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Agriculture : la souveraineté alimentaire de la France est-elle en danger ?

Alors que s'ouvre la semaine de l'agriculture, la brigade RTL a enquêté sur la souveraineté alimentaire française, une notion louée par le gouvernement pendant le premier confinement. Mais le secteur attend de nouvelles perspectives pour faire face aux défis qui se profilent.

Un agriculteur dans son champs (illustration)
Un agriculteur dans son champs (illustration)
Crédit : Thierry Zoccolan / AFP
Agriculture : la souveraineté alimentaire de la France est-elle en danger ?
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Virginie Garin - édité par Benjamin Hue

La profession des agriculteurs (la FNSEA, le Conseil de l'agriculture, l'Organisateurs du Salon de l'agriculture) organise à partir de ce jeudi 13 mai une semaine de l'agriculture pour remplacer le salon qui n'a pas eu lieu en mars

Cet événement sera suivi le 18 mai par un colloque sur la souveraineté alimentaire. Le président de la République Emmanuel Macron répondra en visioconférence aux préoccupations des agriculteurs pendant une heure.

Pour être certains d'avoir à manger en France, il faut des agriculteurs. Cette affirmation semble évidente. Pourtant, pendant le premier confinement, des Français ont fait des stocks de pâtes, de conserves. Certains ont eu peur de la pénurie, comme leurs grands-parents pendant la 2e guerre mondiale. Peur d'avoir faim.

Alors, en cas de crise grave, les agriculteurs français pourraient-ils faire face ? La brigade RTL a enquêté et la réponse n'est pas si simple. La ferme France produit elle assez pour nous nourrir ?

Le France est-elle toujours une puissance agricole ?

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Dans certains secteurs, ce n'est pas le cas. Nous importons beaucoup, et de plus en plus : 60% des fruits que nous mangeons sont importés, la moitié des volailles, 40% des légumes et même un quart de la viande bovine. Au rythme actuel, dans 2 ans, la France va devenir importatrice nette de produits agricoles. Du jamais vu depuis... 45 ans. 

On est toujours premier producteur en Europe, si, mais c'est grâce aux céréales. On exporte d'ailleurs la moitié de ce qu'on produit. Si on a encore un excédent commercial, c'est aussi grâce au vin. Mais pour le reste, la France est dépendante. Et surtout de l'Europe. Si pendant le premier confinement tout s'est bien passé, les magasins ont pu être livrés. C'est parce que tout ce qui venait d'Europe a pu continuer à rentrer.

On ne peut donc plus parler d'indépendance alimentaire de la France. Et le pire c'est pour tout ce qui fait tourner l'agriculture, les engrais, les machines, les produits phytosanitaires, les aliments pour bétail, on importe beaucoup trop. Si les frontières se ferment, les agriculteurs tombent en panne. 

Quelles sont les solutions ?

Déjà inciter à manger français : il y a un engouement pour le local, les circuits, courts, ça marche. Mais le gros problème, c'est la restauration collective. et les plats industriels. C'est impressionnant  : les trois quarts du poulet sont importés, beaucoup de Pologne. Et on ne le sait pas parce que les règles européennes interdisent d'indiquer les pays d'origine en restauration collective. Voilà une piste.

Certains secteurs ne sont plus compétitifs

Pour les fruits et légumes, c'est clair, la main-d'œuvre est plus chère qu'ailleurs. Et c'est un secteur très peu aidé. Il faudrait réorienter les aides. Ensuite, il y a des choses bizarres. On importe du boeuf mais on en exporte aussi. Le Français mange plutôt de la vache, question de gout dans l'assiette, les éleveurs préfèrent des mâles, et les exportent. Ça rapporte plus.  Notre production agricole est mal adaptée aux gouts des consommateurs. C'est une autre piste. 

La grande loi sur l'alimentation n'a pas aidé

La grande loi sur l'alimentation votée il y a 2 ans n'a pas eu d'effet ? Franchement, non. Elle a tout misé sur une "montée en gamme", faire du label, de la qualité.  Ça marche très bien. Mais ça ne suffit pas. Ce qu'on importe massivement, c'est tout ce qui est de moyenne gamme : c'est ça qui nourrit surtout les gens. On est donc reparti pour une seconde loi alimentation. Depuis la précédente, il y a eu le séisme du COVID. Les agriculteurs nous disent depuis des années, achetez français quand vous pouvez. On a mieux compris pourquoi. 

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