3 min de lecture Présidentielle américaine

Primaires démocrates : Michael Bloomberg entre dans l'arène avant "Super Tuesday"

Avec l’émergence de Sanders et la chute de Biden, tous les regards se portent désormais sur Mike Bloomberg. Le milliardaire new-yorkais s'est qualifié pour le débat démocrate du 19 février, en attendant "Super Tuesday", le 3 mars.

Michael Bloomberg dans le Tennessee, le 12 février
Michael Bloomberg dans le Tennessee, le 12 février Crédit : Brett Carlsen / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre Journaliste

Sa stratégie est risquée, mais elle pourrait bien payer sur la ligne d'arrivée. Preuve supplémentaire qu'il faudra sans doute compter sur lui dans cette bataille des primaires, Michael Bloomberg s'est qualifié mardi pour son premier débat avec ses rivaux démocrates prévu mercredi 19 février à Las Vegas. 


"Mike a hâte de rejoindre les autres candidats démocrates sur scène et expliquer pourquoi il est le meilleur candidat pour battre Donald Trump et unifier le pays", a indiqué son directeur de campagne Kevin Sheekey dans un communiqué.

L'ex-maire de New York était jusqu'à présent empêché d'y participer en raison de sondages trop faibles, dus notamment à son entrée tardive dans la campagne. Selon une étude diffusée mardi par le New York Times et qui lui attribue désormais 19% de soutien au niveau national, le candidat Bloomberg peut désormais concourir dans la cour des grands. 

Une stratégie inédite

Pourtant, quand il s'est lancé, fin novembre, dans la course à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine, la quasi-totalité des analystes lui donnaient zéro chance. Presque trois mois plus tard, la candidature du milliardaire commence à inquiéter sérieusement ses concurrents, et en premier lieu, Joe Biden

À lire aussi
Joe Biden s'impose comme le favori à la primaire démocrate Présidentielle américaine
Primaire démocrate : Joe Biden plus que jamais favori

Démocrate modéré comme Bloomberg, l'ex-vice-président est affaibli par les deux camouflets électoraux des primaires de l'Iowa et du New Hampshire. L'ancien grand favori du parti est désormais devancé par le "socialiste" Bernie Sanders et par l'ex-maire d'une commune de l'Indiana Pete Buttigieg, 38 ans. Un schéma qui laisse toutes ses chances à Michael Bloomberg d'incarner l'aile modérée du parti.

"Super Tuesday" pour se lancer

Le chaos de la primaire de l'Iowa semble en effet valider les calculs qui ont poussé ce patron de 77 ans à éviter les quatre premières primaires du calendrier électoral américain, où les autres candidats concentrent leur énergie depuis des mois. Lui attend patiemment "Super Tuesday" pour entrer dans l'arène des primaires.  

Le 3 mars prochain voteront en effet les 16 Etats représentant à eux seuls 1.357 délégués. Parmi eux, la Californie et le Texas, les deux États qui envoient le plus de délégués à la convention qui arrêtera en juillet le nom de l'adversaire de Donald Trump.

Une stratégie payante ?

Lundi 3 février, pendant que l'ébullition dans l'Iowa était à son comble, Mike Bloomberg était donc en Californie, puis en Pennsylvanie, un des Etats-clé qui pourrait voter démocrate ou républicain en novembre. Même si aucun enthousiasme populaire n'entoure pour l'instant sa candidature, l'organisation méthodique de cet homme parmi les plus riches du monde (sa fortune est estimée à 64 milliards de dollars selon Forbes) et son matraquage publicitaire (260 millions de dollars) commencent à payer. 

Selon l'éditorialiste John Healey du Los Angeles Times, une victoire de Michael Bloomberg à la primaire démocrate, auparavant "inconcevable", est devenue "une réelle possibilité". Il pourrait bien être le candidat des modérés face à l'aile gauche menée par Bernie Sanders, ajoute-t-il. 

"Mini Mike", cible de Donald Trump

Mais depuis quelques jours, Michael Bloomberg doit se justifier sur un certain nombre de déclarations et choix politiques dans le passé, notamment sur le ciblage de jeunes hommes noirs par la police quand il était maire de New York. 

Le camp Trump le cible en tout cas de plus en plus. Le président ne cesse de tweeter à son propos, en le surnommant "Mini Mike", en raison de sa petite taille. Jeudi 13 février, le ton est même monté d'un cran entre les deux milliardaires new yorkais après un tweet de Trum : "Mini Mike Bloomberg est un LOSER qui a de l'argent, mais ne sait pas débattre, et n'a aucune présence, vous verrez". 

"Je vous battrai"

Le démocrate a riposté dans la foulée : "@realDonaldTrump - nous connaissons beaucoup de personnes en commun à New York. Derrière votre dos, ils se rient de vous et vous traitent de clown de foire", a-t-il écrit. "Ils savent que vous avez hérité de votre fortune et l'avez gâchée avec vos projets stupides et votre incompétence. J'ai l'expérience et les ressources pour vous battre. Et je vous battrai".

En attendant le 3 mars, voire le 3 novembre, "Mini Mike" se frottera pour la première fois à ses rivaux démocrates le 19 février, lors d'un débat télévisé à Las Vegas.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Présidentielle américaine États-Unis Donald Trump
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants