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Russie : que se passerait-il en cas d'incapacité de Vladimir Poutine ?

ÉCLAIRAGE - La Constitution russe, modifiée pour que Poutine puisse rester au pouvoir jusqu'en 2036, prévoit aussi son éventuelle incapacité à l'exercer.

Vladimir Poutine, le 9 mai 2022 à Moscou
Vladimir Poutine, le 9 mai 2022 à Moscou
Crédit : Kirill KUDRYAVTSEV / AFP
Thomas Pierre

La question de la succession à Vladimir Poutine peut, certes, sembler encore lointaine. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, qui montre le dirigeant russe tremblant lors d'une cérémonie officielle, sur fond de rumeurs persistantes autour de sa santé prétendument vacillante, la repose pourtant fatalement. Qui pour exercer le pouvoir en cas d'incapacité, ponctuelle ou définitive, du maître du Kremlin ? 

À bientôt 70 ans, Vladimir Poutine semble indéboulonnable, au centre du jeu mondial, menant une guerre sanglante contre son voisin ukrainien. Au point qu'évoquer l'après-Poutine semble aujourd'hui presque tabou. "Je préfère ne pas répondre à de telles questions", évacuait l'intéressé en octobre dernier, quand un média américain l'interrogeait sur son éventuel successeur. Il faut dire que lui se verrait bien rester au Kremlin le plus longtemps possible. 

En juillet 2022, il a fait modifier la Constitution russe en ce sens, mettant fin à la règle des deux mandats maximum, qui l'avait déjà contraint par le passé (2008-2012) à laisser temporairement sa place à Dimitri Medvedev. Pour éviter que la classe politique ne se perde dans une "une quête de successeurs potentiels", et garantir "la stabilité, la sécurité et la prospérité" du pays, le président russe peut désormais se maintenir au pouvoir jusqu'en 2036. Du moins, si sa santé le lui permet. 

Que prévoit la Constitution ?

Car, c'est plutôt un autre article de la Constitution russe qui pourrait être appliqué d'ici là, rappelle la spécialiste du monde post-soviétique Anna Colin Lebedev. "Selon l'article 92 de la Constitution, en cas d'empêchement temporaire du président (en temps de guerre aussi), son intérim est assuré par le Premier ministre", écrit-elle sur Twitter. 

Depuis janvier 2020, c'est Mikhaïl Michoustine qui occupe cette fonction, tenue jadis par Vladimir Poutine lui-même, Dimitri Medvedev ou encore Mikhaïl Kassianov, devenu un fervent opposant au régime. C'est donc lui qui devrait assurer l'intérim si le dirigeant russe venait à être empêché temporairement (maladie, intervention chirurgicale...), ou de manière permanente. Dans ce second cas, il reviendrait alors au Premier ministre en place d'organiser des élections présidentielles dans les trois mois. 

À écouter aussi

Faut-il pour autant voir dans cette fonction un tremplin vers le Kremlin ? Rien n'est moins sûr. Populaire auprès de l'opinion, Mikhaïl Michoustine n'en semble pas moins éloigné du cercle réel des proches de Vladimir Poutine. 

Quel successeur ?

Parmi les plus influents, du côté militaire, Sergueï Choïgou, le ministre de la Défense, a longtemps semblé avoir les faveurs du maître du Kremlin, en privé comme dans les prises de décisions stratégique concernant l'invasion de l'Ukraine. Pas sur que les difficultés importantes rencontrées par l'armée russe depuis le 24 février lui aient été favorables. Une disgrâce a même été un temps évoquée, à l'occasion d'une disparition de près de deux semaines. 

Non, à en croire la chaîne Telegram General SVR, tenue par un prétendu ex-responsable des renseignements russes, le nom qui s'imposerait en coulisses comme potentiel dauphin à Vladimir Poutine n'est autre que celui de Nikolaï Patrouchev, l'influent secrétaire du Conseil de sécurité de Russie. Ce dernier compte d'ailleurs nombre de points communs avec l'actuel maître du Kremlin. 

Patrouchev, l'ombre de Poutine

Ce natif lui-aussi de Saint-Pétersbourg, âgé de 70 ans et passé également par le KGB, partage avec le président russe une même idéologie. Surnommé le "faucon du Kremlin", ce fidèle est "connu pour son nationalisme fougueux, sa vision du monde conspiratrice et sa vaste expérience dans l'espionnage", rappelait le site américain Politico en 2017. 

Et signe qu'il pourrait marcher dans les pas de Vladimir Poutine : en 1999 quand ce dernier est nommé Premier ministre par Boris Eltsine, ce n'est autre que Nikolaï Patrouchev qui le remplace comme directeur du FSB. Une carrière dans l'ombre de Poutine, qui pourrait à l'avenir le conduire jusqu'au Kremlin, même si en coulisses, c'est plutôt son fils, Dimitri, 44 ans, l'actuel ministre de l'agriculture, qu'il aimerait voir y parvenir. 

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