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Smic : "Tout le monde ne touchera pas 100 euros en plus”, explique François Lenglet

ÉDITO - Lors de son allocution, lundi 10 décembre, Emmanuel Macron a annoncé une hausse de 100 euros du "salaire d'un travailleur au Smic", financée par l'État et sur laquelle revient François Lenglet.

Des billets et des pièces en euros (Illustration)
Des billets et des pièces en euros (Illustration)
Crédit : SIPA
Smic : "Tout le monde ne touchera pas 100 euros en plus", explique François Lenglet
03:13
Smic : "Tout le monde ne touchera pas 100 euros en plus", explique François Lenglet
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François Lenglet
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La mise en œuvre des mesures annoncées par Emmanuel Macron, lundi 10 décembre, se prépare. Et honnêtement, il y a de quoi démoraliser une fourmilière. C’est vraiment très compliqué. Beaucoup plus que ne le laissait supposer l'intervention télévisée du Président. Prenons l’exemple du Smic. Le Président nous dit : augmentation des revenus de 100 euros par mois pour les personnes payées au salaire minimum. 

Mais cela va passer, non pas par une augmentation de salaire, mais par la prime d’activité, qui est un complément de revenus, versé par la caisse d’allocation familiale. Complément qui n’est pas automatique. Car les revenus complémentaires sont pris en compte, comme les allocations logement. De même, les revenus du conjoint sont pris en compte. Il y a donc de nombreux smicards qui ne touchent pas la prime d’activité aujourd’hui.

Cela veut dire que, dans l'état actuel, tout le monde n’aura pas cette augmentation de 100 euros. D’ailleurs, la somme budgétée par l’exécutif ne permet pas de verser 100 euros par mois à tous les smicards. Il faudrait deux milliards, alors que le coût du dispositif est évalué à 600 millions. Cela veut dire qu’une personne sur trois seulement devrait la toucher, si la prime d’activité n’est pas modifiée. 

Une difficile combinaison avec le prélèvement à la source

Cela signifie aussi que le système d’aide sociale est devenu tellement complexe qu’une idée simple, comme celle qui a été évoquée par le Président l’autre soir, est tout simplement inapplicable. Il faut lire, du reste, les conditions d’application de la prime pour mesurer l’invraisemblable complexité de ce système. C’est tout juste s’il ne faut pas un conseiller fiscal pour remplir le formulaire.

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Au moins, avec les heures supplémentaires défiscalisées, c’est simple ! En apparence au moins. Mais l’effet risque d’être décevant, à cause d’une autre usine à gaz : le prélèvement à la source. À partir de janvier en effet, l’impôt est prélevé directement sur les feuilles de salaire. Or, par définition, ceux qui pourraient tirer un profit des heures sup' défiscalisées payent l’impôt sur le revenu. 

Leur salaire sera certes un peu moins minoré que si les heures sup' avaient été fiscalisées, mais ils ne sauront pas de combien est la différence, ils ne se rendront pas compte du bonus et ne verront qu’un salaire net un peu plus faible que celui de décembre. Comment gâcher une bonne idée, il n’en faut pas davantage.

En France, c'est compliqué de faire simple

François Lenglet

Et ce sera peut-être la même chose avec l'allègement de la CSG sur les retraites inférieures à 2.000 euros ? Déjà, un membre du gouvernement nous explique que cela ne pourra pas intervenir avant le printemps, alors qu'Emmanuel Macron avait dit janvier. Trop compliqué d’être à l’heure. D’accord. Ensuite, il ne s’agit pas des retraites inférieures à 2.000 euros, mais des revenus, intégrant par exemple les allocations logement. Et pour un couple, le seuil est différent. 

Il est encore différent pour un retraité veuf. Et pour les veufs, tout dépend s’ils vivent avec un chat ou un chien… Non, je plaisante, mais juste sur ce dernier point. Pour le reste, tout est tristement exact. En France, impossible de faire sans les seuils, les exceptions, et le télescopage de systèmes administratifs qui se sont superposés depuis Colbert. En France, décidément, c’est compliqué de faire simple. Et notre incroyable propension à construire des usines à gaz est à coup sûr l’une des causes de la décrédibilisation de la parole politique.

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