2 min de lecture Turquie

Erdogan veut voir les Français "se débarrasser du problème Macron"

Le président turc a écrit un épisode de plus au feuilleton des attaques portées envers Emmanuel Macron depuis plusieurs mois.

Recep Tayyip Erdogan en octobre 2016 à Ankara (Turquie).
Recep Tayyip Erdogan en octobre 2016 à Ankara (Turquie). Crédit : ADEM ALTAN / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan n'est pas avare de déclarations incendiaires à l'encontre d'Emmanuel Macron, et ce depuis plusieurs mois. Alors que les deux chefs d'État s'opposent sur de nombreux dossiers, le leader de la Turquie attaque son homologue français, et a récidivé ce vendredi 4 décembre. "Macron est un problème pour la France". a-t-il lancé.

"Avec Macron, la France vit une période très dangereuse. J'espère que la France va se débarrasser du problème Macron le plus tôt possible", a déclaré Recep Tayyip Erdogan à des journalistes à Istanbul, après avoir participé à la prière du vendredi dans l'ex-cathédrale Sainte-Sophie transformée en mosquée en juillet.

Selon le président de la Turquie, si les Français ne se débarrassent pas d'Emmanuel Macron, ils "n'en finiront pas avec les 'gilets jaunes', qui pourraient devenir des 'gilets rouges'", a-t-il ajouté en référence au mouvement de protestation de fin 2018 en France.

Une escalade dans les propos d'Erdogan

Les deux gouvernement sont en opposition depuis plus d'un an, notamment à propos de la Syrie et de la Libye. Les tensions avec la Grèce en Méditerranée orientale sont aussi venues accentuer les conflits. Plus récemment le conflit entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie au Nagorny Karabakh a encore marqué les positions antagonistes entre Paris et Ankara.

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Mais les tensions ont été exacerbées en octobre lorsque le président Erdogan a mis en cause la "santé mentale" d'Emmanuel Macron, l'accusant de mener une "campagne de haine" contre l'islam pour avoir défendu le droit de caricaturer le prophète Mahomet et pour son discours contre le "séparatisme" islamiste en France.

Recep Tayyip Erdogan a affirmé vendredi que la France, qui copréside le groupe dit de Minsk chargé de favoriser un règlement au conflit entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie, avait "perdu son rôle de médiateur" après que le Sénat et l'Assemblée nationale français ont adopté des résolutions favorables à une reconnaissance du Nagorny Karabakh.

"Mon cher ami Aliev (le président azerbaïdjanais Ilham Aliev) a donné un conseil aux Français leur disant que s'ils aiment tant les Arméniens, ils n'ont qu'à leur donner Marseille. Moi aussi, je leur donne le même conseil", a-t-il ajouté.

Pas encore de sanctions de l'UE

En septembre, Emmanuel Macron avait de son côté également estimé que "le peuple turc, qui est un grand peuple, mérite autre chose". Une allusion aux actions de son homologue, qu'il ne partage pas. Ankara avait vivement réagi à ces propos, qu'il a perçus comme une tentative de dresser le peuple turc contre le président Erdogan.

La France agite depuis plusieurs semaines la menace de sanctions de l'Union européenne contre la Turquie, notamment en raison des travaux d'exploration gazière menés par Ankara en Méditerranée orientale dans des zones maritimes disputées avec la Grèce et Chypre.

L'Union européenne a condamné vendredi la poursuite des "actes unilatéraux" et la "rhétorique hostile" de la part de la Turquie, mais elle reste divisée sur la manière de sanctionner ces comportements lors du sommet européen du 10 décembre. L'UE avait adressé en octobre une proposition d'ouverture à Ankara, assortie d'une menace de sanctions si la Turquie ne cessait pas ses actions déjà condamnées par l'UE. Mais plusieurs États membres, dont l'Allemagne, sont opposés à l'adoption de sanctions, selon des responsables européens.

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