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Coronavirus : il proposait de la chloroquine à ses salariés, une enquête ouverte

Un entrepreneur a été placé en garde à vue pour avoir proposé de la chloroquine importée d'Inde à ses salariés. Une enquête pour "exercice illégal de la pharmacie et de la médecine" a été ouverte par le parquet de Saint-Étienne.

Parmi ceux-ci, plus de la moitié concernent des patients atteints du coronavirus traités par hydroxychloroquine (23%) ou par ce médicament associé à l'antibiotique azithromycine (31%).
Parmi ceux-ci, plus de la moitié concernent des patients atteints du coronavirus traités par hydroxychloroquine (23%) ou par ce médicament associé à l'antibiotique azithromycine (31%). Crédit : GERARD JULIEN / AFP
Charles Deluermoz et AFP

Soupçonné d'avoir proposé de la chloroquine aux salariés de sa société pouvant souffrir du Covid-19, le fondateur du groupe de chimie SNF, à Andrézieux-Bouthéon (Loire), a été placé en garde à vue lundi 6 avril puis relâché.

René Pich, 79 ans, également directeur général délégué de SNF, a été entendu par les gendarmes de la brigade de recherches de Montbrison, dans le cadre d'une enquête pour "exercice illégal de la pharmacie et de la médecine", ouverte par le parquet de Saint-Étienne.

"L'enquête a été ouverte à la suite d'un signalement effectué le 31 mars par l'inspection du travail de la Loire", a précisé à l'AFP le procureur de la République de Saint-Etienne, David Charmatz. Elle suit une note du 18 mars de René Pich, informant l'encadrement de SNF que l'entreprise avait fait l'acquisition de comprimés de phosphate de chloroquine.

Une centaines de comprimés saisis

Le document, dont l'AFP a obtenu copie, invite les cadres à faire une demande "auprès de la direction pour la délivrance du produit" en cas de symptômes du Covid-19 chez un salarié. La posologie à suivre y est même indiquée.

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"Nous nous sommes informés en Chine dès la fin janvier et nous avons compris que ce produit était la solution. Aujourd'hui, Trump aux USA, en passant au-dessus de toutes les procédures médicales, a préconisé ce produit pour tous les cas graves. Ce produit est maintenant utilisé avec succès en Chine, Corée du Sud et Thaïlande", écrit le dirigeant.

Des perquisitions, réalisées lundi au domicile de M. Pich et à SNF visaient à retrouver tous ces lots de phosphate de chloroquine, importées d'Inde, selon la même source. Lors d'une audition libre vendredi, le dirigeant avait remis volontairement aux gendarmes cinq boîtes de produits soit quelques centaines de comprimés.

Des produits "non -validés"

"Il s'agit de produits non-validés par les autorités de santé et dont l'importation est interdite", a souligné le procureur Charmatz. D'autres cadres dirigeants du groupe ont été auditionnés par les enquêteurs, dont la tâche est d'identifier tous les participants de cette opération et de savoir si des salariés de SNF en auraient consommé pour se soigner.

Une plainte du syndicat CFDT de la chimie a été déposé vendredi auprès du parquet de Saint-Etienne pour "mise en danger de la vie d'autrui, exercice illégal de la médecine et de la pharmacie et administration de substances vénéneuses". 

Devenu le leader mondial des polyacrylamides utilisés dans le traitement de l'eau, SNF, créé en 1978 à Saint-Etienne, a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 3,4 milliards d'euros. Il emploie 6.000 salariés dont 1.350 sur le site d'Andrézieux-Bouthéon. En France, l'usage de la chloroquine contre le coronavirus est l'objet de vifs débats.

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