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2 min de lecture
JD Vance, en Caroline du sud, le 1er mai 2025.
Crédit : Kevin Lamarque / POOL / AFP
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Seulement âgé de 41 ans et regard translucide, JD Vance, père de famille et fervent catholique apprend très vite. Il ne s'est pas encore exprimé après la rencontre sur le Groenland mercredi soir, mais l'avait fait il y a une semaine : "Je conseille aux dirigeants européens et aux autres de prendre très au sérieux le président des États-Unis sur le Groenland, plus au sérieux la sécurité de cette zone".
Tout s'est déroulé à huis clos hier soir. Peut-être pour éviter une mauvaise mise en scène, comme celle de l'humiliation publique infligée au président ukrainien Volodymyr Zelensky en février dernier.
Aux côtés de Donald Trump, le vice-président s'était aussi montré très agressif : "Avez-vous dit merci une seule fois ? Soyez reconnaissant envers les États-Unis et le président qui essaie de sauver votre pays !"
L'élève n'est-il pas en train de dépasser le maître ? La question paraît légitime quand on voit comment JD Vance s'adressait également avec mépris et arrogance aux Européens il y a presque un an, lors de a conférence de Munich sur la sécurité : "La menace qui m'inquiète le plus concernant l'Europe, ce n'est pas la Russie, la Chine ou un autre pays. C'est la menace de l'intérieur, l'abandon de valeurs fondamentales en commun avec les États-Unis".
Des Européens devenus "faibles", "hypocrites" et "incapables de gérer l'immigration", selon lui. La seule qui trouve grâce à ses yeux est la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, comme Trump, bien sûr. Ce dernier est devenu un véritable mentor pour Vance.
Le vice-président reprend, presque à l'identique, la façon de parler de son "père spirituel", mais également sa façon d'humilier et d'attaquer ses adversaires politiques durant ses prises de parole.
Il était avocat et homme d'affaires lors de la première campagne présidentielle de Trump en 2015-2016. Pourtant, à l'époque, ce républicain classique ne retient pas ses coups : "Je ne suis pas pro-Trump. Je ne l'ai jamais aimé. Je ne le supporte pas. Je pense qu'il est nocif et qu'il pousse la classe ouvrière blanche dans une zone très sombre".
JD Vance, enfant pauvre délaissé par une mère toxicomane, ancien marine et diplômé de Yale, est alors déjà très médiatisé. Son autobiographie rencontre un très gros succès. Pourtant, il se retrouve pris au piège : le républicain souhaite se lancer en politique et briguer le poste de sénateur de l'Ohio où il est né. Mais sans le soutien de Trump, c'est mission impossible.
Je ne pensais pas qu'il soit un si bon président. Lorsqu'il a été en poste, les salaires ont augmenté, le monde était plus paisible
JD Vance
Le néo-politicien n'a alors pas hésité à changer son fusil d'épaule : "J'ai expliqué aux Américains ce qui avait changé. Je ne pensais pas qu'il soit un si bon président. Lorsqu'il a été en poste, les salaires ont augmenté, le monde était plus paisible", indiquait-il.
Le voilà désormais bras droit et doublure du président, et apparaît de plus en plus aujourd'hui comme l'héritier naturel. Un autre Trump, peut-être en pire.
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