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Pourquoi la culture de la betterave divise producteurs et écologistes

ÉDITO - Alors que la culture de la betterave fait face à la concurrence internationale, le Parlement réfléchit à ré-autoriser les néo-nicotinoïdes, pourtant nocifs pour l'environnement.

Des betteraves sucrières (illustration)
Des betteraves sucrières (illustration)
Crédit : MYCHELE DANIAU / AFP
Pourquoi la culture de la betterave divise producteurs et écologistes
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Yves Calvi_
Yves Calvi - édité par Louis Chahuneau

Le Parlement examine ce lundi 5 octobre un projet de loi sur les néo-nicotinoïdes. Interdits depuis 2016, ils pourraient être ré-autorisés pour la culture de la betterave, utilisée pour la fabrication du sucre. En France, il y a 21 usines sucrières, ce qui fait de nous le premier pays producteur de sucre européen. La France en exporte même pour un milliard d'euros par an.


Problème, c'est le seul produit qui permet de lutter contre le puceron vert qui donne la "jaunisse de la betterave". Depuis 2016, les cultures ont perdu 40% de leur rendement sur les surfaces touchées. Les agriculteurs se disent menacés, tout comme les 90.000 emplois directs et indirects générés par ce secteur.

La haute toxicité de cet insecticide est prouvée par de nombreuses études. Il attaque le système nerveux des abeilles et les désorientent, alors qu'elles permettent pourtant la pollinisation des cultures. Cet insecticide est coupable d'avoir conduit à la disparition des trois quarts des insectes volants depuis trente ans. Et il n'y a pas de produit de substitution. 

Concurrence effrénée

Les quotas pour le sucre en Europe ont disparu en Europe. Le sucre du Brésil et de l'Inde exercent donc une forte concurrence, les prix ont baissé de 50%, sept usines ont déjà fermé en Europe dont quatre en France. Or, pour concurrencer ces exportateurs, la filière doit faire appel à la chimie.

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Le gouvernement veut donc accorder une dérogation à la filière. Mais les écologistes dénoncent un acte qui ne ferait que prolonger un productivisme de toute façon condamné. La voie de sortie serait donc le bio, la qualité, et l'indemnisation des producteurs le temps d'organiser la transition.

De leur côté, les producteurs redoutent leur disparition. Or, nous importerions du sucre étranger produit dans de mauvaises conditions. On perdrait donc sur l'emploi et l'écologie. Toucher à cet insecticide pourrait donc amener encore plus d'effets pervers qui peuvent compliquer la transition écologique. Un vrai casse-tête pour le gouvernement.

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