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Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 13 ans, climat, ouverture au Canada : ce qu'il faut retenir du discours d'Ursula von der Leyen sur l'état de l'Union

Lors de son discours sur l'état de l'Union, la présidente de la Commission européenne a défendu une Europe plus souveraine et plus protectrice, en annonçant des mesures sur l'économie, la Chine, le climat, la sécurité et la protection des mineurs en ligne.

Ursula von der Leyen lors de son discours le 16 septembre 2026.

Crédit : Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP

Eléonore Aparicio & AFP

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Ursula von der Leyen a livré ce mercredi 16 septembre au Parlement européen son discours annuel sur l’état de l’Union. Elle y a détaillé ses priorités pour les mois à venir et sa stratégie pour répondre aux principaux défis de l’Union européenne.
La présidente de la Commission européenne a ouvert son discours par un appel à défendre "l’idée européenne" face aux forces qu’elle juge hostiles à l’Union, des courants ultranationalistes à la désinformation et aux ingérences étrangères. Selon elle, ces menaces ont un même objectif : fragiliser les valeurs européennes et briser l’unité des Vingt-Sept.

Pour Ursula von der Leyen, la relance de l’économie européenne est la "priorité absolue". La présidente de la Commission met en avant la résilience de l’UE face aux crises, tout en admettant que les prix de l’énergie et les coûts d’emprunt continuent de peser sur l’activité. Elle appelle à concilier rigueur budgétaire et maintien de l’investissement. "Il faudra opérer des choix budgétaires clairs pour garantir la viabilité des finances publiques tout en préservant l’investissement", explique-t-elle. 

Un ton plus ferme face à la Chine

Ursula von der Leyen a affirmé que l'Union européenne utiliserait "tous les outils" à sa disposition pour réduire son déficit commercial avec Pékin. Elle a résumé sa position en une formule directe : "Parler, c'est bien. Agir, c'est mieux."


La présidente de la Commission a avancé un chiffre marquant : le déficit commercial de l'UE avec la Chine atteindrait désormais 1 milliard d'euros par jour. À ses yeux, la situation a atteint "un point de bascule". Elle a également dénoncé un "choc chinois" qui provoquerait une désindustrialisation dans plusieurs bassins industriels européens.

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Bruxelles attribue en grande partie ce déséquilibre à des pratiques jugées déloyales de la part de Pékin. L'exécutif européen a déjà engagé plusieurs initiatives pour protéger le marché unique, notamment avec une taxe sur les petits colis chinois et un doublement des droits de douane sur l'acier.

En parallèle, l'Union européenne maintient un canal de discussion avec les autorités chinoises. Ce dialogue est mené côté européen par le commissaire au Commerce Maros Sefcovic, face au ministre chinois Wang Wentao. Mais Ursula von der Leyen a clairement prévenu que ces échanges devront produire "des résultats". En cas d'échec, les Vingt-Sept ont déjà demandé à Bruxelles de renforcer encore l'arsenal européen de défense commerciale.

Une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 13 ans

La présidente de la Commission a aussi dévoilé une mesure très attendue sur la protection des mineurs en ligne. Elle propose une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 13 ans et des "mini-comptes" aux fonctions limitées pour les moins de 15 ans. "Pas de réseaux sociaux avant l'âge de 13 ans" et "pas de compte personnel avant 15 ans", a déclaré la présidente de la Commission, dans un discours solennel au Parlement européen.

Les enfants de 13 à 15 ans n'auraient accès qu'à des comptes installés et surveillés par leurs parents, avec des fonctionnalités restreintes et une durée d'utilisation limitée. Pour les 15-18 ans, les plateformes seraient tenues d'adopter une conception sécurisée. Ces mesures doivent encore obtenir l'accord des eurodéputés et des 27 États membres. Elles seront détaillées dans un projet de loi européen, l'"EU Kids Act", présenté à Strasbourg aux côtés de la commissaire chargée du Numérique, Henna Virkkunen.

Selon des documents consultés par l'AFP, le projet de loi s'appliquerait aux réseaux sociaux, aux assistants d'intelligence artificielle, aux chatbots et à d'autres jeux en ligne. Les restrictions liées à l'âge seraient accompagnées de nouvelles contraintes pour les opérateurs s'ils veulent rester accessibles aux mineurs, avec des amendes pouvant atteindre 6% de leur chiffre d'affaires mondial en cas d'infraction.

Parmi les obligations envisagées : supprimer les fonctions les plus addictives, comme le défilement illimité de contenus ou les recommandations ultra-personnalisées, et vérifier systématiquement l'âge des nouveaux utilisateurs.

Un plan de lutte contre les vagues de chaleur

Ursula von der Leyen a aussi annoncé un futur "plan européen de lutte contre les vagues de chaleur", après un été marqué par des canicules records. "L'été que nous venons de vivre ne peut se reproduire", a-t-elle lancé, en évoquant "plus de 35.000 décès supplémentaires" liés aux fortes chaleurs dans l'Union européenne. La présidente de la Commission plaide pour des systèmes d'alerte plus efficaces, une meilleure préparation sanitaire, davantage d'adaptation dans les villes et un soutien renforcé aux publics les plus vulnérables.

Plus largement, elle a assuré que "l'Europe peut, doit et va maintenir le cap sur ses objectifs climatiques". La Commission doit présenter fin octobre une loi sur la "résilience climatique", avec l'identification de 100 territoires jugés parmi les plus vulnérables. Ursula von der Leyen a également évoqué une future initiative européenne sur l'eau, pour répondre aux pénuries, ainsi qu'une alliance pour mieux assurer les risques liés aux catastrophes naturelles.

La création d'un conseil de sécurité européen

Ursula von der Leyen a aussi placé la sécurité au coeur de son discours. Après avoir rappelé que la paix est la "raison d’être" de l’Union européenne, elle a estimé qu’elle était désormais directement menacée. La présidente de la Commission a dénoncé la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, mais aussi la montée des menaces sur le sol européen. Elle a notamment évoqué l’attaque de drones à Leipzig, qu’elle attribue à des agents russes, en y voyant "une attaque dirigée non seulement contre un Etat membre, mais contre l’ensemble de [l’]Union". 

Face à cette nouvelle donne, Ursula von der Leyen appelle à repenser la stratégie de sécurité européenne. Elle juge les outils actuels insuffisants et propose la création d’un Conseil de sécurité européen réunissant l’UE, le Canada, la Norvège et le Royaume-Uni. Elle souhaite aussi mettre en place un "protocole de sécurité d’urgence", en complément de l’article 4 de l’Otan.

"Nous disposons déjà de nombreux outils et nous renforçons notre coopération avec l’OTAN. Toutefois, notre doctrine, nos institutions et nos processus décisionnels n’ont pas suivi l’évolution de la nouvelle réalité. Nos systèmes sont conçus pour un monde différent", a-t-elle déclaré

"Ouvrir la porte au Canada"

Le premier ministre canadien, Mark Carney, était présent dans l’hémicycle du Parlement européen, à Strasbourg, ce mercredi pour assister au discours d'Ursula von der Leyen. La présidente de la Commission européenne a indiqué vouloir "ouvrir la porte au Canada" pour qu'il devienne le premier "membre associé" de l'Union européenne. 

Elle met en avant des liens historiques et culturels étroits, un attachement commun à la démocratie, mais aussi une relation commerciale déjà solide, notamment à travers le CETA. Son objectif, dit-elle, est d'aller plus loin, avec la création d'un espace commun de prospérité et de sécurité économique. Ursula von der Leyen insiste enfin sur un point : "Ce n’est pas un partenariat contre qui que ce soit mais en faveur de nos forces communes", prévient-elle.

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