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Le président américain Donald Trump en marge de son discours sur l'état de l'Union devant le Congrès, le 24 février 2026 à Washington.
Crédit : Nathan Posner / ANADOLU / Anadolu via AFP
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Avec 1h47 d'allocution, Donald Trump a prononcé mardi 24 février devant le Congrès américain le plus long discours sur l'état de l'Union, dépassant celui de 1h20 du démocrate Bill Clinton en 2000. Le président républicain a également battu son record de l'an dernier pour un discours présidentiel devant le Congrès, qu'il avait prononcé quelques semaines après son investiture et qui n'était pas techniquement un discours sur l'état de l'Union.
Iran, réforme sur la fraude électorale, droits de douane... Le dirigeant républicain a balayé tous les sujets chauds dans l'actualité, face notamment aux champions olympiques américains de hockey, accueillis en héros à Washington, et à l'ancien candidat à la présidence vénézuélienne, Enrique Marquez, récemment libéré. Il avait également convié Erika Kirk, veuve de l'influenceur pro-Trump Charlie Kirk, assassiné en septembre et dont la Maison Blanche, au diapason de la droite chrétienne, a fait un "martyr".
À noter que cette prise de parole a été également marquée par l'expulsion de l'élu démocrate afro-américain Al Green, après avoir brandi une pancarte sur laquelle on pouvait lire "Les Noirs ne sont pas des singes", faisant référence à une vidéo raciste partagée ce mois-ci par Donald Trump dépeignant l'ancien président Barack Obama et son épouse Michelle en singes.
Donald Trump a accusé l'Iran de concevoir des armes capables de frapper le sol américain, affirmant toutefois qu'il privilégiait la voie diplomatique avec Téhéran. La République islamique a "déjà développé des missiles qui peuvent menacer l'Europe et nos bases" militaires et "travaille à bâtir des missiles qui pourront atteindre bientôt les États-Unis", a-t-il déclaré, lui qui a massé une imposante armada militaire dans la région du Golfe.
"Ils avaient été avertis de ne plus tenter à l'avenir de reconstituer leur programme d'armement, en particulier les armes nucléaires. Pourtant, ils continuent et poursuivent à l'heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires", a-t-il ajouté. "Ma préférence va à une résolution de ce problème par la diplomatie, mais une chose est sûre : je ne permettrai jamais au principal soutien mondial du terrorisme de se doter d'une arme nucléaire".
"Nous sommes en négociations avec eux. Ils veulent conclure un accord, mais nous n'avons pas encore entendu ces mots clés: 'Nous n'aurons jamais l'arme nucléaire'", a encore affirmé le successeur de Joe Biden.
Donald Trump a annoncé que son pays avait reçu plus de 80 millions de barils de pétrole de la part du Venezuela, "notre nouvel ami et partenaire". Depuis la capture par les États-Unis le 3 janvier du président vénézuélien Nicolas Maduro, désormais déchu, Washington s'efforce de contrôler l'exploitation des énormes réserves d'hydrocarbures du pays d'Amérique du Sud. La production y est actuellement plafonnée à environ un million de barils par jour, après des décennies de sous-investissement qui ont laissé les infrastructures en piteux état.
Le dirigeant américain a également salué les relations nouées avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez.
Donald Trump a jugé "très regrettable" la récente décision de la Cour suprême invalidant une vaste partie de ses droits de douane, devant quatre des magistrats qui ont rendu ce jugement historique. Le ton du chef de l'Etat était toutefois nettement plus mesuré que dans les heures suivant la décision. Il avait alors accusé la Cour d'avoir cédé face à des "influences étrangères", qualifiant les juges qui se sont prononcés contre ses droits de douane d'"idiots" et de "caniches" au service de la gauche "radicale".
Le président américain a déjà remis en place une nouvelle surtaxe de 10%, sur les produits entrant aux États-Unis. Celle-ci expirera au bout de 150 jours sauf si un vote du Congrès lui permet de les rendre pérennes. Selon lui, les alternatives qui lui restent pour imposer des droits de douane sont "un peu plus complexes mais en fait probablement meilleures", et n'ont pas besoin de l'approbation des parlementaires.
Il a réaffirmé qu'il espérait que les recettes de ces taxes sur les produits importés permettent à terme de remplacer l'impôt sur le revenu.
Donald Trump a vanté le "redressement historique" de l'Amérique un an après son retour au pouvoir, dressant un tableau idyllique des États-Unis malgré le ressentiment de nombreux Américains.
"Après seulement un an, je peux dire dignement et fièrement que nous avons accompli une transformation sans précédent et un redressement historique", a déclaré le président américain dans son "discours sur l'état de l'Union", affirmant : "Notre pays est de retour". "L'inflation chute, les revenus augmentent vite, l'économie est florissante comme elle ne l'a jamais été", a-t-il encore dit sous les applaudissements des élus de son Parti républicain scandant "USA, USA, USA".
"Les Américains n'ont jamais vu un discours sur l'état de l'Union aussi déconnecté de la réalité", a cinglé dans un communiqué le chef de file des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, dénonçant "un quotidien marqué par des coûts plus élevés, des logements inabordables, plus de chaos, et plus de corruption".
Donald Trump a demandé au Congrès américain d'approuver sa réforme sur la fraude électorale, qui exige que chaque électeur présente une pièce d'identité pour pouvoir voter, lors de son discours de politique générale devant les parlementaires. "Je vous demande d'approuver le Save America Act [la loi 'Sauvez l'Amérique'], afin d'empêcher les étrangers en situation irrégulière - et autres personnes sans papiers - de voter lors de nos élections américaines sacrées", a dit le président américain, ajoutant que "la triche est galopante dans nos élections", une allégation infondée qu'il répète souvent.
Ce sujet épineux - surtout depuis l'attaque du Capitole du camp trumpiste après la défaite lors de l'élection de 2020 - est un serpent de mer outre-Atlantique, où des millions de personnes en âge de voter ne possèdent pas de tel document.
Début février, la Chambre des représentants, à majorité républicaine, a approuvé cette proposition de loi qui imposerait à toute personne en âge de voter de présenter en personne une preuve de citoyenneté, comme un passeport ou un certificat de naissance, afin de s'inscrire sur les listes électorales. Elle imposerait également de présenter une pièce d'identité avec photo au moment de voter, ce qui n'est pas le cas actuellement dans une grande majorité des États.
Mais le texte fait face à un obstacle de taille au Sénat, où 60 voix seraient nécessaires pour l'adopter. Les républicains n'y disposent que de 53 voix sur 100, et les démocrates s'opposent fortement à ces réformes, affirmant qu'elles ont avant tout pour but de mettre des barrières au vote aux populations issues de minorités, moins susceptibles de posséder une pièce d'identité.
Donald Trump a annoncé mardi son vice-président JD Vance était désormais chargé de mener la "guerre contre la fraude" aux aides sociales, qu'il a imputée aux migrants et localisée dans certains Etats, tous démocrates. Il s'en est une nouvelle fois violemment pris à la communauté somalienne du Minnesota, dont des membres ont été mis en cause dans un vaste scandale.
"Les pirates somaliens qui ont pillé le Minnesota nous rappellent qu'il existe de nombreuses régions dans le monde où la corruption et l'anarchie sont la norme, et non l'exception", a dit Donald Trump. "L'importation de ces cultures par le biais d'une immigration incontrôlée et de frontières ouvertes fait naître ces problèmes ici même, aux États-Unis. Et ce sont les Américains qui en paient le prix", a-t-il poursuivi, faisant un lien avec l'augmentation des frais médicaux ou encore de la criminalité. "Nous allons nous occuper de ce problème, nous sommes sérieux", a-t-il ajouté.
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