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En Irlande, la passion du cheval se transmet de génération en génération

En Irlande, la passion du cheval est ancrée depuis des générations. Avec 160.000 chevaux, l’île est le premier producteur de pur sang en Europe, selon la revue Sphères.

Une course de chevaux sur la plage de Laytown beach, en septembre 2016
Une course de chevaux sur la plage de Laytown beach, en septembre 2016
Crédit : PAUL FAITH / AFP
L'Irlande, ou la passion du cheval
03:23
L'Irlande, ou la passion du cheval
03:23
Isabelle Choquet

Ce mardi, direction l'Irlande, sur les traces des "Pony Kids". Les westerns existent toujours, pour de vrai, mais très loin des grands espaces américains. Dans des banlieues miséreuses, de jeunes irlandais rebelles montent des chevaux de fortune et défient les autorités, rapporte la revue Sphères dont le dernier numéro est consacré aux cavaliers.

La République d’Irlande, c’est à peine cinq millions d’habitants, et près de 160.000 chevaux. L’île est le premier producteur de pur sang en Europe. La filière emploie des milliers de personnes. Les hippodromes sont pleins à craquer. Bref, l’Irlande, c’est passion cheval. Et pas seulement chez les gosses de riches. Au contraire.

La tradition est très ancrée dans les quartiers pauvres.
Ça date des années 70. À l'époque l’Etat irlandais a encouragé la sédentarisation des Irish Travellers, des gitans nomades qui se déplaçaient en roulotte. Les gitans se sont posés, la banlieue de Dublin s'est peuplée de chevaux. Pour le meilleur et pour le pire. 

500 chevaux saisis en 2018

Pour le pire, il suffit de pousser jusqu’au terrain vague de Dunsink. “Les gens abandonnent leurs chevaux là-haut", dit le député local du Sinn Fein. "Certains meurent faute de nourriture, ou parce qu’ils mangent des plantes toxiques”. Il faut dire que l’endroit n’a rien d’une verdoyante prairie. Une ancienne décharge à ciel ouvert, coincée entre un camp de gens du voyage, l’autoroute et la cité. Une centaine de bêtes errent dans cette friche.

Beaucoup sont abandonnés, mais certaines appartiennent à des gens du coin, qui les laissent là pour ne pas payer des frais d’hébergement. En 2018, près de 500 chevaux ont ainsi été saisis par la fourrière autour de Dublin. Pour récupérer son animal, il faut payer 1.200 euros. Mais racheter un cheval, c’est 10 fois moins cher. Alors la plupart des bêtes sont euthanasiées au bout de quelques jours. 

Courses et rodéos

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Les jeunes cow-boys flirtent aussi avec la légalité, en mode rodéo. L’an dernier, à l’ouest de Dublin, la nationale 7 a été coupée sur quatre voies par une course de trot sauvage, suivie par un convoi de voitures en délire. “Dans ces courses de Sulky, il y a beaucoup de compétiteurs amoureux de leurs chevaux", dit un policier, "mais aussi quelques criminels de haut-vol”. 

Des courses comme ça, il y en a environ une fois par mois en Irlande. Elles génèrent des paris astronomiques, jusqu’à 20.000 euros. Et ça peut virer au drame: en 2016, un enfant de 12 ans est mort en percutant un camion avec son attelage. 

Les problèmes se concentrent à Smithfield, un quartier du centre où se tient la foire aux chevaux. Depuis des générations, c’est le rendez-vous des gamins de banlieue qui perpétuent la tradition de l’équitation urbaine. “Ici on peut échanger une bourrique contre un paquet de cigarettes”, dit un habitué. 

Une passion intacte

Mais elle est loin la belle époque où chacun pouvait chevaucher son poney sans souci dans les rues de Dublin. Aujourd’hui, les autorités sont sur les dents. En 2011, une fusillade sur le marché a fait deux morts. Il y a aussi ces rumeurs insistantes, qui disent que les chevaux sont utilisés comme passeurs de drogue. “C’est devenu  bien difficile d’être un "pony kid", dit un nostalgique. 

Pourtant, la passion initiale n’a pas disparu. Le simple amour du cheval, le plaisir de monter, il faut aller les chercher au fond d’une allée, à Fingas. Là, dans ce quartier gangréné par la drogue, il y a une écurie, une vraie. La police a détruit le local de fortune des gamins du coin, alors un retraité philanthrope a reconstruit. 

Taylor, 14 ans, prend soin des montures et reprend le flambeau des mordus de trot attelé. “Mes parents sont contents que je vienne ici, dit-il, comme ça je ne traîne plus dans la rue”. Il n’aime pas l’école, il rêve de devenir vétérinaire.  “Les classes populaires ont du talent", dit le propriétaire, "mais elles n’ont pas confiance en elles. Et qui les aime à part leurs chevaux?”.

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