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Guerre au Moyen-Orient : Sébastien Lecornu alerte sur l'état des finances publiques et prévoit de revoir les économies prévues

Ce mardi 19 mai, le Premier ministre a évoqué une "remise à jour" des six milliards d'euros de gels et d'annulations de crédits mis en place pour compenser les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient. Jeudi, il tiendra une conférence de presse pour présenter un "nouveau paquet" d'aides pour le mois de juin.

Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale, le 19 mai 2026

Crédit : Anne-Christine POUJOULAT / AFP

AFP - édité par Justine Audollent

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Une "remise à jour" envisagée par le Premier ministre. Ce mardi 19 mai, lors d'une séance à l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a indiqué qu'il envisageait de revoir les six milliards d'euros de gels et d'annulations de crédits prévus pour compenser l'"impact" de la guerre au Moyen-Orient sur les finances publiques. 

"C'est une guerre et je pense que les 6 milliards d'euros que nous avons documentés devront être remis à jour, évidemment, dans les temps qui viendront", a-t-il déclaré dans l'hémicycle après une question du chef de file des députés Horizons, Laurent Marcangeli. 

À Matignon, on explique que cette "remise à jour" ne signifie pas forcément une hausse du montant de ces gels mais une répartition différente. Sébastien Lecornu doit tenir jeudi 21 mai une conférence de presse sur les conséquences économiques de ce conflit, qui fait flamber les prix des carburants à la pompe et renchérit les coûts dans plusieurs secteurs d'activité. Il présentera à cette occasion un "nouveau paquet" d'aides pour le mois de juin destinées aux secteurs les plus touchés, comme l'agriculture, la pêche ou le BTP

Le besoin de "changer d'échelle"

Pour compenser le coût de cette guerre, le gouvernement avait annoncé mi-avril que six milliards d'euros d'économies sur les dépenses pourraient être réalisés en 2026, sous la forme de gels de crédits ou d'"annulations ciblées". L'effort pèserait pour quatre milliards d'euros sur l'État et deux milliards d'euros dans "la sphère sociale". 

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Le Premier ministre a estimé que "malheureusement, cette géopolitique s'est installée dans le réservoir des Françaises et des Français (...) et, nous le voyons, sous une forme ou sous une autre, cela va durer", en évoquant la "crise d'une inflation importée sur l'énergie". Contraint à la discipline budgétaire et menacé par une récession, le gouvernement temporise depuis le début de la guerre fin février sur les aides qu'il veut toujours "ciblées" et non générales, écartant toute baisse de la fiscalité. 

Sébastien Lecornu avait reconnu toutefois que la crise s'éternisait et qu'il fallait dans ce contexte "changer d'échelle", promettant de n'abandonner "personne". "Depuis le début, mon obsession, celle du gouvernement, est de faire en sorte que des pans entiers de l'activité économique du pays ne se mettent pas à l'arrêt", a-t-il insisté mardi. 

Mais il a souhaité également écarter les effets d'aubaine. "Il ne faut pas que certains secteurs en profitent, justement, pour jouer de cette inflation. Aujourd'hui, nous devons constater uniquement une inflation sur ces coûts dérivés des produits du pétrole et pas autre chose", a-t-il développé. Il a chargé à cet égard le ministre des PME Serge Papin de "clarifier l'ensemble des impacts de prix sur les filières et le BTP". Il a aussi demandé à Roland Lescure, ministre de l'Économie, et Sébastien Martin, ministre de l'Industrie, de lui faire "des propositions" pour la filière de la chimie, "très fortement exposée" à cette crise. 

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