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Éducation nationale : pourquoi le syndicat UNL porte plainte contre le ministère

L'Union nationale lycéenne (UNL) annonce mardi 10 novembre porter plainte contre le ministère de l'Éducation nationale après des révélations de "Mediapart" sur un autre syndicat présenté comme pro-gouvernement, Avenir Lycéen.

Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer lors de sa conférence de presse, samedi 14 mars.
Le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer lors de sa conférence de presse, samedi 14 mars.
Crédit : Thomas SAMSON / AFP
Marie Zafimehy

Elle s'estime "lésée". L'Union nationale lycéenne (UNL) annonce mardi 10 novembre qu'elle porte plainte contre le ministère de l'Éducation nationale après les révélations de Mediapart concernant le syndicat Avenir Lycéen, présenté comme "chouchou du gouvernement". "Nous demandons des dédommagements pour les préjudices subis", insiste Mathieu Devlaminck, président de l'UNL, auprès de RTL.fr.

Dimanche 8 novembre, Mediapart a mis en lumière les pratiques douteuses d'Avenir Lycéen, organisation lycéenne créée en 2018. Dans son enquête, le média d'investigation énumère les dépenses extravagantes attribuées à ce syndicat habitué à relayer assidument la communication du gouvernement et dont la liste des membres se confond pour plusieurs avec celles des Jeunes avec Macron. 

Restaurants étoilés, hôtels de luxe, matériel high-tech... Le syndicat est accusé de dilapider les subventions allouées par le ministère sans que celui-ci ne contrôle ces dépenses, comme il est pourtant d'usage.

Un congrès (annulé) à 40.000 euros

Mediapart prend pour exemple un congrès qui devait être organisé par Avenir Lycéen au mois de juillet. Selon les documents consultés par le site d'information, les subventions acquises pour cet événement s'élevaient à 40.056 euros. Au total, le même mois, environ 20.000 euros ont été dépensés sur cette somme et ce, malgré l'annulation du congrès "dû au contexte sanitaire", et sans que le ministère ne semble s'en inquiéter. 

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Ce dernier justifie auprès de Mediapart : "les subventions demandées au titre des déplacements, s’agissant d’une association nationale, l’ont été pour des restaurants et des hôtels correspondant aux déplacements de l’équipe de direction d’Avenir Lycéen afin d’assister à des événements organisés par les représentants départementaux et régionaux de l’association".

Avenir Lycéen a dépensé en un mois ce que nous on dépense en un an

Matheiu Devlaminck, président de l'UNL

Joint par RTL.fr, Mathieu Devlaminck, président de l'UNL, syndicat qui dénonce régulièrement la politique gouvernementale, s'émeut de telles sommes dépensées. "Avenir Lycéen a dépensé en un mois ce que nous on dépense en un an", déplore-t-il. En deux ans, le montant des subventions de son organisation ont été "divisées par deux tiers", passant de 80.000 euros en 2018 à 20.000 euros cette année, assure-t-il. Il dénonce une situation de "favoritisme" et accuse le ministère de l'Éducation nationale d'avoir sciemment "fermé les yeux" sur les dépenses d'Avenir Lycéen. 

"Ces baisses de subventions sont survenues alors que nous étions en train de protester contre des réformes jugées inégalitaires, appuie l'UNL dans un communiqué de presse annonçant le dépôt d'une plainte. Pendant ce temps, le ministère arrosait d’argent public une organisation lui étant directement favorable. (...) Ce traitement de faveur différent entre notre organisation et la leur est injuste et injustifié. Nous espérons obtenir un dédommagement pour le préjudice subi." La plainte, dont les motifs précis n'ont pas été renseignés, est actuellement "en cours de dépôt" indique Maître Arié Alimi, avocat de l'UNL, à RTL.fr.

Avenir Lycéen, qui a reçu 30.000 euros de subventions pour cette nouvelle année, ne fait pas part à Mediapart de justifications claires mais certains membres maintiennent ne pas avoir été mis au courant des dépenses effectuées. De son côté, le ministère dément tout traitement préférentiel. "Il n’y a eu aucun laxisme du ministère dans le contrôle financier de cette association comme pour les autres", assure l'Éducation nationale auprès de Mediapart. Contacté par RTL.fr, le ministère n'a à ce moment pas donné suite à nos sollicitations.

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