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La greffe
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Le nombre de personnes en attente de greffe ne cesse d'augmenter. En moins de dix ans, les patients sur cette liste d'attente ont progressé de 50%. Hier, le comité consultatif national d'éthique a donc ouvert la porte aux xénogreffes, ces pratiques qui consistent à greffer un organe d'animal.
C'est une pratique jusque-là interdite en France mais autorisée aux États-Unis. On a déjà transplanté chez des patients vivants des cœurs, des reins et même un foie qui provenaient tous de porcs génétiquement modifiés. Car si ce sont des animaux très proches de nous sur le plan anatomique et que les vaisseaux sanguins peuvent se connecter, le système immunitaire rejette un organe animal. Il faut donc modifier génétiquement ce rein de porc avant de pouvoir le transplanter.
Les progrès sont considérables : le record actuel de longévité d'une greffe de rein de porc est détenu par un Américain de 66 ans, qui a gardé son rein pendant presque neuf mois. Il s'agissait d'un patient avec une insuffisance rénale terminale devant avoir une dialyse, cette machine qui vise à remplacer les reins mais qui demande de faire des séances trois fois par semaine. Le précédent record était détenu par une Américaine qui l'avait gardé durant quatre mois. De quatre mois à neuf mois de greffe, les progrès sont très rapides.
Alors que se passe-t-il lorsque le rein de porc est rejeté ? Il existe actuellement deux cas de figure. Le premier est à titre occasionnel et expérimental, notamment pour les greffes de cœur. Lorsqu'il n'est pas possible de greffer un cœur, soit en cas de contre-indications ou d'absence de greffons, il est possible de procéder à des xénogreffes de quelques semaines.
Le rein serait une solution temporaire avant une greffe humaine classique. Le patient américain a été greffé d'un rein de porc pendant neuf mois, puis le rein a été rejeté, et il a reçu une greffe de rein humain.
Cette pratique pose cependant des questions éthiques. Est-ce que ces patients sont prêts à tout prix à se faire greffer, même un organe animal ? Il existe également des risques de transmission de virus d'animaux, qui doivent encore être analysés.
Il s'agit donc de motiver la greffe d'organe chez l'homme, en augmentant le don des personnes proches, ou le don des personnes anonymes. Pour l'instant, ce n'est pas encore le cas en France, et la recherche demeure expérimentale.
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