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"Les Français ont la tête ailleurs" : ces mesures impopulaires que le gouvernement essaie de faire passer pendant l'été pour faire des économies

Le gouvernement profite de l'été pour affiner plusieurs pistes d’économies pour son prochain budget : taxation des indemnités d’arrêt de travail, augmentation du reste à charge en santé et contribution renforcée des employeurs. Des annonces jugées nécessaires au redressement des finances publiques, mais qui relancent la question de la méthode, en pleine pause estivale.

Sébastien Lecornu, à l'Assemblée nationale, le 23 janvier 2026

Crédit : Henrique Campos / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

"Les Français ont la tête ailleurs" : ces mesures impopulaires que le gouvernement essaie de faire passer pendant l'été pour faire des économies

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Les Français ont la tête ailleurs : pourquoi le gouvernement profite-t-il des vacances d'été pour préparer plusieurs mesures d'économies ?

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Mathilde Piqué - édité par Alexian Giron

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La méthode est vieille comme le monde, et pourtant, chaque année, c'est la même rengaine. Après la baisse du remboursement de certains frais de santé la semaine passée, c'est désormais le sujet des arrêts de travail qui est sur la table. 

En plein cœur de l'été, le gouvernement continue de plancher sur de multiples mesures d'économies. Il tente même de les faire passer en catimini avant la rentrée. Actuellement, il discute avec les partenaires sociaux sur les arrêts de travail, par exemple.

Le gouvernement veut faire 800 millions d'euros d'économie via des mesures concrètes. Premièrement, sur les indemnités journalières, l'allocation que les salariés perçoivent lorsqu'ils sont en arrêt de travail. Aujourd'hui, on ne paye pas d'impôt sur ces ressources. Le gouvernement veut fiscaliser ces indemnités, qu'elles soient soumises à l'impôt sur le revenu. La conséquence pour les salariés est une baisse du pouvoir d'achat.

Dans les tuyaux du ministère du Travail, il y a également une contribution plus importante des employeurs avec la baisse du plafond d'indemnisation. Cela signifie que la Sécurité sociale prendrait moins en charge le revenu d'un salarié en arrêt. L'employeur devrait alors compléter davantage qu'aujourd'hui. Ces mesures ne sont pas définitivement actées mais le gouvernement entend les intégrer dans une version aboutie du projet de budget.

La baisse du remboursement de soins de santé dans les tuyaux

Une autre mesure a été mise sur la table : celle concernant la baisse du remboursement de certains frais de santé. Cela correspondrait à une économie équivalente à 1,2 milliard d'euros, avec notamment le doublement des franchises médicales

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Actuellement, lorsque vous allez chez le médecin, vous avez toujours une partie à votre charge de deux euros et d'un euro pour une boîte de médicaments. Ces franchises sont plafonnées. Vous payez 100 euros maximum par an. Ce seuil va doubler et passer à 200 euros, a annoncé la ministre de la Santé. Un décret sera publié au cours de l'été.

On décide des mesures les plus impopulaires pendant l'été...

Sur le fond, ces mesures sont nécessaires. Nos finances publiques sont dans le rouge. En 2025, le déficit public s'est élevé à 150 milliards d'euros. À ce stade, il est urgent de faire des économies. Il y avait toutefois mieux à faire que de cibler les frais de santé en premier.

Cette méthode pose-t-elle problème ? En politique, cela s'appelle l'"arlésienne". Le gouvernement décide des mesures les plus importantes pendant l'été, quand une majorité de Français a la tête ailleurs pendant les vacances. 

À l'été 2017 étaient discutées les ordonnances travail, extrêmement critiquées par les syndicats. À l'été 2023, la fin du bouclier tarifaire. En 2025, même tentative, mais moins de succès. François Bayrou, Premier ministre de l'époque, avait présenté un plan à 43 milliards d'euros d'économie. C'est un tollé général. L'ancien maire de Pau est contraint de démissionner début septembre 2025.

Un problème démocratique ?

Il est normal que le gouvernement commence à plancher sur le budget dès l'été. Les Français l'accuseraient d'improvisation s'il arrivait avec une feuille blanche à la rentrée. Il faut également laisser le temps au service de l'État de préparer le budget. Mais il ne faut pas tomber dans l'excès inverse. Annoncer ces mesures au cœur de l'été pose un problème démocratique.

Il est possible d'en débattre à la rentrée, mais tout le monde sera déjà passé à autre chose. Les compromis au Parlement se feront davantage sur des mesures tout juste annoncées, qui cristalliseront de nouvelles tensions. 

"Le gouvernement ne décide pas ça pour récolter des milliards tout de suite, mais pour mieux faire passer la pilule du budget", conclut un responsable syndical. La bataille budgétaire a bien commencé, sans que personne ne s'en rende compte en plein cœur de l'été.

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