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Retraites : la grande absente de l'allocution de Macron

Dans son allocution, Emmanuel Macron a évoqué les priorités de son quinquennat, sans citer celle des retraites.

Emmanuel Macron lors de l'allocution présidentielle du 22 juin 2022.
Emmanuel Macron lors de l'allocution présidentielle du 22 juin 2022.
Crédit : AFP
Réforme des retraites : la grande absente de l'allocution de Macron
00:03:48
Réforme des retraites : la grande absente de l'allocution de Macron
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Martial You - édité par Marine Derquenne

Il fallait éviter le mot qui fâche. Il y a un mois, la réforme des retraites était indispensable à l'équilibre du régime, essentielle pour notre crédibilité financière. Et pourtant, écoutez bien, quand le Président parle des priorités de son quinquennat, y a comme un oubli.

"Ne jamais perdre la cohérence du projet que vous avez choisi en avril dernier. C'est un projet qui passe par une industrie et une agriculture plus puissante, (...) des investissements d'avenir, (...) un projet de progrès sociaux, en particulier pour notre école et notre santé, un projet écologique, de sécurité et de justice, mais aussi un projet responsable, c'est-à-dire crédible et financier", a déclaré Emmanuel Macron lors de son allocution à l'issue des élections législatives.
 
La rigueur budgétaire pour les Républicains et pour le parti d'Édouard Philippe, les investissements d'avenir pour LaREM, la sécurité et la Justice pour le RN, la santé, l'éducation, l'environnement pour la Nupes... 10/10. Mais, il n'y a pas la "mère de toutes les réformes", la réforme des retraites.

La réforme des retraites déjà enterrée ?

De cette absence, on en déduit que c'est la réforme qui a le plus de plomb dans l'aile. Celle qui est déjà enterrée sans les honneurs. Et c'est un clou de plus sur le cercueil d'Élisabeth Borne. 

Hier, mardi 22 juin, la Première Ministre qui est censé conduire la politique du gouvernement, diriger la majorité et débattre des lois à l'Assemblée... Élisabeth Borne a été oubliée en gare, débordée par le TGV Macron. Elle était pourtant arrivée à Matignon avec sa casquette de technicienne du ministère du Travail, capable de conduire très vite la réforme des retraites. On devait débuter les discussions en septembre et appliquer la réforme à l'été 2023. Dimanche, le rejet de la réforme des retraites était dans les urnes. Hier, elle avait disparu.

L'absence choquante de la réforme des retraites dans son discours

À écouter aussi

Cette absence est choquante, parce que le Président promet un projet crédible et financé. Pas de hausses d'impôts et pas de dette supplémentaire. Mais comment sans la réforme des retraites ? Emmanuel Macron annonce une série de mesures très couteuses : la loi d'urgence sur le pouvoir d'achat, une augmentation des moyens pour l'École et l'Hôpital, des investissements d'avenir... Mais comment fait-il pour équilibrer les comptes ?
 
Si vous écoutiez Bercy il y a quelques semaines encore : la réforme des retraites était la solution pour équilibrer les comptes et surtout dégager entre 15 et 20 milliards d'excédents par an dans les prochaines décennies.
 
Pour financer des réformes couteuses - la loi pouvoir d'achat coutera plus de 10 milliards - vous n'avez pas 36 solutions. Soit vous augmentez les impôts, soit vous creusez la dette - et avec la remontée des taux directeurs des banques centrales, notre dette va s'alourdir toute seule -, soit vous avez une croissance qui met du vent dans les voiles. Et là, pas de chance, le gouverneur de la Banque de France nous disait hier sur RTL que la croissance serait moins forte que prévu, l'inflation plus modeste, le pouvoir d'achat moins important, la consommation en berne et le chômage un peu plus élevé dans les mois qui viennent ! Dans ces conditions, oublier les retraites, c'est naviguer à vue en termes de trajectoire financière.

L'absence du mot "retraite" pour rassembler ?

Logiquement, c'est normal de ne pas parler des retraites quand on veut construire une coalition, non si on veut éviter de se fâcher. Mais, est-ce que le discours du Président hier était doucereux, diplomatique, rassembleur ? Pas du tout. Il explique qu'il a été élu sur un programme et que le parlement, bon gré mal gré, va devoir l'appliquer parce que c'est le souhait des électeurs. Emmanuel Macron prend les citoyens à témoin et tord le bras aux députés en leur laissant deux jours pour trouver un moyen de travailler ensemble.

Ça n'est pas du tout un message d'apaisement !
 
Mais pourquoi n'assume-t-il pas les retraites alors ?  Parce que la réforme n'est pas fixée, parce qu'il n'y a plus personne pour la conduire, parce qu'elle ne passerait pas à l'assemblée, parce que les syndicats (y compris la CFDT) se sont radicalisés et parce que les 2/3 des Français n'en veulent pas.


Hier soir, Emmanuel Macron était un Président qui n'était plus majoritaire à l'assemblée nationale, mais il était surtout un Président minoritaire dans tout le pays sur la question des retraites. 

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