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Un demi-poulet pour 4 euros : pourquoi les fast-foods comme Master Poulet cartonnent partout en France ?

Des enseignes de restauration spécialisées dans le poulet frit ouvrent aux quatre coins de la France. Dans le sillage de la polémique de Master Poulet à Saint-Ouen, RTL a voulu comprendre la recette du succès.

Des pilons de poulet (image d'illustration).

Crédit : Creative Touch Imaging Ltd / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Un demi-poulet pour 4 euros : pourquoi les fast-foods comme Master Poulet cartonnent partout en France ?

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Joanna Chabas & La rédaction numérique de RTL

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Poulet addict, Master Poulet, Pouletos, Crousty Poulet… Ces chaînes de restauration rapide qui ne font que de la volaille ne vous disent peut-être rien et pourtant, ils sont à tous les coins de rue. Devant ces enseignes, les files d'attente ne désemplissent pas.

Si l'on vous parle du sujet aujourd'hui c'est que ces restaurants sont, depuis quelques jours, sous le feu des projecteurs à cause d'une polémique. À Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), la mairie s’oppose à l’ouverture d’un Master Poulet. La commune dénonce une prolifération de ce type de commerce. À la carte, que du poulet frit, braisé ou rôti.

RTL a voulu comprendre les raisons de ce succès en allant faire un tour à Ivry-sur-Seine, où quatre fast-foods du genre se côtoient dans la même rue.

Un demi-poulet pour 4 euros

Devant ces restaurants de quelques mètres carrés sans aucune place assise, il n'y a quasiment que des étudiants. Anne a seulement 30 euros par semaine pour se nourrir. "Par exemple, là, avec ce que j'ai pris, je vais en garder pour ce soir. Ça me fait 3,50 euros le repas à peu près, c'est quand même plutôt rentable", explique-t-elle à notre micro.

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En effet, le premier argument massue se retrouve sur la carte, dans la colonne des prix plus exactement. Dans un des fast-foods visités par RTL, comptez 7 euros pour un menu avec une grosse cuisse de poulet, des pâtes et avec une boisson, ou encore un demi-poulet pour 4 euros. "Avec un menu McDonald's à 15 euros, je ne suis même pas calé. Alors qu'avec ça, on en a pour deux fois moins cher et c'est super bon. Malheureusement, c'est hyper addictif", confie un client à notre micro.

D'autres clients nous racontent aussi l'illusion de manger sain. "Le poulet, c'est une bonne source de protéines", nous confie le sportif Maxence.

Un produit qui plaît aux banques

Mais pourquoi un tel succès partout en France ? Il faut savoir que les ventes de poulet frit ont augmenté de 47% en un an. Plusieurs gérants nous confient aussi que c'est facile à faire et pas cher, car la volaille est l'une des viandes les plus abordables. 

"C'est une protéine 30 à 40% moins chère que le bœuf, par exemple, qui va être en plus disponible en grande quantité et qui nous permet de pouvoir servir plusieurs dizaines de tonnes dans notre réseau chaque mois", nous explique Jérémie Dupuy, directeur des opérations de la chaîne Krousty Sabaidi.

Si ces restaurants ouvrent un peu partout, c'est aussi parce que les banques le permettent. Elles ont moins peur d'accorder un crédit à ces enseignes, selon Bernard Boutboul, spécialiste de la restauration. "Elles ont compris la tendance. Ce qui les rassure sur le poulet frit, c'est que l'investissement est assez faible par rapport à un restaurant normal parce que c'est plus petit, pour des chiffres d'affaires qui peuvent être très importants", analyse-t-il.

Ajoutez à cela une pincée de réseaux sociaux où le poulet cartonne avec près d'un million de publications sur Instagram.

Du poulet frit qui ne plaît pas aux municipalités

Mais ce succès ne plaît pas à tout le monde. En effet, de nombreuses mairies comme celle de Saint-Ouen, mais aussi d'Asnières ou de Boulogne-Billancourt se plaignent des nuisances, de la malbouffe et du risque d’avoir des dizaines d'enseignes qui vendent la même chose

La filière de la volaille française s’inquiète également. À ce prix-là, le poulet ne vient quasiment jamais de France. "Il y a pas mal de poulets qui viennent de Polognedu Brésil, de Thaïlande… Ils ont été élevés ailleurs, avec probablement des antibiotiques, sans les mêmes règles environnementales sur les poulaillers", regrette Jean-Michel Schaeffer, président de l’interprofession.

Plusieurs enseignes nous assurent que leur poulet vient de l'Union européenne et qu'ils aimeraient fournir de la volaille française. Mais la filière n'arriverait pas à suivre l'explosion de la demande.

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