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Amine Kessaci rejoint la liste de Benoît Payan pour les élections municipales à Marseille, le 26 janvier 2026
Crédit : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
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Un ralliement à quelques semaines du premier tour des élections municipales. Le militant écologiste et anti-drogue Amine Kessaci a annoncé, ce lundi 26 janvier, être candidat aux municipales à Marseille sur la liste du maire sortant de gauche Benoît Payan. L'annonce officielle a été faite depuis un endroit symbolique, l'Après M, un ancien McDonald's en plein cœur des quartiers déshérités du Nord, devenu avec l'aide de la municipalité un "fast social food".
"J'ai la garantie de savoir que le maire va porter mon combat, qu'à ses côtés, je pourrai porter la lutte et faire finalement de Marseille la vitrine nationale de la lutte contre le narcotrafic", a expliqué le jeune homme de 22 ans dans un entretien avec l'AFP avant cette officialisation.
"Je me dois de m'engager pour la mémoire de mon petit frère Mehdi, de mes deux frères, Brahim aussi", a ajouté celui qui a perdu en 2020 Brahim, impliqué dans le trafic, et mi-novembre son petit frère Mehdi, un possible "crime d'intimidation" destiné à l'atteindre et qui a traumatisé la ville, et au-delà.
La liste du Printemps marseillais n'a pas encore été détaillée mais Amine Kessaci rejoint une coalition allant des socialistes aux communistes, en passant par les écologistes, sous la houlette du maire sortant et ex-socialiste Benoît Payan, dont il est réputé proche.
Ce dernier entourait Amine et sa mère lors du rassemblement de plus de 6.000 personnes quelques jours après l'assassinat de Mehdi, abattu en plein jour le 13 novembre.
"La peur ne peut pas nous gagner", disait alors l'élu. Et si le fait d'avoir Amine Kessaci constitue un joli coup politique, il y a de forts enjeux de sécurité autour du jeune homme qui ne peut plus "faire un pas sans avoir quatre ou cinq policiers" autour de lui et doit mettre un gilet pare-balle à chaque évènement public.
Après l'assassinat de Mehdi, il a enchaîné les interventions médiatiques, son visage rond, encore enfantin, à peine vieilli par la barbe, affichant sa douleur et son épuisement. À moins de deux mois des municipales, dans une ville où le RN affiche ses ambitions et place la sécurité au centre de sa campagne, il veut incarner une "lutte acharnée contre le narcotrafic". "Je suis un militant associatif et politique, donc je vois ce qui se passe dans ma ville et je ne peux pas ne rien faire et juste regarder", poursuit celui qui prône une "approche globale".
Il souhaite le retour d'une police de proximité, des services publics notamment en matière d'éducation, et des transports pour "désenclaver les cités" des quartiers Nord de Marseille. Le 21 janvier, depuis Paris, il annonçait son intention de créer, après le scrutin, une association nationale des maires de France engagés contre le narcotrafic. Quelques jours plus tôt, il était l'invité surprise à Lyon du premier meeting de l'écologiste Grégory Doucet, apportant son soutien au maire sortant candidat à sa réélection.
Jeune militant de quartier propulsé sur la scène nationale, Amine Kessaci n'en est pas à son premier essai en politique. En 2024, candidat d'une gauche unie aux législatives dans le nord de Marseille, il s'était hissé au second tour avant d'être battu de justesse par la députée sortante d'extrême droite, la RN Gisèle Lelouis (50,93%).
Dans un livre au titre prémonitoire, publié à l'automne, Marseille essuie tes larmes (Le bruit du monde), il plantait le décor de son enfance dans la cité de Frais-Vallon, choyé par une mère algérienne dans une famille "modeste mais pas ignorante". Une mère à qui il dédie son engagement, pour elle et toutes ces mamans de quartiers qui luttent pour protéger leurs enfants de la drogue, et dont il salue régulièrement le courage.
C'est notamment pour épauler ces familles que l'association qu'il a créée, Conscience, intervient dans des banlieues déshéritées en France. Aujourd'hui, sa parole porte jusqu'au sommet de l'État. "J'ai dit que je ne me tairais pas. Il ne s'agit pas uniquement de parler mais d'agir tous les jours pour montrer que le narcotrafic n'est pas une fatalité", insiste-t-il.
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