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L'arraisonnement du pétrolier russe au large de Saint-Nazaire, le 27 septembre 2025.
Crédit : M6 Info
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Le parquet de Brest a requis lundi la peine maximale d'un an de prison et 150.000 euros d'amende pour refus d'obtempérer à l'encontre du commandant chinois du Boracay, un pétrolier de la flotte fantôme russe arraisonné par la France en septembre au large de la Bretagne
Le substitut du procureur Gabriel Rollin a demandé au tribunal correctionnel d'émettre un mandat d'arrêt à l'encontre du commandant du navire Chen Zhangjie, 39 ans, actuellement en mer. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 30 mars prochain.
La justice reproche au commandant d'avoir refusé d'obtempérer lorsque la marine française a voulu inspecter son navire de 244 mètres de long, le 27 septembre dernier, alors qu'il naviguait dans les eaux internationales au large de l'île d'Ouessant. Le navire, qui arborait un faux pavillon béninois, était suspecté d'être impliqué dans les survols de drones ayant perturbé le trafic aérien danois en septembre.
Durant leur intervention, les militaires de la marine française "ont fait face à une particulière mauvaise volonté du capitaine", ce qui les a contraints à effectuer "une manœuvre dangereuse, de nature à engendrer un accident", a souligné le représentant du parquet.
Deux employés d'une société de sécurité privée russe, chargés de surveiller l'équipage et de collecter du renseignement, se trouvaient alors à bord du Boracay. Âgés de 34 et 40 ans, ces deux hommes, dont un ancien policier passé par la sulfureuse société Wagner, étaient employés par le groupe de sécurité privée russe Moran Security Group, selon deux sources françaises proches du dossier reprises par l'AFP.
L'avocat de Chen Zhangjie, Me Henri de Richemont, a estimé durant l'audience que son client ne pouvait pas être jugé par un tribunal français pour ces faits, qui se sont produits dans les eaux internationales. "C'est le droit international qui doit être pris en compte lorsqu'un délit est reproché" au commandant, a-t-il souligné, en évoquant la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, dite de "Montego Bay", qui s'applique dans ce cas de figure.
"À aucun moment, il n'y a eu refus d'obtempérer car on ne lui a pas demandé de s'arrêter", a en outre estimé l'avocat, qui a fait valoir que son client était "contraint de demander l'autorisation de son armateur" avant de laisser la marine française monter à bord.
Le Boracay, qui bat désormais pavillon russe, avait repris la mer cinq jours après avoir été arraisonné par la marine française. Il mouillait ce lundi près du port de Rizhao, dans le nord-est de la Chine, selon le site Marine Traffic. La flotte fantôme russe est utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales contre ses ventes de pétrole.
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