésis, avec lequel Quentin Deranque entretenait des liens, sera également présent lors de la manifestation. On y retrouvera aussi divers groupuscules lyonnais d'extrême-droite, qui se reconstituent au gré de leurs dissolutions, tels que les anciens membres de Bastion Social, de Lyon Populaire et des Remparts. Ces groupes, pour lesquels le combat de rue ne constitue pas un tabou, seront rejoints par d'autres groupuscules venus de toute la France.
Yvan Benedetti, ex-chef de l'œuvre française, a par exemple annoncé sa présence, tout comme d'autres groupuscules ouvertement néofascistes venues de pays européens voisins.
À tous ces participants, les organisateurs donnent en ce moment des consignes via les messageries cryptées. Pas de signes apparents de groupuscules, pas de cagoules, comme c'est souvent l'usage dans ces rassemblements, mais des masques chirurgicaux et des lunettes de soleil. Les tatouages de croix celtiques ou tout autre signe doivent être masqués. "Pas d'affrontement et pas d'interview aux journalistes venus pour les salir", précisent les organisateurs.
Lors de la manifestation, 540 membres des forces de sécurité intérieure seront mobilisés pour assurer le maintien de l'ordre. Parmi eux, la CRS 83 sera déployée, et deux drones seront utilisés pour surveiller les zones sensibles. Des périmètres d'interdiction de manifester seront également établis dans les lieux où se rassemblent habituellement les groupes d'ultra-gauche et d'ultra-droite.
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte