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Mort de George Floyd : les manifestations continuent malgré le ton martial de Trump

Alors que Donald Trump menace d'envoyer l'armée, le mouvement de contestation continue aux États-Unis après la mort de George Floyd, un Afro-américain asphyxié sous le poids d'un policier blanc.

Un homme face à la police, à Washington, lors d'une manifestation pour George Floyd le 1er juin 2020
Un homme face à la police, à Washington, lors d'une manifestation pour George Floyd le 1er juin 2020 Crédit : OLIVIER DOULIERY / AFP
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Camille Sarazin et AFP

Le mouvement de colère contre le racisme et les brutalités policières s'est poursuivi tard dans la nuit de mardi à mercredi 3 juin aux Etats-Unis malgré les pillages, les affrontements avec la police et le ton martial de Donald Trump, déterminé à restaurer l'ordre en recourant si besoin à l'armée.

Neuf jours après la mort à Minneapolis de George Floyd, un homme noir asphyxié par un policier blanc, la vague de contestation historique ne s'apaise guère. Cet homme de 46 ans est décédé le 25 mai en répétant "I can't breathe" ("Je ne peux pas respirer"), gisant par terre, menotté et avec le cou sous le genou d'un policier dont les collègues sont restés passifs. Les autopsies ont confirmé que la mort était due à la pression au niveau de son cou.

À New York ou Los Angeles, des manifestants ont fait fi du couvre-feu jusque tard dans la nuit. L'heure passée, des centaines de manifestants, noirs et blancs, ont continué à protester pacifiquement à New York, scandant "George Floyd, George Floyd" ou "Black Lives Matter!" ("la vie des Noirs compte"). Pour Tazhiana Gordon, une infirmière noire de 29 ans, le couvre-feu "est un outil pour empêcher les gens de manifester plutôt que d'arrêter les gens qui commettent des crimes".

Une "situation très calme", a tweeté le maire Bill de Blasio dans la soirée, "jusqu'ici, le couvre-feu est certainement utile, sur la base de ce que j'ai vu à Brooklyn et Manhattan ces trois dernières heures".

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Au moins 60.000 personnes avaient auparavant rendu hommage pacifiquement à la victime à Houston au Texas où George Floyd a grandi et sera enterré la semaine prochaine. "Nous voulons qu'ils sachent que George n'est pas mort en vain", a lancé le maire, Sylvester Turner.

Ouverture d'une enquête au Minnesota

À Minneapolis au Minnesota, le calme régnait. "Je veux qu'on lui rende justice parce qu'il était bon, peu importe ce que les gens pensent, c'était quelqu'un de bien", a lancé en pleurs Roxie Washington, mère de la fille de George Floyd, âgée de six ans.

Le Minnesota a annoncé l'une des premières initiatives concrètes en réponse aux demandes des manifestants, avec l'ouverture d'une enquête sur la police de Minneapolis. L'enquête examinera de possibles "pratiques discriminatoires systémiques" durant les dix dernières années, a tweeté le gouverneur Tim Walz.

Des manifestations pacifiques à Washington

À Washington, plusieurs milliers de personnes, dont la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, ont manifesté pacifiquement jusqu'à bien après le couvre-feu de 19 heures. Les télévisions ont montré des tirs de gaz lacrymogène par la police après minuit mais la situation semblait globalement calme. Une manifestante âgée de 18 ans, Jada Wallace, confiait : "Je suis fatiguée d'avoir peur de la police et de ne pas obtenir justice."

Lundi près de la Maison Blanche, la police avait dispersé à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc de nombreux manifestants pour permettre au président Donald Trump de gagner à pied une église emblématique dégradée la veille. Un geste dénoncé par des dirigeants protestants et catholiques comme un coup de communication "moralement répugnant". Le ministre de la Défense s'est désolidarisé de cette mise en scène

Réponse martiale de Trump

Depuis une semaine, les troubles se sont propagés dans plus d'une centaine de villes américaines, avec des milliers d'arrestations et plusieurs morts. Donald Trump a rendu hommage mardi soir à un ancien policier tué sur une scène de pillage à St-Louis, dans le Missouri.

Lundi soir, le président avait annoncé le déploiement de "milliers de soldats lourdement armés" et policiers à Washington pour mettre fin "aux émeutes" et "aux pillages". Il avait aussi appelé les gouverneurs à "dominer les rues", menaçant sinon d'envoyer l'armée.

Joe Biden, candidat démocrate à la présidentielle du 3 novembre, l'a accusé mardi d'avoir "transformé ce pays en un champ de bataille miné par de vieilles rancunes et de nouvelles peurs", promettant de "guérir les blessures raciales qui meurtrissent notre pays depuis si longtemps".

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