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Syrie : retour sur des mois de conflits à Idleb et trois cessez-le feu

ÉCLAIRAGE - Le président turc a affirmé mercredi 11 mars que l'accord russo-turc de cessez-le-feu à Idleb avait été violé. Cette troisième tentative pour mettre en fin aux combats qui dure depuis avril 2019 avait été signée le 6 mars dernier.

Des rebelles syriens le 27 février 2020 à Saraqib dans la province d'Idleb, en Syrie.
Des rebelles syriens le 27 février 2020 à Saraqib dans la province d'Idleb, en Syrie. Crédit : Abdulaziz KETAZ / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre et AFP

L'accalmie aura été de courte durée. La région d'Idleb, théâtre d'une bataille acharnée et d'une grave crise humanitaire, connaissait depuis le 6 mars un bref répit. La veille, le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan étaient parvenus à un nouvel accord de cessez-le-feu. 

Alors que Damas tentait de reprendre des zones du nord-ouest de la Syrie échappant à son contrôle, Ankara a affirmé mercredi 11 mars que l'accord russo-turc avait "commencé à être violé", exhortant Moscou à "prendre des mesures" pour y remédier. 

Même si la Turquie soutient des groupes rebelles en Syrie et que la Russie appuie le régime de Bachar al-Assad, les deux pays coopèrent depuis plusieurs années sur le dossier syrien. Cet accord prévoyait pour la première fois des patrouilles communes entre Russes et Turcs. 

Depuis les offensives meurtrières lancées par le régime syrien contre le dernier grand bastion insurgé au printemps dernier, cette initiative commune entre Moscou et Ankara constituait ainsi la troisième tentative de cessez-le feu dans la région d'Idleb. 

Premier cessez-le feu

À partir de la fin avril 2019, l'armée syrienne, soutenue par l'aviation russe, mène une offensive d'envergure dans cette région du Nord-ouest syrien, tuant un millier de civils (OSDH) et déplaçant 400.000 personnes d'après l'ONU. 

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L'intensification des combats fait voler en éclats les accords conclus à Sotchi en 2018 entre Ankara, qui soutient les rebelles à Idleb, et Moscou, allié de Bachar al-Assad, pour faire cesser les combats dans cette région. 

Le 31, un cessez-le-feu annoncé par la Russie entre en vigueur. Mais le 19 septembre, la Russie et la Chine mettent leur veto à une résolution imposant un cessez-le-feu, alors que des bombardements sporadiques se poursuivent à Idleb. 

Le 22 octobre, Bachar al-Assad affirme, lors d'une visite inédite dans la région d'Idleb, que la bataille qui s'y déroule est la clé pour mettre fin à la guerre qui déchire la Syrie depuis 2011. A partir de la mi-décembre, les forces du régime, soutenues par l'aviation russe, intensifient leurs bombardements, et de violents combats au sol les opposent aux jihadistes et rebelles.

Nouvelle trêve début 2020

Le 9 janvier 2020, l'armée russe annonce alors un nouveau cessez-le-feu. Mais le 15, le régime reprend ses bombardements dans la province d'Idleb, où près de 20 civils et des dizaines de combattants périssent en vingt-quatre heures. 

Le 27 février, au moins 33 militaires turcs sont tués dans des frappes aériennes attribuées par Ankara au régime syrien. Les lourdes pertes essuyées par les forces turques interviennent après des semaines d'escalade à Idleb entre Ankara et le régime syrien. Le 1er mars, la Turquie annonce avoir lancé une offensive militaire contre le régime d'Assad à Idleb. 

Plus de 948.000 personnes déplacées

Le 3 mars, Kevin Kennedy, coordonnateur régional de l'ONU, affirme que la situation humanitaire représente "la plus grosse crise aujourd'hui dans le monde". Depuis décembre, plus de 948.000 personnes, dont plus d'un demi-million d'enfants, ont été déplacées selon l'ONU. Près de 500 civils ont été tués, d'après l'OSDH.

La chancelière allemande Angela Merkel et le chef de l'Etat français Emmanuel Macron se rendront le 17 mars à Istanbul pour des discussions sur les migrants et la Syrie avec le président Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier a affirmé mercredi 11 mars que la Turquie garderait ses frontières ouvertes, jusqu'à ce qu'elle obtienne une réponse "concrète" de l'Union européenne. 

La Turquie a annoncé il y a deux semaines l'ouverture de ses portes avec l'Europe pour permettre à des milliers de migrants de passer, provoquant un afflux à la frontière grecque et réveillant à Bruxelles la crainte d'une crise similaire à celle de 2015.

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