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"La France n'est pas une île" : François Lenglet explique comment Shein ou Temu contournent notre taxe sur les petits colis

EDITO - Depuis l'instauration de cette nouvelle taxe sur les petits colis en mars 2026, les grands acteurs chinois du commerce en ligne misent sur des stratégies de contournement bien précises pour l'éviter.

Un colis de livraison (illustration)

Crédit : Romain Longieras / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Non, la France n'est pas une île dans cette grande Europe

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Non, la France n'est pas une île dans cette grande Europe

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François Lenglet - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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Les plateformes chinoises comme Shein, Temu et AliExpress contournent allègrement la taxe sur les petits colis mise en place par Paris pour les pénaliser. Elles le font avec un système très simple, détaillé par le journal Les Échos le 17 avril 2026.
Au lieu d’expédier leurs marchandises directement en France, ces entreprises les adressent en Belgique, où il n’y a pas de taxe. Et comme la circulation des marchandises est libre au sein de l’Union européenne, les colis peuvent être facilement acheminés par la route en France, sans contrôle ni taxe.

Au premier mois de l’application de la taxe française en mars 2026, l’aéroport de Liège, en Belgique, a reçu 186 millions de petits colis, contre 109 millions par mois en moyenne l’année dernière. Une augmentation des arrivées aux Pays-Bas a aussi été constatée. 

La France n'a pas la maîtrise de sa politique fiscale

Une taxe européenne va bientôt voir le jour, à hauteur de 3 euros par envoi. Malgré cela, la France et l’Italie ont voulu anticiper seules. Le pays transalpin a depuis déjà renoncé, à cause de contournements identiques. De son côté, Paris maintient sa mesure malgré son échec. Ce dernier constitue une nouvelle illustration d’une règle d’airain en matière de fiscalité : le contribuable ne reste jamais sous le marteau qu’on lève pour le frapper.


En d'autres termes, un pays n’a pas la maîtrise de sa politique fiscale. Pour la France, sa liberté de taxer est bornée par le fait qu'elle n’est pas une île. On le constate avec les frontaliers français qui se rendent en Espagne pour faire leur plein d'essence car celle-ci est moins taxée, ou qui vont acheter leurs cigarettes dans les pays européens où l’État prélève le moins. 

À écouter aussi

Même son de cloche pour l’exil fiscal en Belgique ou en Suisse pour échapper aux prélèvements français, plus élevés. Le contribuable a des pieds, et il s’en sert.

Stratégies de contournement légales

Parfois, il n'est même pas nécessaire de s'exiler. Notre contribution sur les hauts revenus - prévue pour rapporter deux milliards en 2025 - n’a fourni cette année-là que 400 petits millions, parce que les contribuables visés ont développé des stratégies de contournement tout à fait légales.

Il semble difficile de pouvoir fermer toutes les échappatoires légales de l’optimisation. Même en cas de réussite, vous risquez de décourager les travailleurs ou d'inciter le travail au noir, autre grand exil fiscal. En clair, des impôts élevés, irréalistes ou mal conçus ne rapportent jamais autant qu’on le prévoit, parce que l’animal fiscal s’adapte. Ces prélèvements coûtent cher en termes de croissance.

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