1. Accueil
  2. Actu
  3. Conso
  4. Pourquoi vous ne verrez plus systématiquement l’origine de votre lait
2 min de lecture

Pourquoi vous ne verrez plus systématiquement l’origine de votre lait

La décision, qui fait suite à un recours de Lactalis, s'appuie sur le règlement européen pour annuler la décision prise en 2016 par le gouvernement français.

L'entreprise Lactalis
L'entreprise Lactalis
Crédit : JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Ryad Ouslimani & AFP

Le Conseil d'État a indiqué dans une décision concernant l'étiquetage du lait qu'il annulait le décret du gouvernement qui obligeait jusqu'alors l'indication de l'origine du lait. "Par décret du 19 août 2016, le Premier ministre a rendu obligatoire, à titre expérimental, l'indication de l'origine du lait ainsi que du lait et des viandes utilisées comme ingrédient dans des denrées alimentaires préemballées, pour la période allant du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2018", une période d'expérimentation prorogée par décrets jusqu'au 31 décembre 2021, rappelle la décision relayée par l'AFP ce vendredi 12 mars.

Le Conseil d'État avait été saisi par le géant laitier Lactalis, qui semble avoir eu gain de cause. "Après avoir interrogé la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), le Conseil d'État juge qu'il est illégal d'imposer l'étiquetage géographique du lait car il n'y a pas de lien avéré entre son origine (UE, non UE) et ses propriétés", a-t-il indiqué dans un communiqué synthétisant sa décision rendue mercredi.

Le groupe Lactalis faisait valoir que la décision du gouvernement français était contraire au règlement du 25 novembre 2011 du Parlement européen et du Conseil de l'Union européenne. Celui-ci concernait l'information du consommateur sur les denrées alimentaires, a ajouté le Conseil d'État. 

Des critères subjectifs pour imposer l'étiquetage

"Interrogée par le Conseil d'État, la CJUE a jugé le 1er octobre 2020 que, en application de ce règlement, les États membres peuvent imposer un tel étiquetage au nom de la protection des consommateurs à deux conditions": d'une part, "que la majorité des consommateurs attache une importance significative à cette information" et d'autre part qu'il existe un "lien avéré entre certaines propriétés d'une denrée alimentaire et son origine ou sa provenance", a indiqué la décision.

À lire aussi

"Ces deux conditions, qui sont distinctes, doivent être remplies l'une et l'autre", a-t-il ajouté. L'administration n'a pas démontré de lien entre origine géographique et propriétés du lait, selon la décision. Elle a justifié l'obligation d'étiquetage contestée "uniquement par l'importance que la majorité des consommateurs attachent, d'après des sondages, à l'existence d'une information sur l'origine ou la provenance du lait", a indiqué le Conseil d'État.

Il a relevé, lors de l'audience d'instruction, "que l'administration avait indiqué qu'en dehors de cette approche subjective, il n'y avait pas objectivement de propriété du lait qui puisse être reliée à son origine géographique". Par conséquent, le Conseil d'État a jugé que la société Lactalis "est fondée à demander l'annulation pour excès de pouvoir" de ce décret ainsi que des décrets qui en ont prorogé les effets.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/