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Trump gèle les cartes vertes et de nombreux visas de travail jusqu'en 2021

Donald Trump, en campagne pour sa réélection le 3 novembre, a décidé lundi un nouveau tour de vis migratoire avec le gel des cartes vertes et de certains visas de travail jusqu'en 2021, au nom de la lutte contre le chômage.

Donald Trump. lors d'un meeting à Tulsa.
Donald Trump. lors d'un meeting à Tulsa. Crédit : Nicholas Kamm / AFP
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Benoît Collet et AFP

Confronté à la destruction brutale de millions d'emplois en raison des mesures de confinement, Donald Trump avait décidé il y a deux mois de suspendre pour 60 jours la délivrance des "green cards", qui offrent un statut de résident permanent aux États-Unis, sans toucher aux visas de travail temporaire.

Un nouveau décret, qu'il doit signer le 23 juin, prolongera cette "pause" jusqu'au 31 décembre et inclura cette fois plusieurs types de visas de travail, dont les H1-B, très utilisés dans le secteur des hautes technologies, a annoncé un haut responsable de la Maison Blanche.

Selon lui, cette "pause" devrait empêcher au moins 525.000 étrangers d'entrer sur le sol américain et réserver leurs emplois à des Américains. "La priorité du président, c'est de remettre les Américains au travail", a-t-il justifié.

L'immigration, cheval de bataille électoral de Trump

Sont également concernés les visas H2B réservés aux travailleurs peu qualifiés (avec une exception pour les employés de l'industrie alimentaire), les visas J, utilisés pour les étudiants-chercheurs, ou les visas de transfert inter-compagnies qui servent pour certains contrats expatriés.
  
Aux États-Unis, le taux de chômage a bondi à 13,3% de la population active en mai, contre 3,5% en février, en raison des mesures de confinement prises pour lutter contre la pandémie de nouveau coronavirus.

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Cette dégradation du marché de l'emploi, la mort de 120.000 malades du Covid-19, ainsi que des manifestations monstres contre les violences policières compliquent la campagne de Donald Trump, à la peine dans les sondages face à son rival démocrate Joe Biden.

Après un meeting décevant dans l'Oklahoma ce week-end, il espère rebondir en utilisant les ressorts de sa campagne victorieuse de 2016 : la lutte contre l'immigration illégale. Il va se rendre dans la semaine à Yuma, dans l'Arizona, pour marquer l'achèvement de "200 miles" (320 kilomètres) du mur qu'il avait promis d'ériger à la frontière avec le Mexique.

Attirer les étrangers les plus qualifiés

En parallèle, il entend réformer le système d'immigration légale, pour attirer les étrangers les plus qualifiés. Au delà du gel des visas annoncés le 22 juin, il a ordonné à son administration de réfléchir à une réforme des visas H1-B pour qu'en 2021, ils soient attribués aux étrangers à qui les plus hauts salaires ont été promis et non plus par loterie. "Cela éliminera la compétition pour les Américains aux postes de débutants et nous aidera à attirer les meilleurs, les plus doués", a estimé le haut responsable.

Ces annonces ont immédiatement suscité des réactions politiques aux antipodes. Le sénateur républicain Ted Cruz, un proche du président, a salué un "acte important". "Ce n'est ni une réponse à la pandémie, ni une réponse économique", a au contraire jugé Andrea Flores, de la puissante association de défense des droits civiques ACLU, pour qui, "il s'agit d'une instrumentalisation de la pandémie (...) pour remodeler nos lois migratoires sans passer par le Congrès".

Fait inhabituel, le sénateur républicain de Caroline du Sud, Lindsay Graham, d'ordinaire un fervent soutien de Donald Trump, a lui aussi critiqué la décision du président en estimant qu'elle constituera "un frein pour notre reprise économique". "Ceux qui pensent que l'immigration légale, et particulièrement les visas de travail, nuisent au travailleur américain ne comprennent pas l'économie américaine", a-t-il tweeté.

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