3 min de lecture

"On a été abandonnés" : ravagé par l'incendie en Gironde, Le Porge a-t-il été "sacrifié" pour sauver le Cap-Ferret ? Des riverains sinistrés annoncent une action en justice

Des habitants de la commune du Porge (Gironde), où plusieurs maisons ont été détruites par l'incendie, se sont rassemblés pour déposer une plainte pénale. La préfecture promet de la transparence et assure que la priorité était de préserver les vies humaines.

Une maison détruite par l'incendie qui a ravagé la commune du Porge, en Gironde.

Crédit : JULIEN DE ROSA / AFP

Les autorités ont-elles sacrifié Le Porge pour sauver les villas du Cap-Ferret ? Un collectif de sinistrés lance une action en justice

00:02:05

Hermine Le Clech & Alexis Lalemant

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Le dépit se mêle à la colère au nord de la presqu'île du Cap-Ferret. La commune du Porge (Gironde) et ses 3.400 habitants font partie de ceux qui ont payé le plus lourd tribut à l'incendie qui brûle encore dans le Sud-Ouest.
Pour accéder à sa terrasse, Cathy, une habitante de la commune, doit désormais éviter des tas de cendres et des tuiles rouges éparpillées au sol. Pour la première fois, elle découvre sa maison calcinée dont il ne reste qu'un salon de jardin. 

"C'était mon refuge, c'était la maison de ma vie. Je ne faisais que de dire, 'là, qu'est-ce que je suis bien, c'est un paradis'", explique cette retraitée, essuyant ses larmes avant que la colère ne reprenne le dessus.

>> EN DIRECT - Incendies en France : pas de progression dans la nuit en Gironde et des conditions "favorables" dans la journée, le feu fixé dans le Var

185 maisons brûlées et un fort sentiment d'abandon

Avec 185 maisons brûlées, des habitants sont persuadés que les autorités ont volontairement sacrifié leur ville pour protéger les villas luxueuses de Lège-Cap-Ferret, où l'incendie s'est rapidement propagé. "Moi je pense qu'ils ont plutôt voulu sauver les maisons d'un million d'euros plutôt que les maisons à 500.000", lance Cathy, entourée d'autres riverains. 

À écouter aussi

À quelques centaines de mètres plus loin, Fabrice veille sur les chèvres du centre équestre qui a brûlé. "Il y a eu un moment où on a été abandonnés", déplore ce Porgeais. Il raconte avoir été contraint de sauver sa maison avec pour seule arme un tuyau d'arrosage, et l'aide de quelques voisins venus à son secours. "Les pompiers ont mis deux heures et demie pour venir. Une amie a vu la ligne de pompiers quitter le front pour soi-disant partir vers le Cap-Ferret", décrit Fabrice. 

Il assure ne pas en vouloir directement aux pompiers, mais plutôt aux autorités qui les a "probablement sacrifiés". Un sentiment partagé par une très grande partie des habitants du Porge.

Une plainte déposée en août

Face à ce sentiment d'injustice, un collectif de riverains compte bien faire bouger les choses pour, a minima, obtenir des réponses. Quelque 500 Porgeaises et Porgeais se sont regroupés pour lancer une plainte au pénal qui devrait se concrétiser pendant le mois d'août.

"Le collectif a été constitué dans une logique d'entraide, de solidarité et de coopération. Il y a eu un certain nombre d'incompréhensions et un sentiment, une réalité concrète et physique d'abandon au Porge", relate sur RTL Me Sylvain Galinat.

"Il y a un travail très rigoureux et très sérieux sur l'organisation et le référencement des preuves, des témoignages, des attestations. (...) L'organisation m'a donc mandaté pour réfléchir au dépôt d'une plainte pénale et l'objectif est d'obtenir des réponses concrètes à la situation, comment les choses ont pu advenir, comment la situation a pu être générée de la sorte, si les choses ont été faites dans les règles", précise l'avocat du collectif de riverains.

Les autorités promettent des réponses une fois "l'événement terminé"

Du côté des autorités, questionnée sur la grogne montante des sinistrés du Porge, la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine Sophie Brocas a expliqué que le temps n'était pas encore aux débats sur les responsabilités, mais que la "transparence" serait de rigueur le moment venu. 

"La seule priorité qui nous guide depuis le début, c'est de préserver les vies humaines. Au Porge, j'entends dire que nous aurions détourné les moyens. Toutes les questions sont légitimes. Tout le monde a le droit de poser des questions et nous devons y répondre. C'est notre devoir et le travail sera fait en transparence, avec rigueur, mais quand l'événement sera terminé. Je l'ai dit, je le redis, le temps de la crise n'est pas celui de l'explication", a martelé la préfète lors d'un point presse mercredi 29 juillet. 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée