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Légalisation de l'avortement en Argentine : ces pays où l'IVG n’est pas autorisée

Comme en Argentine avant la décision de ce mercredi 30 décembre, de nombreux pays restreignent la possibilité d'avorter, sur tous les continents.

Une manifestation en faveur du droit à l'IVG à Paris en janvier 2015
Une manifestation en faveur du droit à l'IVG à Paris en janvier 2015 Crédit : LIONEL BONAVENTURE / AFP
Coline Daclin Journaliste

Après plus de douze heures de débat au Sénat, l'Argentine a adopté ce mercredi 30 décembre une loi légalisant l'avortement. L'interruption volontaire de grossesse (IVG) sera désormais possible jusqu'à 14 semaines de grossesse. Elle n'était avant cela permise qu'en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère, selon une loi datant de 1921.  

Déjà en 2018, la Chambre des députés avait donné de l'espoir aux féministes du pays en approuvant une loi sur l'IVG. Mais elle avait été retoquée par le Sénat. C'est donc pour les Argentines la fin d'un long combat pour obtenir le droit d'avorter, et ainsi d'éviter des grossesses non désirées.

Si le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme considère que "la pénalisation de l’avortement et l’impossibilité d’accéder adéquatement aux services d’interruption de grossesse non désirée sont des formes de discrimination basée sur le sexe", de nombreux pays continuent à interdire l'IVG. 

En Amérique latine et en Afrique, peu de légalisation

En Amérique latine, l'Argentine devient ainsi l'un des rares pays à autoriser l'avortement, avec l'Uruguay, le Guyana, Cuba et la Guyane française. Ailleurs, il est ou interdit purement et simplement comme au Nicaragua, ou autorisé uniquement en cas de risque pour la vie de la mère, de viol ou de non-viabilité du fœtus, comme au Chili ou au Brésil. Dans ce dernier pays, dirigé par Jair Bolsonaro, les femmes qui demandent à avorter doivent désormais voir l'embryon ou le fœtus sur une échographie avant, rapporte Le Monde.

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Sur le continent africain aussi, l'IVG est peu autorisée, à part en Afrique du Sud, en Tunisie et sous certaines conditions au Mozambique. Il est illégal dans l'immense majorité des autres pays comme au Congo, en Égypte, Guinée-Bissau, ou à Madagascar par exemple, avec seulement quelques exceptions en cas de risques pour la mère ou de viol. 

En Asie, la législation de la Corée du Sud devrait prochainement évoluer. La plus haute juridiction du pays a considéré en avril 2019 que l’interdiction de l’avortement était anticonstitutionnelle. Un projet de loi a été présenté en octobre dernier pour l'autoriser jusqu’à quatorze semaines de grossesse. Les Philippines et le Laos interdisent également l'IVG. Au Moyen-Orient, il est aussi largement illégal, sauf en Turquie. En 2012, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a toutefois déclaré qu'il considérait l'avortement comme un "meurtre", et de nombreux hôpitaux ne le pratiquent plus, indiquait en 2019 Le Figaro.

Aux États-Unis et en Europe, l'IVG parfois menacé

Du côté de l'Océanie, la Nouvelle-Zélande n’a dépénalisé qu’en mars 2020 l’avortement. Le dernier Etat opposé à l'IVG en Australie, la Nouvelle-Galles du Sud, l'a autorisé en septembre 2019. Dans les îles Palaos, il est encore proscrit.

Aux États-Unis, l'avortement est légal. Mais certains Etats, comme l’Alabama, la Géorgie ou le Tennessee ont adopté des lois qui le restreignent dans les faits. Ainsi, de nombreuses femmes doivent se rendre dans un Etat voisin pour avorter.

Enfin, en Europe, il existe encore quelques bastions anti-avortements. L'Irlande par exemple, ne l'a autorisé que fin 2018. En Andorre, à Saint-Marin, à Malte ou au Vatican, il est interdit. En Pologne aussi, la législation sur l'avortement est stricte : selon une loi de 1993, il n'est autorisé qu'en cas de viol ou d'inceste, lorsque la vie de la mère est en danger ou en cas de malformation grave du foetus. En octobre dernier, le Tribunal constitutionnel a proscrit cette dernière disposition, déclenchant une vague de protestations dans tout le pays. La décision a finalement été suspendue.

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