2 min de lecture Liban

Explosions à Beyrouth : un cargo russe est-il à l'origine du drame ?

ÉCLAIRAGE - Pendant six ans, 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium sont restées stockées dans un entrepôt du port de Beyrouth, après avoir été confisquées sur un cargo russe fin 2013.

Le port dévasté de Beyrouth, le 7 août 2020
Le port dévasté de Beyrouth, le 7 août 2020 Crédit : AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre Journaliste

Pour la première fois, un responsable libanais évoque la piste extérieure. Le président du pays, Michel Aoun, a affirmé vendredi 7 août que la terrible explosion au port de Beyrouth était due "soit à la négligence, soit à une intervention extérieure", évoquant l'hypothèse "d'un missile", voire "d'une bombe", alors que la piste de "l'accident" semblait jusque-là privilégiée.

Plus précisément, selon Michel Aoun, l'enquête s'attache a éclaircir trois points : "Premièrement, comment le matériau explosif est entré et a été stocké (...), deuxièmement, est-ce que l'explosion est le résultat d'une négligence ou d'un accident (...) et troisièmement, la possibilité qu'il y ait une interférence extérieure". Aucun élément n'étaye pour l'instant ce dernier volet : celui de l'origine de l'incendie initial.

S'agissant du deuxième, "négligence" ou "accident", au moins 16 fonctionnaires du port de Beyrouth et des autorités douanières ont été placés en détention. Il s'agit de "responsables du conseil d'administration du port dBeyrouth et de l'administration des douanes, et des responsables des travaux d'entretien et des (ouvriers) ayant effectué des travaux dans le hangar numéro 12".

Quant au premier point (comment le nitrate d'ammonium est entré), l'hypothèse de la cargaison confisquée d'un cargo russe battant pavillon moldave en 2013 est, à l'heure actuelle, la plus vraisemblable. 

L'hypothèse du cargo russe

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Les registres portuaires montrent en effet qu'un cargo, le Rhosus, provenant de Batoumi, en Georgie, a fait escale à Beyrouth le 20 novembre 2013. Le navire russe prévoyait alors de continuer sa route vers le Mozambique, avec à son bord 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium. Sauf que cette cargaison n'ira pas plus loin. 

Pourquoi a-t-elle été déchargée ? D'après des sources sécuritaires libanaises, alors que le cargo était en transit à Beyrouth, une firme libanaise aurait porté plainte contre la compagnie à laquelle le bateau appartenait, poussant la justice locale à saisir l'embarcation.

Selon le New York Times, le Rhosus, "enlisé dans un différend financier et diplomatique", sera abandonné par l'homme d'affaires russe qui avait affrété ce cargo vétuste conduit par "des marins mécontents", dont le capitaine était incapable de les payer. L'équipage restera 11 mois à quai. 

Le nitrate d'ammonium, lui, sera transféré en 2014 dans l'un des entrepôts du port de Beyrouth, le hangar numéro 12, où il languira pendant des années, jusqu'au 4 août dernier, où son explosion vraisemblable fera au moins 150 morts et plus de 5.000 blessés.

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