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Brexit : pourquoi les entreprises ont gagné un an de tranquillité

Les transports, l'automobile, l'aéronautique et le textile sont des secteurs économiques qui seront impactés par le Brexit, mais d'ici la fin de l'année, rien ne devrait changer pour les entreprises.

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Brexit : les entreprises ont gagné un an de tranquilité Crédit Image : Tolga AKMEN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Venantia Petillault

Avec le Brexit, les entreprises ont gagné un an de tranquillité. En fait, rien ne change jusqu'à la fin des discussions qui doivent se terminer à la fin de l'année. Et en juillet prochain, on pourra convenir de prolonger ces discussions d'un ou deux ans.


Boris Johnson ne veut pas en entendre parler officiellement mais on a mis 3 ans à trouver la date du divorce. Le contrat qui prévoit la séparation de corps fait 536 pages, donc ça parait difficile de tout régler en 10 mois. D'ailleurs, il y a un signe qui ne trompe pas. Le Medef a ouvert une "hotline" pour répondre aux questions des patrons sur le Brexit. L'an dernier, le standard explosait fin février pour la première date du Brexit et hier, on me disait qu'il n'y avait pas eu un coup de fil ces derniers jours.

Mais il y aura tout de même des conséquences. Les économies britanniques et européennes sont interconnectées depuis longtemps. Il y a 120.000 entreprises françaises qui travaillent tous les jours avec le Royaume Uni. L'île britannique importe 70% de sa nourriture et l'essentiel vient d'Europe et de France.


On sait que les transports, l'automobile, l'aéronautique, le textile sont des secteurs économiques qui seront impactés. Mais un patron, c'est pragmatique et ça gère son activité avec une visibilité assez limitée. D'ici la fin de l'année, rien ne va changer... et ça lui suffit.

La "blessure de fatigue du Brexit"

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Vous avez aussi, comme pour tout le monde, une "blessure de fatigue du Brexit". On s'est fait peur en 2016 au moment du vote, on s'est fait peur en 2019 avec les dates de sorties qui n'ont pas eu lieu et on se refera peur avec un "Hard Brexit" qui sera agité comme épouvantail dans les prochains mois : alors pour l'instant, les dirigeants d'entreprises avec lesquels j'ai discuté, temporisent et profitent du calme.


Maintenant, on l'avait vu avec l'université d'été du MEDEF, il y a un côté Punk chez les patrons. Le Brexit, c'est à la fois "No Stress" et "No Futur" pour l'instant car l'avenir va s'écrire dans les prochains mois.

C'est une sorte de pari qui est en train de se jouer. Les patrons semblent s'attendre un "Brexit Soft". L'idée que tout le monde a intérêt à signer un divorce à l'amiable. Vous avez 3.500 à 4.000 filiales d'entreprises françaises au Royaume-Uni et 1.200 filiales d'entreprises britanniques qui ont des équipes en France.

Les dirigeants savent donc que le premier dossier prioritaire sera celui de la circulation des marchandises et du libre échange.

Les entrepreneurs s'adapteront en fonction des termes du divorce mais ils savent aussi que, mine de rien, l'Angleterre reste quand même plus proche de l'Europe continentale que des états du CommonWealth pour faire du business. C'est aussi le retour d'expérience des différents reports de 2019, ils ont prouvé que l'Angleterre était une adolescente qui veut son indépendance mais en gardant un double des clés de la maison familiale Europe.

Les "British plus" avec ce chiffre : 40 à 45 milliards

C'est l'estimation du coût du Brexit pour les Britanniques. Car ils sortent, certes, mais il vont devoir honorer leurs engagements financiers vis à vis de l'Europe jusqu'à la fin du plan budgétaire qu'ils avaient voté. Ils continueront aussi à toucher les subventions de l'Union pendant plusieurs mois. Mais le solde de tout compte, The "Brexit Bill" dépassera 40 milliards d'euros.

La note : 8/20 pour l'industrie automobile britannique

Pour l'instant, c'est une des grosses victimes du Brexit. La production de voitures au Royaume-Uni a chuté de 25% depuis le référendum, il y a 3 ans... Alors, Brexit ou pas, le secteur n'était pas en grande forme. Mais on est quand même passé de 2 millions de voitures produites à 1,3 millions depuis 2016.

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