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Une carte du monde illustrant le Groenland. (photo d'illustration)
Crédit : Kristian Tuxen Ladegaard Berg / NurPhoto / NurPhoto via AFP
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Derrière l'opération américaine au Venezuela, un avertissement géopolitique plus large. Après la spectaculaire capture du président Nicolás Maduro par les États-Unis, Donald Trump a réitéré sa volonté d'acquérir le Groenland, territoire autonome dépendant du Danemark.
"Nous avons besoin du Groenland, absolument", a-t-il répondu samedi à la question de savoir si l'opération américaine à Caracas pouvait être un indicateur quant à l'avenir de l'île. "Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en occuper", a-t-il ensuite réaffirmé devant des journalistes à bord d'Air Force One dimanche 4 janvier.
Une publication sur X de l'épouse du directeur de cabinet adjoint de la Maison Blanche, Stephen Miller, a aussi semé le trouble. Alors que les États-Unis intervenaient militairement à Caracas, Katie Miller publiait une carte du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain, assortie d'une courte légende en capitales : "SOON" ("bientôt", en français).
"Ça suffit maintenant", a réagi Jens Frederik Nielsen, le Premier ministre groenlandais, face à ces menaces répétées. "Plus de pression. Plus de sous-entendus. Plus de fantasmes d'annexion. Nous sommes ouverts au dialogue. Nous sommes ouverts aux discussions. Mais cela doit se faire par les bons canaux et dans le respect du droit international", a -t-il écrit sur Facebook.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président américain a dit avoir "besoin" du Groenland, notamment pour la sécurité des États-Unis, répétant à plusieurs reprises son souhait de s'en emparer. Déjà en 2019, il avait évoqué son envie d'"acheter" le territoire autonome danois, parlant d'une potentielle "grosse transaction immobilière" qui serait "stratégiquement intéressante". De son côté, le Groenland répète ne pas être à vendre et vouloir décider seul de son avenir.
Le Groenland, immense île arctique peuplée de 57.000 habitants, appartient au Danemark, mais est un territoire autonome depuis 1979. Il dispose d'importantes ressources minières, majoritairement non exploitées, et est considéré comme un emplacement stratégique. Les États-Unis y ont déjà une base militaire et en exploitaient une dizaine pendant la guerre froide.
C'est un territoire clé pour le contrôle militaire de l'Atlantique Nord
Cyrille Bret, expert à l'Institut Montaigne
Selon Cyrille Bret, expert à l'Institut Montaigne, interrogé par RTL.fr, le Groenland "présente au moins trois intérêts géostratégiques et géoéconomiques". "C'est un territoire clé pour le contrôle militaire de l'Atlantique Nord, passage obligé des navires de la marine russe basée à Mourmansk", explique-t-il. Le Groenland sert ainsi de base avancée pour détecter les mouvements maritimes de la Russie, et potentiellement de la Chine, qui pourrait traverser l’Arctique en direction du continent américain.
Par ailleurs, les États-Unis sont intéressés par les ressources naturelles (minières et halieutiques) dont est doté le Groenland. Le sous-sol de la plus grande île au monde regorge en effet de fer, de plomb, de zinc, de nickel, d'or, de platine et, surtout, de minerais rares utilisés notamment dans la haute technologie, l'armement et la transition énergétique, pour les batteries électriques ou les éoliennes. Selon le Service national de géologie du Danemark et du Groenland, il possède 36,1 millions de tonnes de ressources de terres rares.
Et enfin, selon l'expert, "il appartient géographiquement à l’Amérique du Nord, ce qui, dans la grille de lecture trumpienne du monde, en fait une partie de l’hémisphère occidental donc de la zone d’influence américaine".
L'intérêt de Washington pour cette terre de glace stratégique s'est accru face aux velléités de la Russie et de la Chine qui ont renforcé leur position dans la région arctique. Le mois dernier, le président américain s'était plaint que des navires russes et chinois soient "partout" le long des côtes du Groenland.
"Le territoire est au débouché de la route maritime du Nord-Est qui permettra sans doute aux navires chinois de rallier l'Europe avec un gain de temps de 30% sur les routes actuelles (via le canal de Suez)", explique Cyrille Bret. Et d'affirmer : "Comme la base américaine (Camp Century) actuellement installée sur le territoire permet de contrôler la mer de Baffin (ouest), et que le contrôle de l'est (mer de Norvège) est essentiel, on peut s'attendre à une pression accentuée de la part de Donald Trump sur le Danemark et le Groenland."
D'après l'expert en géopolitique, la prise du Groenland par les États-Unis serait un "camouflet pour le Danemark", mais aussi "un nouveau signal à la Chine en faveur d’un opération contre Taïwan". À peine quelques jours avant l'opération visant Nicolás Maduro, Pékin, qui revendique Taïwan comme partie intégrante de son territoire, a conduit autour de l'île des simulations de blocus et d'attaques contre des cibles maritimes.
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