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RTL en immersion sur le porte-avions Charles de Gaulle qui se prépare à une guerre de haute intensité

Notre journaliste a pu se rendre sur le porte-avions Charles de Gaulle, actuellement dans la Manche, pour suivre un exercice.

Un Rafale Marine prêt à être catapulté depuis le porte-avion Charles de Gaulle, en février 2026.

Crédit : Emilie Baujard / RTL

RTL en immersion sur le porte-avions Charles de Gaulle qui se prépare à une guerre de haute intensité

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Emilie Baujard

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L'arrivée se fait de nuit, en hélicoptère, sur le porte-avions qui se trouve dans la Manche. Il pleut, il y a beaucoup de houle et de vent. Malgré les conditions, l'exercice se poursuit. Une dizaine d'avions de chasse Rafale sont catapultés depuis le pont d'envol. Dans le ciel, les avions simulent du combat aérien. 

Le but : gagner la supériorité aérienne, c'est-à-dire maîtriser le ciel.  "Le but, c'est la destruction des avions adverses", explique le capitaine de frégate Sébastien, commandant du groupe aérien embarqué. "N'importe quel conflit commence par une maîtrise. La maîtrise des mers, la maîtrise des airs pour ensuite pouvoir opérer à partir de la terre."

Un avion toutes les 30 secondes

Les équipes peuvent catapulter un avion toutes les 30 secondes - un ballet orchestré à la minute près par le capitaine de frégate François, chef du pont d'envol : "Faire partir 10 Rafale, c'est facile", explique-t-il. "Maintenant, il faut les récupérer. Et dans une heure et demie, il faut que le bateau soit prêt. Parce que les avions, eux, ils vont arriver à court de carburant et ils ne vont pas attendre."

Une heure et demie plus tard, les Rafale reviennent, sauf un, qui ne réussit pas à aponter malgré ses cinq essais. Il part se poser à Évreux et reviendra le lendemain midi.

Un Rafale Marine sur le pont d'envol du porte-avions Charles de Gaulle, en février 2026.

Crédit : Emilie Baujard / RTL

Il faut dire que nous nous trouvons en pleine tempête et qu'il est rare que le porte-avions se trouve dans cette partie du monde. Depuis sa mise en service en 2001, le navire de guerre a surtout connu les eaux de Méditerranée et de l'Océan Indien. De la Manche, il ira ensuite vers la mer du Nord. Il a donc traversé la tempête de la semaine dernière sur la côte Atlantique.

"L'environnement est très différent", commente le contre-amiral Thibault De Possesse. "Il ne vous a pas échappé qu'il ne fait pas très beau. Et ça a un énorme impact non seulement sur les vols des aéronefs, mais aussi surtout sur la capacité à les catapulter. Et donc oui, on s'entraîne à opérer dans des conditions météorologiques qui sont un peu plus difficiles."

Sur le porte-avions Charles de Gaulle dans la Manche, en février 2026.

Crédit : Emilie Baujard / RTL

Un signal pour les adversaires

Le porte-avions français est le seul porte-avions nucléaire d'Europe. Sa trajectoire est donc toujours scrutée par nos alliés, mais aussi par nos compétiteurs. Son déplacement, ses missions sont toujours un signalement stratégique, c'est-à-dire un signal qu'on envoie à l'adversaire.

"La particularité d'un porte-avion, c'est sa capacité à être imprévisible du jour au lendemain, à pouvoir surprendre l'adversaire", prévient le capitaine de frégate Sébastien. "Par exemple, un porte-avions, ça se déplace de 1.000 kilomètres par jour. Vous venez de Paris aujourd'hui, demain le porte-avions est à Copenhague. Et ensuite, les avions font 2.000 kilomètres. Vous tracez ces cercles et vous avez la puissance que ça peut représenter ou la menace dans un conflit que ça fait peser."
Et le Charles de Gaulle n'est jamais seul en mer. Il fait partie de ce qu'on appelle le groupe aéronaval, qui assure son soutien et sa protection : plus d'une dizaine de frégates et un sous-marin se trouvent en permanence autour de lui. Tous ces bâtiments sont partis pour une mission de plusieurs mois en Atlantique Nord et en Mer Baltique. La première dans cette partie du monde pour le Charles de Gaulle, dans un contexte marqué par les tensions avec la Russie et les menaces du président américain sur le Groenland.

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