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Disparition de Marion Barter : l'institutrice est-elle tombée dans le piège d'un chasseur de veuves ?

PODCAST - "L'Heure du Crime" décortique l'affaire Marion Barter. À l'automne 1997, cette institutrice s'est évaporée entre l'Australie et l'Angleterre. Deux décennies plus tard, la piste criminelle va se renforcer avec l'apparition d'un individu très étrange.

Une étagère de dossiers (Photo d'illustration)

Crédit : Isabelle Souriment / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

L'INTÉGRALE - Marion Barter : et le chasseur de veuves

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L'INTÉGRALE - Marion Barter : et le chasseur de veuves

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L'ENQUÊTE - Marion Barter : où est passée la mère de famille ?

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Jean-Alphonse Richard - édité par Thomas Bernardon

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Mercredi 22 octobre 1997, Sally Leydon, 24 ans, pousse la porte du commissariat de Byron Bay, petite ville au sud-est de l'Australie, réputée pour ses plages et ses spots de surf. Sally Leydon vient signaler la disparition de sa mère Marion Barter, institutrice, 51 ans. Elle n'a plus donné de nouvelles depuis deux mois et demi. La dernière fois qu'elle l’a appelée au téléphone, c'était le 1er aout. Elle était en Angleterre, dans une cabine téléphonique dans le Kent. 

La police de Byron Bay avoue son impuissance face à cette disparition qui semble s'être déroulée non pas en Australie, mais en Angleterre. Même si les autorités britanniques ne trouvent aucune trace de passage de Marion Barter. Sa fille Sally appelle alors l'agence bancaire de sa mère. La directrice lui répond que Marion Barter a quasiment vidé son compte entre les mois d'août et septembre. Surprise. Marion Barter était censée à ce moment-là être en Angleterre. Pourtant, c’est elle en personne qui aurait effectué ces retraits au guichet même de l’agence. Serait-elle revenue en douce ? 

Dix ans après la disparition de Marion Barter, sa fille Sally s'adresse au service de police chargé des personnes disparues. Pendant toutes ces années, Sally Leydon a recensé les mystères autour de cette disparition. Notamment cette journée de mai 1997, un mois avant le départ en Angleterre de Marion, où Sally avait aperçu sa mère au volant de sa voiture avec un homme très costaud, assis sur le siège passager. Le couple faisait le plein d'essence. Sa mère et l'inconnu avaient déguerpi en apercevant Sally. 

Un suspect aux identités multiples

Lundi 1er avril 2019, le podcast The Lady Vanishes est diffusé en Australie. De nombreux épisodes vont se succéder. Podcast qui connait immédiatement un immense succès, au point que la police décide de rouvrir le dossier. L'office des disparus effectue de nouvelles vérifications. Ainsi, les policiers apprennent que le 13 mai 1997, Marion Barter a changé d'identité. Elle a obtenu un nouveau passeport au nom de Florabella Natalia Marion Remakel. Le 22 juin 1997, c'est avec ce passeport que Marion s’est envolée pour l'Angleterre. 

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Les policiers de l'office des personnes disparues s'intéressent au nom, peu courant, choisi par la disparue : Remakel. Le 15 octobre 2020, une policière se rend à la Bibliothèque Nationale. Elle saisit un numéro du journal francophone Le Courrier Australien, en date du 10 décembre 1994. Une petite annonce, en français, a retenu son attention. Celle d'un homme qui s'appellerait Monsieur F. Remakel. Les policiers remontent à ce Remakel qui s'appelle en fait Ric Blum. Il a plusieurs identités et a été condamné plusieurs fois pour escroquerie.

Vendredi 18 février 2022, les juges chargés des investigations commencent à entendre plusieurs femmes. Au nombre de six, elles se sont manifestées après la mise en cause de Ric Blum. "Nous avons publié un article au Luxembourg. Quelques jours plus tard, une femme de Bruxelles nous a appelé pour dire qu’il était arrivé la même chose à sa belle-mère, sauf qu’elle, elle était encore en vie. Ric Blum l’a quittée du jour au lendemain et elle avait perdu 70.000 euros. Elle nous a parlé d'une autre femme belge qui s'était faite arnaquer de la même manière", explique Tom Rudell, journaliste pour le quotidien Luxemburger Wort. Les accusatrices ont un profil similaire. Elles sont souvent veuves, délaissées et plutôt aisées. 

C’est un peu son mode opératoire. Il va promettre des choses. Il promet une vie et pas juste une histoire d’amour sans lendemain.

Gina Ranalli, cofondatrice et présidente de l'application Black-Track

Jeudi 1er juin 2023, un an et demi après l'ouverture de l'enquête spéciale chargée d'examiner la disparition de Marion Barter, Ric Blum est à nouveau entendu. Par visioconférence au tribunal de Lismore. On l’interroge sur le possible détournement du compte bancaire. Sur le fait qu’il l’aurait convaincue de vendre sa maison. Blum s'insurge. Il n'existe selon lui aucune preuve qu'il ait escroqué Marion Barter. Il ne l'a jamais encouragée à retirer son argent de la banque. 

La famille de la victime a une autre explication. Ric Blum aurait attiré Marion en Angleterre. Il lui aurait proposé d'acheter ici sa propre école. "C’est un peu son mode opératoire. Il va promettre des choses. Il promet une vie et pas juste une histoire d’amour sans lendemain. Elle lui faisait confiance et se voyait à long terme avec cet homme", indique Gina Ranalli, cofondatrice et présidente de l'application Black-Track, dans L'Heure du Crime, sur RTL. 

Jeudi 29 février 2024, la procureure-coroner, Teresa O'Sullivan clôt les investigations sur le cas Marion Barter. Selon la magistrate, l'institutrice est décédée. Sans doute après le 15 octobre 199. Elle ne peut ni déterminer l'endroit où la victime est morte, ni de quelle façon elle a perdu la vie. La magistrate déclare les conditions de la disparition troublantes et demande que l'affaire reste ouverte. Le dossier est confié à la police des cold cases. "Je pense que sa fille Sally a perdu l’espoir de la revoir vivante. Elle est assez réaliste à ce sujet mais elle maintient la pression sur les autorités", déclare Tom Rudell.  

Les invités de "L'Heure du Crime"

- Gina Ranalli, cofondatrice et présidente de l'application Black-Track, une application dédiée aux affaires non résolues partout dans le monde.
- Tom Rudell, journaliste pour le quotidien Luxemburger Wort enquêtant sur cette affaire depuis 2019. 

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