3 min de lecture États-Unis

États-Unis : une amende de 572 millions de dollars dans la crise des opiacés

Les laboratoires pharmaceutiques vont devoir payer pour leur responsabilité dans la dépendance aux antidouleurs. Un laboratoire a été condamné à payer un demi milliard, un autre propose de payer 10 à 12 milliards de dollars pour mettre fin aux procédures qui le visent.

Un air d'amérique - Corbé Un Air d'Amérique Philippe Corbé iTunes RSS
>
États-Unis : une amende de 572 millions de dollars dans la crise des opiacés Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
Philippe Corbé
Philippe Corbé
édité par Paul Turban

C'est une crise sanitaire que le Président Trump qualifie d'"urgence de santé publique" et qui a tué 400.000 personnes en moins de 20 ans. Il s'agit de la dépendance aux opioïdes, ou opiacés, des antidouleurs dérivés de l'opium. Les laboratoires pharmaceutiques vont devoir payer des milliards de dollars pour leur responsabilité dans cette crise. 

Il y a un cas célèbre des effets de ces médicaments consommés à l'excès : le chanteur Prince, mort d’une overdose d’opiacés. Ce sont des dérivées de l’opium, comme la morphine, la méthadone, mais aussi la Vicodin, Oxycodone, la codéine, etc. Prescrits par les médecins pour lutter contre la douleur, après une opération ou une blessure, ils peuvent créer une dépendance. 

Tous les patients ne sont pas concernés. Deux millions ont une forme de dépendance, à des degrés divers, mais en 2017, par exemple, 47.000 Américains sont morts après une overdose d’opioïdes. Autrement dit, il y a plus d’Américains qui meurent à cause des opioïdes que dans des accidents de la route ou à cause des armes.

Cette crise sanitaire frappe plutôt des territoires défavorisés de petites villes ou de zones rurales. Plutôt l’Amérique blanche. Plutôt dans des États qui votent Donald Trump. D’ailleurs, le Président en a fait une priorité. L’un des moments les plus sincères, les plus touchants de sa présidence, c’était à l’occasion d’un discours sur cette crise.

Les laboratoires mis en cause

Ce lundi 26 août, un juge a condamné le groupe Johnson & Johnson à verser 572 millions de dollars à l’État de l’Oklahoma pour avoir délibérément minimisé les dangers et sur-vendu les avantages de ces antidouleurs, dans des campagnes de marketing "mensongères, trompeuses et dangereuses" selon le juge. C’était le premier procès d’un groupe pharmaceutique pour sa responsabilité dans la crise. 

Mais des milliers d’affaires sont en cours. Et ce mardi 27 août, on a appris que le groupe Purdue, qui appartient à la famille Sackler, 19e fortune des États-Unis, et qui produit l’Oxycontin, l’un de ces antidouleurs les plus répandus, propose de payer 10 à 12 milliards de dollars pour mettre fin aux poursuites. 2.000 plaintes ont été déposées. Jamais une entreprise privée n’avait proposé autant d’argent pour sa responsabilité dans une crise sanitaire. 

Un coup d'épée dans l'eau ?

À lire aussi
États-Unis : La paye d'un employé gay baissée de moitié car il gagnait « plus que les autres femmes » homophobie
États-Unis : discriminé parce qu'homosexuel, un salarié porte plainte

Dans le cas de Johnson & Johnson, un demi-milliard de dollars à payer, ce n’est qu’une petite tape sur les doigts puisque le groupe risquait 17 milliards de dollars de dommages et intérêts. Ce demi-milliard ne représente que 4 % de leurs bénéfices nets de 2018. Si bien que quand l’amende, finalement modeste, a été annoncée, l’action Johnson & Johnson a pris 5 % sur les marchés. 

Dans le cas de Purdue, c’est un peu à prendre ou à laisser, car l’entreprise va se déclarer en banqueroute, donc en gros ils disent aux victimes, si vous ne prenez pas cet argent, vous n’aurez peut-être rien. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
États-Unis Laboratoire Médicaments
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants