3 min de lecture Justice

Financements libyens : Nicolas Sarkozy, acculé mais combatif devant les juges

DÉCRYPTAGE - Interrogé pendant 44 heures, Nicolas Sarkozy s'est défendu pied à pied face aux juges dans l'affaire des soupçons de financements libyens de sa campagne de 2007. Cela ne lui a pas permis d'échapper à une mise en examen.

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Financements libyens : Nicolas Sarkozy, acculé mais combatif devant les juges Crédit Image : THOMAS SAMSON / AFP | Crédit Média : Thomas Prouteau/RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Thomas Prouteau édité par Paul Turban

Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour "association de malfaiteurs" le lundi 12 octobre dans l'affaire des soupçons de financements libyens. Une partie de la campagne présidentielle de 2007 a-t-elle été financée par le régime du dictateur libyen Mouammar Kadhafi ? Pendant 44 heures d'interrogatoire, l'ancien président a été interrogé sur cette question

Une audition fleuve, quatre jours passés devant les juges, et finalement, un compte-rendu de 109 pages, révélé par Le Parisien et que RTL a pu consulter. Tout au long de ces entretiens, Nicolas Sarkozy se défend pied à pied face aux questions des juges

Face au feu roulant des juges, l'ancien chef de l'État argumente, tente de se justifier et se montre souvent exaspéré. "Où sont les preuves ?", '"Vous n'avez rien trouvé sur moi", "C'est un scandale, c'est une honte" ou encore "Me prenez-vous pour un fou ?", lance-t-il par exemple. 

Face à lui, les deux juges ne se démontent jamais, alignent méthodiquement les faits révélés par l'enquête. À commencer par des rendez-vous secrets de Claude Guéant et de Brice Hortefeux à Tripoli en 2005 avec Abdallah Senoussi, à l'époque chef des renseignements libyens, soupçonné d'être l'un des artisans du "pacte de corruption". "Ils ne m'en n'ont pas rendu compte", se défend Nicolas Sarkozy. 

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Au sujet des déclarations de Ziad Takieddine, l'intermédiaire libanais, qui certifie avoir transféré du cash depuis la Libye vers l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy, l'ex-président décrit "un crétin patenté", "un fou", "un menteur". Confronté à de multiples documents qui semblent établir des tractations avec le clan Khadafi, il dénonce des "faux", semble devenir nerveux et rétorque à la juge : "C'est une plaisanterie ?" 

Selon Nicolas Sarkozy, toute l'affaire se résume à une escroquerie montée par Ziad Takieddine qui aurait fait croire aux Libyens qu'il était missionné par l'équipe Sarkozy pour financer la campagne avant de finalement garder l'argent pour lui. 

L'ancien chef de l'État connait le dossier sur le bout des doigts, conteste les dates, les chiffres, les virements d'argent, et marque parfois un point, comme quand il produit un article de Vaucluse Matin qui atteste de sa présence en Provence un jour de 2007 où il est accusé par Takkiedine d'avoir réceptionné du cash libyen à Paris.

Mais surtout, Nicolas Sarkozy lâche ses anciens collaborateurs, et en premier lieu, le fidèle des fidèles Claude Guéant, son directeur de cabinet au ministère de l'Intérieur de 2005 à mars 2007 puis directeur de sa campagne jusqu'en mai, également mis en examen dans ce dossier. Sur la rencontre avéré de ce dernier avec Abdallah Senoussi, par ailleurs visé par un mandat d'arrêt international pour terrorisme, l'ancien chef de l'État estime que "c'est une erreur. Si on m'avait demandé mon avis, j'aurais clairement dit non." Même chose pour son ami Brice Hortefeux et sa rencontre de décembre 2005. 

Et lorsque les juges abordent le rôle de Claude Guéant dans la possible exfiltration du territoire français en 2011 d'un témoin gênant du dossier libyen, Bechir Saleh, "c'est à [lui] qu'il faut poser la question", rétorque l'ancien président. Nicolas Sarkozy jure qu'il n'a été informé de rien, évoque un dossier qui lui "détruit la vie depuis sept années" et conclut de nouveau par cette question : "où sont les preuves ?". 

Malgré ses dénégations, les juges prononcent à l'issue de l'interrogatoire sa mise en examen pour "association de malfaiteurs", sa quatrième dans ce dossier où il est déjà mis en examen pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "détournement de fonds publics commis par un agent public au préjudice de l'état du bien". 

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