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Afrique du Sud :une église propose d'accéder à Dieu à grand renfort d'alcool

À Johannesbourg, en Afrique du Sud, les fidèles sont invités à apporter de l'alcool pour prier dans l'église "Gabola". "L'alcool est la seule chose qui nous relie à Dieu", explique son fondateur.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Afrique du Sud : une église pour boire de l'alcool Crédit Image : WIKUS DE WET / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Isabelle Choquet
Isabelle Choquet édité par Florise Vaubien

Comme chaque matin, nous explorons la presse pour en découvrir l'autre versant. Ce jeudi 3 septembre : direction l'Afrique du Sud. Un reportage de l'AFP nous emmène à la découverte d'une église pas comme les autres : il s'agit de l'église "Gabola". "Gabola", c'est du tswana, l'une des langues officielles en Afrique du Sud et ça veut dire "boire". 

En effet, cette église pas très orthodoxe a été créée sur une idée de génie : accueillir les fidèles portés sur la bouteille qui ont été rejetés par les églises catholiques et évangéliques. Dans cette église fondée en 2017 à Evaton, une banlieue ouvrière de Johannesbourg, tout tourne autour de l'alcool : les messes sont généralement célébrées dans des pubs ou dans des restaurants. Ici, on écoute le sermon la bouteille à la main.

"Jésus nous a enseigné à pêcher là où il y a du poisson" explique le fondateur de "Gabola" Tsietsi Makiti. "C'est dans les tavernes qu'on trouve des enfants de Dieu rejetés à cause de leur amour pour l'alcool", poursuit-il. Dans la pièce qui sert de salle de prières, des bouteilles de gin et de bière font guise de décoration. Sur la mitre noir et or de Makiti, on distingue deux bouteilles miniatures de Whisky et d'Amarula, une liqueur locale.

Si je suis sous l'influence de l'alcool, je suis sous l'influence du Saint-Esprit

Tsietsi Makiti, fondateur de l'église "Gabola"
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Dans cette église, on ne lit pas la Bible, Makiti serait en train d'écrire la sienne. Il n'y a pas d'offrande, ni de quête pendant les offices : les fidèles doivent simplement apporter de quoi boire. Et pour la communion : pas d'hostie, mais une gorgée de bière. Le pape autoproclamé de "Gabola" déclare, sans rire : "L'alcool est la seule chose qui nous relie à Dieu, car si je suis sous l'influence de l'alcool, je suis sous l'influence du Saint-Esprit".

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Mais avec le coronavirus, catastrophe ! Le Saint Esprit s'est mis aux abonnés absents. De fait, l'Afrique du Sud a imposé l'un des confinements les plus stricts au monde, notamment en interdisant de la vente d'alcool pour désengorger les services d'urgence. 

Dieu soit loué, l'interdiction a été levée mi-août. On peut de nouveau être baptisé avec la liqueur de son choix. "Baptisé", c'est une façon de parler puisque qu'aucun baptême n'est officiel dans cette église. Gabola n'est pas membre du Conseil sud-africain des Églises, qui ne reconnaît pas cette chapelle éthylique.

Seul Dieu peut nous juger

Une fidèle de l'église "Gabola"
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Mais les fidèles se fichent pas mal de la bénédiction des autorités. "Seul Dieu peut nous juger", dit une femme qui a quitté l'Église orthodoxe. "Nous ne devons aucune explication à personne. Nous nous amusons parce que nous prions et nous buvons en même temps", ajoute-t-elle. 

C'est sûr, on s'amuse. On est entre le prêche et la soirée "pochtrons". Toutefois, une "archevêque" de "Gabola" l'assure : il y a aussi des fidèles qui ne boivent pas. L'Église aurait des adeptes au Canada, en Suisse, en Allemagne ou encore au Brésil.

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