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Coronavirus : le traitement à la chloroquine "ne sera pas miraculeux", prévient un infectiologue sur RTL

INVITÉ RTL - Le professeur Alexandre Bleibtreu, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, estime que "le travail du professeur Raoult est très bien fait dans l'urgence, mais il ne répond pas à la question du nombre de vies sauvées par traitement". Plus de patients doivent être testés, sur une plus longue période.

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Le professeur Alexandre Bleibtreu était l'invité de RTL du 19 mars 2020 Crédit Image : Anne CHAON / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Alba Ventura édité par Sarah Ugolini

La chloroquine nous sauvera-t-elle de la pandémie mondiale de coronavirus ? Pas si sur, si l'on écoute le professeur Alexandre Bleibtreu, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il revient sur les travaux du professeur Didier Raoult qui a testé la chloroquine, un anti-paludéen, sur une vingtaine de patients et obtenu des résultats assez prometteurs.

"Les premières déclarations de M. Raoult sur la chloroquine étaient basés sur un article quasi-vide en terme de résultats des Chinois et sans données vérifiées", explique l'infectiologue. "Ce que j'ai dit à l'époque, c'est qu’il fallait attendre. Les retours qu’on a eu de nos collègues marseillais, c'est que la chloroquine permettait de négativer les prélèvements", confie le professeur Alexandre Bleibtreu.

Concrètement, cela veut dire que "quand on donne ce médicament on négative plus rapidement, qu'au bout d'un moment les patients positifs deviennent négatifs" et "c’est encourageant".  L'article "se focalise uniquement sur la négativité des prélèvements mais être négatif ne veut pas dire qu'on est guéri".  

Etre négatif et être guéri, ce n'est pas tout à fait la même chose

Alexandre Bleibtreu, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.
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Alexandre Bleibtreu explique qu'il y a des "patients qui décèdent et qui sont négatifs pour le virus". "Etre négatif et être guéri, ce n'est pas tout à fait la même chose", martèle le professeur. Désormais, l'infectiologue teste désormais l'hydroxychloroquine, via l'anti-paludique Plaquenil. "On ne teste pas, on utilise Plaquenil à titre compassionnel, car on pense que le bénéfice/risque de ce médicament est suffisamment intéressant pour les malades", explique le médecin.

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Pour autant, le professeur relativise et se veut prudent en assurant que "l'hydroxycholorquine n’a pas fait sa preuve sur la survie, la guérison clinique". Concernant l'effet sur les patients, "on a commencé vendredi, il faut se laisser au moins 7 jours car pour ce virus, il y a une ligne de crête au bout du 7ème jour". L'histoire naturelle de la maladie peut à ce moment-là s’aggraver rapidement ou s’améliorer sensiblement. "Pour l'instant, je suis dans l'incapacité scientifique de vous dire si ça marche ou si ça ne marche pas", conclut le professeur.

Des profils bénéfiques et d'autres pour qui ça ne changera rien

Il explique qu'actuellement il "essaye de voir ce qui peut améliorer l'état des patients". "Aucun traitement n’est miraculeux, il y a des gens qui répondent, des gens qui ne répondent pas", selon Alexandre Bleibtreu. Pour lui, "le travail du professeur Raoult est très bien fait dans l’urgence, mais il ne répond pas à la question du nombre de vies sauvées par traitement". Pour ça, il faudrait avoir plus de patients testés et un suivi plus long. Il assure que le suivi des malades s’arrête au 6e jour de traitement et ne répond donc pas  pour l’instant à cette question.

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