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Guerre en Ukraine : civils, anciens militaires... Ces Français qui partent combattre au côté des Ukrainiens

TEMOIGNAGES - Plusieurs anciens militaires français, mais aussi des civils ont décidé de rejoindre l'armée ukrainienne pour se battre contre les Russes.

Des soldats français s'entraînent en Estonie, le 2 février 2022.
Des soldats français s'entraînent en Estonie, le 2 février 2022.
Crédit : EyePress News / EyePress via AFP
Guerre en Ukraine : ces Français prêts à combattre au côté des Ukrainiens
00:04:25
Guerre en Ukraine : ces Français prêts à combattre au côté des Ukrainiens
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Nicolas Burnens - édité par William Vuillez

L'Ukraine a appelé les volontaires étrangers à rejoindre son armée pour se battre contre les Russes. Ils seraient plus d'un millier à avoir déjà fait le voyage, provenant de 16 pays différents, selon le ministre des Affaires étrangères. Parmi eux, des Français, des anciens militaires, mais aussi des civils. RTL a approché, interrogé ces Français qui sont sur le point de partir et ils sont extrêmement motivés. 

Son sac est prêt, son départ est prévu dans moins de 24 heures. Visage juvénile, rasé de frais, Fabrice a 22 ans. Cet étudiant originaire de Lille a déjà servi quelques mois dans l'armée française. Il va quitter un pays en paix pour aller faire la guerre. "Moi, j'ai fait six mois d'armée de terre, dans le génie militaire. J'ai un gilet porte-plaques, il faut juste que j'achète les plaques balistiques, j'ai du matériel de combat. Poutine a réussi à faire quelque chose qui n'a pas été vu depuis 39/45. D'une nation souveraine, il a réussi à envahir une autre nation souveraine. C'est quoi la prochaine cible ?", dit-il. 

Son itinéraire est presque finalisé. Fabrice se rendra d'abord en voiture jusqu'à la frontière polonaise, avec d'autres volontaires chargés de nourriture et de médicaments. Ils se procureront ensuite des armes. "On n'aura pas de rôle offensif, on aura un rôle défensif. Si on se retrouve face à l'armée russe qui nous tire dessus, on sera prêt à riposter dans tous les cas. On est totalement conscient des risques qu'on va prendre. Quand j'ai vu ce qui se passait, ça tirait sur les hôpitaux, sur les maternités, etc. Et ça, c'est quelque chose qui nous motive encore plus à les aider", explique Fabrice.

"Je ne cache pas que j'ai peur"

Tous n'ont pas une expérience militaire, ils ne parlent pas forcément la langue et n'ont souvent jamais mis les pieds en Ukraine. David a encore de la peine à justifier son engagement. L'idée lui est venue sur un coup de tête. Cet intérimaire de 28 ans a déposé son dossier auprès de l'ambassade. 

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"J'ai envoyé un email où j'ai mis en avant toutes mes compétences professionnelles. Ma dernière profession était fossoyeur dans les pompes funèbres où j'ai fait du terrassement. Ça peut paraître dérisoire mais ça a marché puisqu'au bout de cinq minutes, ma candidature a été retenue avec un retour par mail de leur part", dit-il.

"Je ne cache pas que j'ai peur il faut voir la réalité en face. On ne sait pas quand est-ce qu'on revient et on ne sait pas si on revient, ça il faut en avoir conscience". Il explique que son voyage sera organisé par les autorités ukrainiennes et préfère ne pas donner de détails pour des raisons de sécurité. Il affirme qu'il sera équipé, formé, logé et recevra un salaire. Mais impossible de connaître le nombre de Français qui sont déjà arrivés sur place. 

Une pratique totalement légale

Alors une question se pose : les Français ont-ils le droit de s'engager auprès de l'armée ukrainienne ? La loi ne l'interdit pas formellement, même si l'État français le déconseille. L'Armée ukrainienne n'est pas considérée comme une organisation terroriste ou hostile. Ce n'est pas une ennemie de la France.

"Si ces Français libres de tout engagement, vont souscrire un contrat avec l'armée ukrainienne qui a l'air d'engager ces militaires au titre d'une sorte de légion étrangère, ce serait légal si elle respecte la Convention de Genève et qu'elle reste dans ce périmètre d'action là, ce champ légal", explique Élodie Maumont, avocate et spécialiste en droit militaire.

En revanche, les militaires en exercice ne peuvent pas s'engager auprès d'une armée étrangère. Ils seraient alors considérés comme déserteurs et risqueraient des sanctions pénales. Mardi, 14 légionnaires d'origine ukrainienne ont été interpellés à Paris dans un bus partant pour la Pologne. Les autorités françaises cherchent à savoir s'ils étaient sur le point d'aller se battre en Ukraine.  

Des dizaines de Français s'apprêtent à faire le voyage

D'ailleurs, par le passé, les Français qui ont combattu pour d'autres causes n'ont pas été inquiétés par les autorités. Ces dernières années, des Français d'origine arménienne ont par exemple pris part au conflit dans le Haut-Karabagh. D'autres ont combattu au côté des Kurdes face à l'État islamique. C'est le cas de William, dès 2015, cet officier de réserve a effectué plusieurs séjours en Irak et en Syrie.

"Étonnamment à mon retour, les services ne m'ont pas contacté, je suis passé entre les mailles du filet. En revanche, quand on est revenu à l'issue de notre deuxième tour, j'étais avec des gens un peu plus jeunes et on s'est fait remarquer, on a eu affaire à un interrogatoire à notre retour", dit-il.

À 52 ans, ce consultant informatique a retrouvé un travail et assure qu'il ne repartira pas combattre. Autre cause, autre époque, des dizaines de Français s'apprêtent désormais à faire le voyage en Ukraine vers ce qui s'annonce peut-être comme le plus grand conflit européen depuis les guerres de Yougoslavie. 

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