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Des sympathisants de la CDCAE arrivent, le 02 février 2001 à La Grande Motte, pour assister aux obsèques de Christian Poucet
Crédit : DOMINIQUE FAGET / AFP
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Lundi 29 janvier 2001, 9h40, Christian Poucet gare sa Chevrolet Corvette bleue dans la cour d'un immeuble de bureaux, au 479 route de Nîmes, à Baillargues, en périphérie de Montpellier. Il pousse la porte de la CDCA, la Confédération de Défense des Commerçants et Artisans, le syndicat des petits commerçants, bien connu pour ses actions coup de poing. Poucet rejoint son bureau du premier étage. Sa secrétaire lui passe la première communication de la journée. À cet instant, Christian Poucet est touché par sept balles de 9 millimètres. L'exécution a duré moins de deux minutes.
Les policiers du SRPJ de Montpellier décrivent une équipe de tueurs à gages aguerris. Ils n'ont laissé derrière eux aucune empreinte, ni dans les locaux, ni sur les douilles. Christian Poucet était une cible facile, il se déplaçait librement, sans protection. La veille, il avait tenu une réunion à Melun, en Seine-et-Marne, avec les adhérents de la région. Il ne se sentait pas menacé même si, six mois auparavant, on l'avait mis en garde contre certaines personnes malintentionnées.
Vendredi 2 février, quatre jours après sa mort, les obsèques de Christian Poucet sont célébrées à la Grande-Motte. Les policiers se mêlent discrètement à la foule. Des dizaines de sympathisants de la CDCA rendent un dernier hommage à leur charismatique leader, ancien candidat à l'élection présidentielle de 1995. Son syndicat compte 200 000 adhérents et brasse beaucoup d'argent. Un trésor de plusieurs millions d'euros.
Les enquêteurs se penchent sur la gestion de la CDCA. Depuis quelques années, Poucet aiguille les adhérents vers la souscription de contrats privés, auprès de sociétés installées à l'étranger. Gestion assurée par des sociétés opaques installées en Irlande, au Luxembourg ou sur l'île portugaise de Madère. L'homme qui a imaginé avec Poucet cette "tuyauterie financière" est son ami, l’assureur Philippe Wargnier. Il ne peut plus témoigner. Quatre mois avant l'assassinat, Wargnier s'est tué dans un curieux accident à bord de son avion de tourisme.
Mercredi 16 janvier 2002, un journal de l’île de Madère, le Diario de Noticias, relance brutalement l'enquête sur le meurtre. Dans une interview, un Brésilien, le garde du corps Alexandre Maïa-Louchard, affirme qu’une femme pour laquelle il travaillait à Madère lui aurait demandé de tuer le Français. Elle lui aurait promis 150.000 dollars. Il aurait refusé mais se serait rendu en France pour recruter deux tueurs à gages.
La brigade criminelle prend le renseignement au sérieux. La commanditaire présumée, une notaire, est en effet identifiée comme étant Maria Mendes. Elle s’occuperait d'optimisation fiscale pour le compte du syndicat. Selon les enquêteurs, les relations entre elle et Christian Poucet n’étaient plus au beau fixe. "Quand Maria Mendes a bloqué l'argent qu’il y avait sur les comptes et a empêché les sociétés de Christian Poucet de travailler, il était furieux. Il y a plusieurs entretiens qui ont dégénéré", indique Christian Flores, ancien enquêteur à la SRPJ de Montpellier, dans L'Heure du Crime, sur RTL.
En 2010, Christian Florès est au Brésil pour y interroger le garde du corps Alexandre Maïa-Louchard. Le commandant Florès entend le témoin, lequel s’est entouré d'avocats. Maïa-Louchard n'est pas du tout rassuré. Il explique que sa mémoire lui fait défaut. Il ne se souvient plus ce qu’il a pu raconter. Il minimise, laisse penser qu'il a sans doute dit n'importe quoi.
Jeudi 30 octobre 2014, le juge d'instruction en charge de l'affaire Christian Poucet délivre un non-lieu. Dans ses conclusions, le magistrat assure que la clé de l'assassinat pourrait être des plus banales. "Une partie des blessures portant sur le bas-ventre de M. Poucet, l'hypothèse d'un mari jaloux ou d'une maîtresse éconduite ne peut être écartée", écrit le juge. Un verdict que Christian Flores ne peut se résoudre à accepter. "Ce qui m’a le plus irrité, c’est le non-lieu et c’est notamment les arguments développés par le magistrat", confie-t-il.
Vingt-trois ans après les faits, le procureur de Montpellier décide de relancer les investigations et les vérifications sur la mort de Christian Poucet. Alexandra Poucet, sa fille, et son avocat Marc Gallix ont toujours bon espoir que les coupables soient un jour arrêtés et jugés. Quitte à ce que bien des secrets émergent sur la victime. "J'aimerais bien qu'ils aillent chercher la vérité", déclare Alexandra Poucet.
- Alexandra Poucet, fille de Christian Poucet.
- Christian Flores, ancien enquêteur à la SRPJ de Montpellier.
- Éric Lemasson, grand reporter. Auteur-réalisateur du documentaire Docteur Godard : l'homme qui voulait tout quitter diffusé sur TF1.
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