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La descente aux enfers de ces marins de l’île d’Oléron tombés sur des kilos de cocaïne

Que se passe-t-il quand quatre marins de l’île d’Oléron tombent par hasard sur des kilos cocaïne dérivant sur l’océan ? Voici comment cette pêche extraordinaire a viré au cauchemar.

L'île d'Oléron (illustration).
L'île d'Oléron (illustration).
La Revue de Presse du 11 février 2021
03:21
L'incroyable histoire de ces marins de l'île d'Oléron tombés sur des kilos de cocaïne
03:21
Isabelle Choquet - édité par Emmanuelle Brisson

Une histoire digne d’un film noir, un thriller poisseux sur l’île d’Oléron. Le récit d’une pêche miraculeuse qui a viré au cauchemar. C’est ce que raconte Vanity Fair.

Nous sommes en juillet 2018, sur le Marjanic, au large d’Oléron. À bord, trois marins qui suivent la Coupe du Monde tanqués sur leurs couchettes et Fabrice, mais aussi le capitaine, à la barre sur la passerelle. Pile à la mi-temps, il aperçoit, au loin, des mouettes qui piquent vers la surface de l’eau. Avec ses jumelles il devine une dizaine de paquets qui dérivent. Alors il décide de virer de bord, pour  voir. L’un des marins s’agace : "On va quand même pas changer de cap pour quelques bananes tombées d’un conteneur ?"

Ce ne sont pas des bananes. Les ballots sont grands comme des bagages cabines. On en repêche un, on coupe l’emballage. Et là apparaissent vingt pains de poudre blanche. Une vingtaine de kilos de cocaïne. Il y en a pour un million d’euros minimum. "C’est grave, dit l’un. C’est pas de la rigolade." Mais personne ne suggère de tout remettre à l’eau. Le capitaine parle même "d’une chance", il précise juste : "Il suffira de fermer sa gueule."

Le secret n'a pas tenu bien longtemps

Un marin hisse un autre paquet. Et là, les pêcheurs scellent un pacte. Un : ne rien dire à personne, deux : tout partager en quatre. Deux jours plus tard, le Marjanic accoste au port de la Cotinière. L’un des pêcheurs va cacher sa part dans un bois, deux autres creusent sur une plage près d’un blockhaus. "Je ne me voyais pas me mettre en relation avec des gangsters armés alors que moi je suis en claquettes", c’est ce que dira l’un des marins bien plus tard aux enquêteurs.

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Fabrice, lui, il rentre chez lui et devant sa femme, il fait le malin. "T’as vu ce que j’ai rapporté ?" Corinne est effarée. C’est comme s’il avait posé un cadavre sur la table de la cuisine. Du coup, il propose de tout vider dans l’évier. Pas question, dit-elle : on ne va pas polluer l’eau du robinet. Ils n’osent pas prévenir les gendarmes. Alors en attendant, ils mettent leurs 10 kg de coke dans une grande boîte en plastique et ils l’enterrent dans le jardin. "Cette année -là, dit Fabrice, les tomates n’ont jamais aussi bien poussé".

Mais même au fond du jardin, sa découverte lui met la tête à l’envers. Il crève d’envie d’en parler, ça l’étouffe. Alors un soir d’apéro, il craque, il déballe tout à Loïc, son beau-fils de 23 ans. Loïc qui est payé au lance-pierre dans un restaurant, et qui attend son premier enfant. Cela ne rate pas. En douce, il va piocher dans la boîte. Vite fait bien fait, il se fait 2.000 euros. Ça parait tellement facile, qu'il met un de ses potes dans la confidence. Un ferrailleur qui ne sait ni lire ni écrire mais qui sait parler aux marlous. Débarquent ainsi dans cette histoire deux frères avec un casier bien dodu. 

Une course poursuite haletante et une fusillade sanglante

Un rendez-vous est pris sur un parking entre le stade et le cimetière. Loïc n’y connaît rien en trafic de drogue, mais il a vu des films. Il s’approche en roulant des épaules et il dit : “Moi c’est Tony”. Et puis, c’est tout, il ne sait plus quoi dire, alors il leur demande leur nom. "Pourquoi tu veux savoir ? T’es des stups ?". “J’ai un kilo de cocaïne à écouler”, dit Loïc. Et pour faire crédible, il ajoute : “pour commencer”. Les deux frangins flairent le pied nickelé. Loïc, lui, commence à flairer les embrouilles. Il n’a pas tort. 

La suite, c’est une course poursuite haletante, une fusillade sanglante, des gros bras qui débarquent la nuit chez le capitaine, pour lui mettre un flingue sur la tempe. Sa femme obligée de rendre la dope, seule, en pleine nuit. Et puis la prison. La suite, il faut la lire dans Vanity Fair, pour entendre la détresse de Fabrice. Un type qui voulait être marin à 8 ans, qui ne vivait que pour le large et qui se retrouve aujourd’hui sous les néons, au stand poisson d’un supermarché. 

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