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"Il faut que ça cesse" : après deux morts en quelques semaines, la colère des Américains gronde contre l'ICE, la police de l'immigration

Un infirmier de 37 ans est décédé samedi 24 janvier à Minneapolis, abattu par des agents fédéraux. Cette mort arrive près de trois semaines après celle d'une mère de famille, également tuée par un agent de l'ICE lors d'une intervention.

Des manifestants se rassemblent contre l'ICE à New York le 24 janvier 2026, après la mort par balle d'un homme par des agents fédéraux de l'immigration plus tôt dans la journée à Minneapolis, dans le Minnesota.

Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP

"Il faut que ça cesse" : après la mort d'Alex Pretti, la colère des Américains contre l'ICE

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Antoine Decarne & Marine Langlois & AFP

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"La police de l'immigration n'est pas la bienvenue". Même par moins 10°C, les manifestants s'époumonent dans les rues de New-York ce samedi 24 janvier où un rassemblement a été organisé en quelques minutes. En cause, la mort d'Alex Pretti, un infirmier de 37 ans abattu par des agents fédéraux à Minneapolis le jour même. 

"C'est injuste. Aujourd'hui, quand j'ai appris qu'une nouvelle personne a été tuée à Minneapolis, ça m'a bouleversée. J'ai pris tout de suite le métro, je suis venue ici et je me suis dit, il faut que ça cesse. Je pleure tout le temps maintenant, c'est complètement fou", témoigne Jill, une avocate, auprès de RTL. 

Elle n'est pas la seule à être sortie de chez elle pour manifester. Josh, grand manteau de fourrure sur le dos, s'est lui aussi spontanément rallié au cortège. "Honnêtement, je pense que je suis sous le choc. J'étais vraiment en colère dans le métro. Je crois que j'ai fait une crise de panique. J'ai beaucoup transpiré, mon cœur battait à toute vitesse", témoigne-t-il.  

"Maintenant que je suis ici, je suis déprimé et triste à cause de la perte de vie innocente. Si personne ne fait rien, vous savez, c'est terminé. Je ne sais pas à quoi peut ressembler la suite", ajoute Josh. 

Les agents de l'ICE "attaquent et terrorisent"

Alex Pretti est mort après une altercation avec des agents fédéraux sur une route samedi à Minneapolis. L'administration Trump a aussitôt affirmé que l'homme était armé et menaçant, mais les médias, qui ont analysé les vidéos, contestent cette version. Juste avant que la mort de cet Américain de 37 ans n'ait été confirmée par les autorités, le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, avait dénoncé "de nouveaux tirs atroces" par des agents fédéraux

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Ce nouveau décès arrive dans un contexte très tendu dans la ville du Minnesota : le 8 janvier dernier, Renee Good, une mère de famille de 37 ans, a été abattue au volant de sa voiture par un policier de l'ICE lors d'une intervention. Cette première mort a entraîné une vague de plusieurs manifestations à Minneapolis pour protester contre la police de l'immigration, un mouvement qui s'est étendu dans plusieurs villes américaines. 

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Malgré un appel au calme de la police locale, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés pour dénoncer ces violences dans un parc de Minneapolis samedi soir malgré le froid glacial. Maria, une habitante de 56 ans rencontrée dans la rue par l'AFP et qui n'a pas souhaité donner son nom de famille, dit être venue "soutenir les gens qui manifestent pacifiquement" et leur apporter des réchauffe-mains alors que la température est descendue sous les -20°C.  Mais la situation est en pleine "escalade", puisque les agents de l'ICE "attaquent et terrorisent" les habitants, affirme-t-elle. 

L'ICE sème "le chaos et la violence" pour Tim Walz

Des rassemblements de protestation ou d'hommages à Alex Pretti ont également eu lieu dans plusieurs villes de New York à Los Angeles, tandis que sur le plan politique les démocrates ont fait part de leur indignation, menaçant de bloquer le financement de l'État fédéral qui risque une nouvelle paralysie à la fin du mois. 

Le gouverneur démocrate du Minnesota, Tim Walz, a réclamé que les autorités locales, et non fédérales, prennent la tête des investigations. "On ne peut pas se fier à l'Etat fédéral", a-t-il affirmé, avant de fustiger l'ICE qui sème selon lui "le chaos et la violence". Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a appelé le président à mettre fin aux opérations de l'ICE dans sa ville et à "rétablir la paix". 

"Le maire et le gouverneur poussent à l'insurrection avec leur rhétorique pompeuse, dangereuse, et arrogante", a accusé de son côté sur sa plateforme Truth Social Donald Trump, pour qui il faut laisser la police de l'immigration "faire son boulot". 

Vendredi, des milliers de personnes avaient déjà défilé dans le centre de Minneapolis pour protester contre les opérations antimigrants de l'ICE, au moment où les autorités américaines tentaient de calmer l'indignation provoquée par la détention d'un garçon de 5 ans. 

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