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Coronavirus en Turquie : le bilan humain a-t-il été sous-évalué ?

DÉCRYPTAGE - La Turquie est le pays du Moyen-Orient le plus durement touché par l'épidémie en terme de cas d'infections, devant l'Iran.

Illustration Istanbul
Illustration Istanbul Crédit : Ozan KOSE / AFP
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Thomas Pierre Journaliste

Longtemps, Recep Tayyip Erdogan s'est félicité de la gestion par la Turquie de la crise du coronavirus. Et tandis que son pays était lui-même durement touché par la pandémie, le président turc s'affichait à la tête d'une puissance humanitaire incontournable, distribuant du matériel médical à l'Italie et à l'Espagne, des kits de dépistage aux Palestiniens et même des médicaments à l'Arménie. 

Lundi 20 avril, Recep Tayyip Erdogan émettait même l'espoir d'un retour progressif à la normale après le mois de jeûne musulman du ramadan qui commence cette semaine. Officiellement, selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, près de 91.000 personnes ont été infectées et 2.140 sont mortes dans le pays.

Pourtant dans les faits, le bilan du Covid-19 pourrait bien être tout autre. Selon le New York Times, qui a compilé la totalité des décès enregistrés à Istanbul sur une période de cinq semaines, la Turquie serait "aux prises avec une calamité bien plus grande (...) que les chiffres et les déclarations officielles ne le suggèrent". 

30% de morts supplémentaires

En effet, entre le 9 mars et le 12 avril, la ville aurait, à elle-seule, enregistré environ 2.100 décès supplémentaires par rapport aux deux années précédentes, soit "bien plus que ce que les autorités ont signalé pour l'ensemble de la Turquie pendant cette période". 

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Certes, tous ces décès ne sont pas nécessairement attribuables au coronavirus, mais de tels chiffres indiquent une "augmentation saisissante du nombre de morts correspondant avec le début de l'épidémie", indique le quotidien. Au cours de ces cinq semaines, les décès à Istanbul auraient ainsi été "30% plus élevés que les moyennes historiques". Des chiffres qui suggèrent que l'épidémie serait bien plus grave qu'Ankara ne le laisserait entendre. 

La Turquie est le pays du Moyen Orient le plus durement touché par l'épidémie en terme de cas d'infections, devant l'Iran, selon l'Université Johns Hopkins. Un confinement obligatoire de quatre jours est de nouveau imposé à partir de jeudi dans les 31 plus grandes villes du pays.

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