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"Bétharram va fermer" : sur RTL, le président de la fédération qui gère l'enseignement catholique annonce la fermeture de l'établissement

Invité de RTL ce jeudi 22 janvier, Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique annonce la fermeture de l'établissement des Pyrénées-Atlantiques, au cœur d'un vaste scandale de violences physiques et sexuelles.

Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique, sur RTL le 22 janvier 2026

Crédit : RTL

Pierre-Vincent Guéret, président de la Fnogec : "Bétharram va fermer, ça n'est pas une option"

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Juliette Vignaud

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Plus de deux ans après les révélations, l'établissement catholique de Bétharram va fermer ses portes à la rentrée prochaine. L'annonce a été faite ce jeudi 22 janvier midi, par Pierre-Vincent Guéret, président de la Fédération nationale des organismes de gestion de l’enseignement catholique (Fnogec) sur RTL. "Bétharram va fermer. Ce n'est pas une option", a-t-il déclaré. 

"L'établissement Bétharram éclabousse par sa réputation l'intégralité de l'enseignement catholique, souligne-t-il. Le mot Bétharram doit être envoyé aux oubliettes de l'Histoire". "Institutionnellement, Bétharram va fermer. Opérationnellement, Bétharram doit déménager", poursuit-il, en fixant une échéance "à l'été". 

Cette annonce intervient alors que l'établissement des Pyrénées-Atlantiques - rebaptisé le Beau Rameau en 2009 - a été au cœur d'une vaste affaire de violences physiques et sexuelles, considérée comme l’un des plus grands scandales de pédocriminalité de l’histoire de l’éducation française. 

"Pas question de fermeture" à ce stade, selon le secrétariat de l'Enseignement catholique

La décision de la fermeture n'est néanmoins pas encore définitive. "À ce stade", il n'est "pas question de fermeture de l'établissement" scolaire, a indiqué le secrétariat général de l'Enseignement catholique, démentant des déclarations du président de la Fnogec. 

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L'Enseignement catholique "travaille collectivement à réunir toutes les conditions pour rétablir la confiance et la sérénité" dans cet établissement béarnais, secoué par un scandale de violences dont des agressions sexuelles, a-t-il indiqué dans un communiqué transmis à l'Agence France-Presse. "Ce travail demande temps et discernement. Il n'est pas question de fermeture de l'établissement à ce stade", a ajouté l'Enseignement catholique. 

Selon Pierre-Vincent Guéret, ce sont surtout des "subtilités de droit franco-italien" qui persistent pour acter la fermeture définitive de Bétharram. L’établissement, historiquement dirigé par la congrégation des Pères de Bétharram, est sous tutelle religieuse et "internationale", précise-t-il. La congrégation des Pères de Bétharram est en effet pilotée depuis le Vatican. Rome doit ainsi "donner son accord".

"Concrètement, il y a besoin d'un accord qui est en train d'être rédigé en français et italien, tamponné par le Vatican, pour sortir cette tutelle de toute responsabilité scolaire (...) L'accord permet à la communauté tutelle historique d'assumer officiellement au plus haut niveau juridique sa responsabilité", explique Pierre-Vincent Guéret à RTL. Mais il l'assure, une fois cette subtilité juridique dépassée, "il n'y aura plus d'enfants sur ce site (...) en tout cas pas pour un projet scolaire".

La Congrégation de Bétharram avait reconnu en mars 2025 sa "responsabilité" dans les faits dénoncés par près de 250 plaintes individuelles, dont la moitié pour des agressions à caractère sexuel. Elle a confirmé en octobre l'indemnisation de toutes les victimes, de personnels religieux comme de laïcs, en commençant par celles d'agressions sexuelles. 

Un projet envisagé à Igon

Quant aux élèves et à la communauté éducative ayant aujourd'hui cours sur le site, un nouveau projet est déjà en cours de réflexion. "Nous sommes responsables et nous ne voulons pas amputer les parents, les enseignants et les personnes qui vivent dans la communauté et qui ne sont aujourd'hui pas responsables de ces horreurs passées en supprimant l'offre scolaire du jour au lendemain", affirme Pierre-Vincent Guéret.

D'après le responsable de l'enseignement catholique, la commune d'Igon, située à quelques kilomètres, peut porter un projet d'accueil. "Cette idée avance opérationnellement", dit-il au micro de RTL. Et de détailler : "Il faut qu'on reconstruise quelques locaux, qu'on aménage un gymnase, qu'on soit capable d'avoir un petit internat."

Plus de 200 plaintes

C'est la dénonciation massive de ces violences, dont les témoignages sont regroupés dans un livre, depuis la fin 2023 qui a mis la lumière sur l'affaire Bétharram. Au total, plus de 200 anciens élèves de l’établissement catholique béarnais ont dénoncé des faits de violences psychologiques, physiques ou sexuelles, couvrant les décennies de 1950 aux années 2000. Ils incluent des scènes de torture, des punitions humiliantes, des viols et de multiples agressions sexuelles sur mineurs. 

La révélation du scandale dans le collège-lycée a abouti à la création d'une commission d'enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire, qui a auditionné François Bayrou. Alors qu'il était encore Premier ministre, le maire de Pau a été accusé d'avoir fermé les yeux sur des violences dans cet établissement, où il a scolarisé plusieurs de ses six enfants et où son épouse a enseigné le catéchisme. 

Le rapport parlementaire a pointé notamment un "État défaillant" et un "défaut d'action" de François Bayrou. Lui a réfuté tout mensonge et considère que l'affaire était "faite pour le détruire". 


La Congrégation de Bétharram, qui dirigeait l'établissement béarnais au cœur du scandale, avait reconnu en mars 2025 sa "responsabilité" dans les faits dénoncés par près de 250 plaintes individuelles, dont la moitié pour des agressions à caractère sexuel.

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