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Présidentielle américaine : en difficulté, Donald Trump peut-il rebondir ?

Après le fiasco de son meeting de Tulsa, Donald Trump est dans l'obligation de réagir s'il veut retrouver l'élan victorieux de 2016 et briser l'image d'un président déconnecté des crises qui secouent l'Amérique.

Donald Trump lors d'un meeting, à Tulsa, le 20 juin 2020. (illustration)
Donald Trump lors d'un meeting, à Tulsa, le 20 juin 2020. (illustration) Crédit : WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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Thomas Pierre et AFP

Rarement Donald Trump se sera montré aussi abattu. Samedi 20 juin, le président américain est apparu renfrogné, cravate dénouée, de retour du meeting en demi-teinte de Tulsa, dans l'Oklahoma. Un rendez-vous où il voulait frapper un grand coup et faire mentir les sondages sur sa popularité qui dévisse, mais qui aura surtout laissé l'impression d'un showman fatigué, aux recettes de campagne dépassées. 

Force est de constater qu'à 130 jours de l'élection, le républicain traverse une très mauvaise passe. Les sondages défavorables s'accumulent et, semaine après semaine, son horizon électoral s'obscurcit. Confronté à deux crises d'une ampleur inédite depuis son arrivée au pouvoir (la pandémie du coronavirus et les manifestations contre le racisme), le septuagénaire s'est montré insensible aux aspirations, aux peurs et aux doutes des Américains. 

La Covid-19, qui a fait près de 120.000 morts aux Etats-Unis, inquiète ses concitoyens, en particulier les plus âgés. Il organise un meeting au mépris des recommandation des autorités sanitaires et plaisante sur le fait qu'il a demandé de ralentir les tests afin de faire baisser le nombre de cas identifiés.  

La lutte contre l'immigration illégale comme réponse

Face à Joe Biden, adversaire plutôt discret qui se déplace peu et s'exprime peu, il peine à trouver l'angle d'attaque. Mais Donald Trump n'est pas homme à s'avouer facilement vaincu. Lundi 22 juin, pour contre-attaquer face à une crise économique qui mine sa campagne, l'imprévisible milliardaire a décidé un nouveau tour de vis migratoire en gelant les cartes vertes et certains visas de travail jusqu'en 2021, au nom de la lutte contre le chômage.

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Donald Trump espère aussi rebondir en utilisant les ressorts de sa campagne victorieuse de 2016 : la lutte contre l'immigration illégale. Il se rendra ce mardi 23 juin à Yuma, dans l'Arizona, pour marquer l'achèvement de "200 miles" (320 kilomètres) du mur qu'il avait promis d'ériger à la frontière avec le Mexique.

Un président "inapte"

Malgré les crises sanitaire, sociétale et économique, le New-Yorkais compte donc toujours sur ses fondamentaux de campagne pour l'emporter en novembre. Et ce bien qu'elles soient loin d'être ses seuls problèmes cette année. Son "aptitude" à diriger est aujourd'hui aussi abondamment questionnée, même dans ses propres rangs. 

Son ancien conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, continue sa tournée des plateaux de télévision, avant la sortie de son livre prévue ce mardi 23 juin, et dresse, au fil des interviews, le portrait d'un président inapte à diriger la première puissance mondiale.

Dans un entretien diffusé dimanche soir sur ABC News, il a estimé que Donald Trump représentait "un danger pour la république" et dit espérer qu'il soit le "président d'un mandat". "Mon inquiétude est qu'une fois l'élection passée, et s'il l'emporte, il n'y aura plus aucune contrainte politique", a-t-il expliqué.

"Ma conclusion est claire : je ne crois pas qu'il devrait être président ; il n'est pas apte à exercer cette fonction, il n'a pas la compétence pour ce poste. Je ne voterai pas pour lui en novembre. Nous pouvons nous remettre d'un seul mandat, deux mandats ça m'inquiète davantage", a-t-il affirmé.

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